Psychopathologie de la toxicomanie au cannabis

A.Typologie psychiatrique :

La classification théorique des  toxicomanies s’établit habituellement en fonction de la drogue principale consommée. Elle se fait parfois à partir des modes évolutifs.

On distingue en dehors des sujets dont la personnalité antérieure à la toxicomanie était considérée comme normale, quatre groupe : les psychopathes, les névroses graves, la schizophrénie et les états limites.

-La psychopathie :

Concerne 1/3 des toxicomanes.

Caractérisé par une instabilité, impulsivité, une biographie faite de ruptures et de passages à l’acte itératifs, un comportement délinquant, un besoin impérieux et immédiat de satisfaction de désirs.

La conduite toxicomaniaque est un moyen de lutter contre une éventuelle dysphorie.

-L’état limite :

La toxicomanie est fréquente chez l’état limite, surtout en rapport avec l’angoisse flottante et la dépression de la perte de l’objet.

-Névroses graves :

Le début est plus tardif.

 La toxicomanie est relativement rare chez les névrosés, d’aspect compulsif, culpabilisées.

Les états dépressifs chroniques compensés par la consommation de toxiques

Elles consistent souvent à une pharmacodépendance aux substances sédatives, hypnotiques ou tranquillisantes.

-Psychoses :

Allant des sujets schizoïdes à la schizophrénie typique. Correspond à 10 % des toxicomanies.

Elles ont sans doute comme fonction essentielle de soulager l’angoisse profonde et de permettre « temporairement » une pseudo-adaptation sociale au sein de groupes déviants.

Des schizophrènes qui, psychologiquement à la dérive, espèrent trouver dans l’usage de la drogue une

automédication pour leur angoisse, leur dépersonnalisation, leur apragmatisme et ils trouvent également dans la communauté marginale qui les accueille pendant un temps la possibilité de retarder l’échéance psychiatrique.

Malheureusement, ces jeunes toxicomanes voient rapidement les effets de leurs toxiques s’amenuiser, contraints d’augmenter les doses, ils sont bientôt victimes de complications de l’intoxication : recrudescences anxieuses, épisodes dépressifs, et surtout, efflorescence d’une symptomatologie psychotique franche, dysthymiques, délirante d’allure paranoïde ou déficitaire de type hébéphrénique.

« Personnalité toxicomaniaque »

Certains toxicomanes avérés n’entrent dans aucun des cadres nosographiques précités. Une première approche psychologique ne parvient pas à définir que d’une façon négative, par l’absence de structuration névrotique ou de manifestations d’une psychose franche. Et lorsque des troubles du comportement d’allure psychopathique se développent chez eux, ils semblent accessoires  et secondaires à la toxicomanie.

Il n’existe pas de personnalité propre aux toxicomanes, il existe par ailler un certain nombre de constantes concernant la personnalité des usagers de drogues dures, telles que :

  • La dépression avec dévalorisation narcissique.
  • L’impulsivité latente ou manifeste, agressivité pathologique.
  • Besoin impérieux de satisfaction.
  • Intolérance aux frustrations.
  • La faiblesse du Moi avec troubles de l’identification.
  • La difficulté d’accéder à des relations amoureuses et sexuelles stables avec inadaptation pouvant aller jusqu’à des comportements déviants..

B.Psychanalyse :

La toxicomanie est une conduite dont la signification psychopathologique n’est pas univoque.

Ce sont sans doute les plus nombreuses mais leur diversité même prouve s’il en était besoin que les mécanismes inconscients en cause chez les toxicomanes sont susceptibles de s’appuyer sur des conflits se situant à des moments très divers du développement de leur personnalité.

La toxicomanie est une conduite auto-érotique et narcissique ; elle implique, outre l’immaturité affective et le besoin de satisfactions immédiates.

Des fixations orales « l’objet absorbé ou injecté étant une source ambivalente de plaisir et de danger ».

Des tendances auto-destructrices, en effet le retournement des pulsions agressives contre le Moi a pu faire interpréter les toxicomanies comme des équivalents suicidaires.

La drogue représente l’objet idéal toujours présent et dont l’absorption est synonyme de disparition de tension.

La réalisation pulsionnelle est pervertie, il ya érotisation de la prise du toxique qui est préférée comme mode de réalisation pulsionnelle à une sexualité qui reste souvent inaccessible.

Le type d’aménagement signe la fragilité narcissique de ces sujets qui repriment souvent des sentiments de dévalorisation, de manque d’estime et incertitude de soi. Incapacité à assurer un rôle protecteur et à compter sur soi.

La drogue représente donc :

Un substitue objectal matériel :

Qui ne manque jamais, qui se plie à l’incapacité de différer le plaisir et à la nécessité de satisfaction immédiate du toxicomane.

Entièrement maîtrisable avec lequel la relation instaurée est aconflictuelle.

Un moyen de satisfaire un plaisir oral.

Un agent de renforcement narcissique.

I. Généralités / Définition

II. Historique

III. Implication médico-légale

IV. Epidémiologie

V. Caractéristiques du cannabis

VI. Pharmaco-cinétique du cannabis

VII. Effets du cannabis

VIII. Complications

IX. Tolérance et dépendance

X. Critères diagnostique DSM IV TR

XI. Comment devient-on toxicomanes

XII. Psychopathologie

XIII. Prise en charge

 

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