Clinique attaque de panique

L’attaque de panique s’exprime le plus souvent par une symptomatologie somatique intense, c’est la raison pour laquelle les patients souffrants consultent tardivement un psychiatre après avoir consulté plusieurs médecins généralistes, cardiologues ou autres spécialistes

A.Début :

  • Le début est le plus souvent brutal et rapidement progressif et les patients décrivent cette « aura » anxieuse comme un malaise généralisé, précédant directement le déclenchement de la crise.
  • Les attaques de panique peuvent survenir de manière spontanée comme « un coup de tonnerre dans un ciel serein » ou dans des situations anxiogènes que le patient ne reconnaît pas toujours, du moin lors des premières crises.
  • La durée de la crise est relativement courte, l’acmé de la crise est rapidement atteinte, puis après une période plus ou moin longue, mais peuvent durer quelques heures chez certaines personnes.
  • L’intensité des symptômes va décroître progressivement laissant place à une sensation desoulagement et assez fréquemment à une asthénie intense.

B. Etat :

On regroupe les manifestations cliniques de la crise d’angoisse en plusieurs registres.

1.  Manifestations somatiques : « dominent le tableau »

Les sensations physiques qui peuvent être isolées, motivent la plupart du temps des consultations initiales, donnant suite à une multitude d’examens complémentaires dont la répétition pourra s’avérer pathogène chez ces patients inquiets. Leur présence doit éliminer une urgence médicale.

  • Manifestations cardio-vasculaires :

Palpitations / tachycardie / précordialgies / oppression thoracique / troubles vasomoteurs de la face et des extrémités.

  • Symptômes respiratoires :

Sensation d’étouffement et de manque d’air / polypnée.

  • Symptômes neurologiques :

Céphalées / vertiges / sensation d’évanouissement / paresthésies / hyper-reflexie ostéo-tendineuse.

  • Symptômes musculaires :

Tremblements / secousses musculaires.

  • Symptômes neurovégétatifs :

Sueurs / vomissement / spasmes pharyngés / sensation de faim ou de soif paroxystique / disparition du sommeil.

  • Symptômes digestifs et urinaires :

Nausées / hoquet // douleurs abdominales / diarrhées / pollakiurie.

2. Manifestations psychologiques :

Elles sont souvent retrouvées et certainement auto-entretenues par une interprétation cognitive inadéquate des symptômes somatiques.

Souvent décrites comme une sorte de malaise intense mal défini, elles associent volontiers des impressions d’anéantissement , de catastrophe imminente, de perte de contrôle, des peurs de mourir, de devenir fou ou de s’évanouir.

Répétition incessante et monotone des mêmes idées douloureuses.

Cette sensation subjective de peur est amplifiée par les manifestations somatiques concomitantes « la peur de mourir par exemple est renforcée par perception des palpitations qui elles même renforcent la peur d’un trouble cardiaque qui à son tour augmente l’angoisse ».

Sentiment d’insécurité, incertitude, hyperémotivité, irritabilité, sensation d’être incapable de rester sur place, difficultés de concentration.

Parfois le sujet a peur de perdre le contrôle et de commettre un acte dangereux.

Ces symptômes psychiques précédent souvent l’apparition des plaintes somatiques et se perpétuent pendant toute la durée de la crise.

D’autres patients rapportent des manifestations sensorielles pouvant rarement donner le change pour des hallucinations.

C’est l’association des deux manifestations, psychologiques et somatiques qui permet de diagnostiquer l’attaque de panique.

3. Les manifestations psychosensorielles :

Certains patients se plaignent de manifestations psychosensorielles, tel des sensations de déjà vu, des accélérations du cours de la pensée, des sentiments de déréalisation, semblables à celles décrites dans les crises d’épilepsie temporale.

D’autres rapportent plus fréquemment des troubles vestibulaires « vertiges voir ataxie avec des sensations de dérobement des jambes, instabilité de la marche voir sensation pseudo-ébrieuse ».  

Le polymorphisme des attaques de panique , la convergence des symptômes somatiques et psychiques, et le déroulement de la crise est hautement caractéristique, constitue certainement le meilleur argument diagnostic.

4. Réponses comportementales :

Une attaque de panique peut entraîner :

  • Une agitation désordonnée ou parfois une fuite immédiate d’un lieu considéré comme anxiogène vers une zone de sécurité.
  • Exceptionnellement des manifestations théâtrales comme celles observées dans les manifestations hystériques.
  • Agrandissement de la fente palpébrale et dilatation de la pupille avec battement des paupières, avale sa salive, éructations éventuelles, altération de la voix, parfois bégaiement.
  • D’autres fois, le patient est au contraire sidéré « sidération anxieuse », visage pâle, prostré, couvert de Sueur « sueur froide » respiration haletante.
  • Des manifestations violentes d’agressivité , excitation psychomotrice avec exagération des mouvements, tics, tremblements des mains, va et vient, tripote ses doigts, serre les poings, ne tient pas en place « impatience ».
  • Raptus suicidaire à l’acmé de la crise.
  • La demande d’aide à un proche, voir à un étranger, nous semble cependant plus fréquente chez ces patients.

5. Fin :

L’accès dure quelques minutes à quelques heures.

La fin est marquée par une impression de fatigue ou de soulagement.

Parfois, le sujet présente une débâcle poly-urique ou diarrhéique.

« Il existe trois types caractéristiques d’attaque de panique avec des relations différentes, le début de l’AP et la présence ou l’absence de situation déclenchante ».

1. Attaque de panique inattendue « non induite » :

Survenant spontanément « à l’improviste ».

Début non associé à une situation déclenchante.

2. attaque de panique situationnelle « induite » :

 dans laquelle l’AP survient de façon presque invariable immédiatement lors de l’exposition à une situation déclenchante ou dans l’anticipation de celle ci.

3. Attaque de panique favorisée par des situations :

Survient le plus souvent lors de l’exposition à une situation déclenchante ou inductrice mais ne sont pas de manière variable associées avec le stimulus et ne surviennent pas nécessairement immédiatement après l’exposition « des attaques qui ont plus de chance de survenir alors que le sujet peut conduire sans avoir d’attaque de panique ou bien certaines fois l’attaque de panique survient après  ½ heure de conduite ».

Attaque de panique

Historique des attaques de panique et trouble panique

Épidémiologie des attaques et trouble panique

Clinique de attaque de panique

Critères DSM IV R d’une attaque de panique

Diagnostics associés au trouble panique

Évolution des attaques et trouble panique

Diagnostic différentiel des attaques de panique

Etiopathogénie des attaques de panique

Prise en charge des attaques de panique

Trouble panique

Critères diagnostiques DSM IV R trouble panique

Trouble anxiété généralisée

Epidémiologie trouble anxiété généralisée

Clinique de l’anxiété généralisée

Critères diagnostiques DSM IV R trouble anxiété généralisée

Evolution du trouble anxiété généralisée

Diagnostic différentiel du trouble anxiété généralisée


Les commentaires sont fermés.