Clinique des phobies sociales

La phobie a typiquement un début entre 10 et 20 ans faisant suite à une inhibition sociale ou une timidité de l’enfance. certains sujets font état d’un début très tôt  dans l’enfance.

La caractéristique essentielle de la phobie sociale est une peur marquée et persistante des situations sociales qui s’accompagnent de la crainte du jugement négatif d’autrui.

Le début peut suivre de manière abrupte une expérience stressante ou humiliante ou bien peut être insidieux.

Les patients souffrant de phobie sociale ressentent plus de tremblement, tension musculaire, sueurs, douleurs gastro-duodénales et moin de dyspnée, de paresthésies et des signes vestibulaires.

La symptomatologie est la résultante de trois composantes :

-  La peur phobique elle même.

-  Les conduites d’évitement.

-  L’anxiété anticipatoire.

Les cognitions : peur de l’évaluation négative

Le sujet est assailli des pensées négatives concernant la performance négative concernant la performance publique « échec, humiliation, incapacité ». il est habituel de retrouver une hypersensibilité à la critique, à l’évaluation négative ou un rejet, une difficulté à manifester de l’assurance et une faible estime de soi ou des sentiments d’infériorité.

L’anxiété anticipatoire :

Ils craignent qu’autrui ne les juge anxieux, faibles, « fous » ou stupides. Ils peuvent avoir peur de parler en public par crainte que les autres ne remarquent que leurs mains ou leur voix tremblent ou bien en raison de l’anxiété extrême à l’idée de passer pour quelqu’un incapable de s’exprimer dans une conversation.

Ils éprouvent presque toujours des symptômes végétatifs d’anxiétés similaires à ceux d’une AP mais dont le déclenchement est lié à des situations sociales.

Une anxiété anticipatoire marquée peut également survenir bien longtemps avant la confrontation aux situations sociales ou publique qui aboutit à une mauvaise performance réelle ou perçue comme telle. Cet échec annoncé va conduire à une gêne et à une augmentation de l’anxiété anticipatoire par rapport aux situations sociales et à une spirale anxiété anticipatoire – échec perçu anxiété anticipatoire accrue – échec perçu plus grave etc…

L’angoisse situationnelle :

Signes observables d’anxiété « mains froides et humides, voie mal assurée ».

L’observation par les autres déclenche des AP situationnelles avec leur cortège de signes végétatifs « tachycardie, extra – systoles, accélération respiratoire, tremblement, sensation d’étouffement, douleurs thoraciques, aphonie, voire déréalisation et dépersonnalisation ».

L’évitement :

Il est la conséquence de l’anxiété anticipatoire. C’est l’évitement des performances publiques ou la détérioration de celles-ci par l’anxiété. les vrais phobiques sociaux souffrent d’un état chronique et invalidant. La peur ou l’évitement interfèrent de manière significative avec les habitudes, les activités professionnelle ou scolaires, les activités sociales ou relationnelles. Ils évitent habituellement les situations redoutées ; parfois se contraignent à supporter la situation en souffrant d’anxiété et en ayant des comportement subtils d’évitement tel que l’évitement du regard ou la prise d’alcool comme réducteur d’anxiété. certains ont un évitement total qu’ils paient par un échec social et professionnel.

 

Les principales phobies sociales sont :

  • Peur de parler en public : il ne peut pas s’exprimer clairement en public. Son discours n’est

pas précis. Il craint de faire des erreurs ou d’être critiqué, il essaye de terminer rapidement.

  • Peur de rugir ou éreutophobie : il ressent comme une bouffée de chaleur qui remonte du

ventre vers la poitrine jusqu’au visage. Il essayera alors de dissimuler « barbe, maquillage, lunettes, casquette… »

  • Peur de manger ou de boire en public : il s’agit de tremblements de la mains, il craint de

renverser son verre ou son assiette.

  • Peur d’écrire devant les autres ou crampe de l’écrivain : des tremblements et même des

contractures douloureuses de la main lorsque le patient écrit devant les autres ou lorsque ses écrits doivent être lus.

  • Peur d’utiliser des toilettes publiques : le sujet doit être seul pour parvenir à uriner.
  • Phobies sexuelles : il s’agit de la peur de ne pouvoir accomplir l’acte sexuel en présence de son partenaire et la peur de son jugement.
  • Phobie du contact humain : regarder les gens, parler aux personnes étrangères.
  • Transpirer devant un individu, souvent représentant l’autorité.
  • Peur de passer des examens.

Il existe deux types de phobies sociales

  • Type primaire : où la crainte d’être humilié en public, en dehors de toute notion d’antécédent d’AP.
  • Type secondaire : apparaissent plus tardivement après un TP où la crainte majeur est desubir une crise aigu d’angoisse en présence de témoins et qui serait plus proche de l’agoraphobie.

 Les deux sous types des phobies sociales :

  • La phobie sociale non généralisée « limitée » ou « simple » :

Elle est limitée en général à une ou deux situations. Le patient évite quelques situations :  en général parler en public, ou des repas avec plusieurs personnes qui ne sont pas familières. Ce groupe hétérogène comprend des personnes qui ont peur d’une situation unique de performance aussi bien que ceux qui ont peur de plusieurs – mais pas de toutes – les situations.

 

  • La phobie sociale généralisée :

Ce diagnostic peut être porté lorsque les peurs associées à la plupart des situations sociales : démarrer ou soutenir des conversations, participer à de petits groupes, avoir des rendez-vous, parler à des figures d’autorité, se rendre à des soirées.

Ces sujets ont habituellement peur de situations de performance en public et des situations d’interactions sociales. Ils présentent souvent des déficits dans le domaine des compétences sociales et professionnelles.

Il est parfois difficile de mettre en évidence le caractère généralisé du trouble qui n’apparaîtra qu’après plusieurs entretiens et la passation d’échelles d’évaluation.

Généralités – définition phobies sociales

Épidémiologie des phobies sociales

Clinique des phobies sociales

Critères DSM IV phobies sociales

Évolution et complications phobies sociales

Diagnostic différentiel phobies sociales

Etiopathogénie des troubles phobiques

Prise en charge des troubles phobiques

 

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