Prise en charge de la toxicomanie au cannabis

Prise en charge de la toxicomanie au cannabis

Le premier contact se fait dans différentes circonstances, il s’agit soit :

Un tableau d’intoxication aiguë.

Un syndrome de sevrage.

A la suite d’une complication de l’intoxication aiguë ou chronique.

La motivation du sujet est une étape importante dans le début de la prise en charge.

La motivation : évaluation de la motivation est une étape importante par la suite l’élaboration d’un projet thérapeutique. Lorsque la motivation du sujet est réelle, la prise en charge doit être conçue dans le cadre d’un projet global de soins s’inscrivant sur le long terme et qui comporte :

- Dans un premier temps le sevrage physique et psychique.

- Dans un second temps une phase dite de postcure.

- Et enfin, une réinsertion affective et sociale.

A.Objectifs :

Arrêter la consommation de la drogue.

Amélioration de la santé physique et psychique.

Des relations sociales et familiales stables.

Une activité professionnelle continue.

Une diminution de la délinquance.

B.La cure de sevrage :

- Il est le plus souvent indispensable de le réaliser en milieu hospitalier sous surveillance médicale et psychiatrique.

- Dès le début de l’hospitalisation, la plupart des services qui reçoivent des toxicomanes pour Sevrage proposent un contrat de séjour relativement strict : absence d’affaires personnelles, interdiction de visites, de sorties de salle et de permissions pendant une semaine au moins, décisions thérapeutiques énoncées par les soignants et non par le patient lui-même. Tant de rigueur se justifie lorsque l’on sait combien la demande de sevrage est souvent ambiguë et plus encore combien pour le toxicomane il va être difficile de tenir ses engagements.

- Pour pallier les troubles contemporains de la période de sevrage « douleurs musculaires, sudation, troubles digestifs, irritabilité, agitation, crises anxieuses, insomnie, mais surtout le « craving » » une aide chimiothérapique est le plus souvent indispensable.

Peuvent être proposés :

Des anxiolytiques « Valium, Tranxène ou autres benzodiazépines » ou éventuellement des neuroleptiques anxiolytiques et / ou sédatifs « Tercian, Largactil ou Nozinan ».

Des antalgiques type « Dafalgan ou Antalvic » pour diminuer les crampes et les algies viscérales.

Des antispasmodiques : « Spasfon » à la dose de 3 à 6 comprimés par jour.

 

C.Le traitement au long cours :

Permet le maintient de l’abstinence par une prise en charge psychothérapique, sociothérapique et plus ou moins chimiothérapique, afin de prévenir les rechutes et l’aggravation de la toxicomanie.

-Psychotropes :

Traitement des troubles anxieux et des troubles du sommeil qui persistent après le sevrage est indispensable pour prévenir le risque de rechute « BZD à ½ longue, Neuroleptiques sédatifs, hypnotique ».

Traitement des états dépressifs : nécessite la mise en place d’un traitement antidépresseur psychotonique.

- Traitement du syndrome déficitaire : fait appel aux NLP désinhibiteurs.

- Les psychothérapies:

Toutes les approches thérapeutiques des toxicomanes sont d’inspiration psychothérapique : les techniques proposées sont multiples, individuelles ou collectives, orthodoxes ou aménagées. Certains utilisent les techniques de relaxation, d’autres les groupes thérapeutiques. Théoriquement, la psychothérapie constitue l’abord privilégié de l’ensemble des problèmes du toxicomane : en pratique, son engagement en psychothérapie est bien souvent difficile à réaliser « demande faible et fluctuante, situation frustrante par rapport aux bénéfices immédiats obtenus par la drogue, multiplication des passages à l’acte ».

Le psychothérapeute qui accepte de prendre en charge un toxicomane sait qu’il s’engage dans une relation qui sera d’emblée très affectivisée sinon passionnalisée, faite de heurts et de réconciliations et qu’il lui faudra renoncer aux impératifs de la neutralité, fut-elle bienveillante. L’important est d’instaurer et de maintenir un lien affectif fait de disponibilité et de constance.

- Les thérapies familiales : se proposent l’abord du symptôme-drogue dans la famille nucléaire ou élargie. Il a été évoqué leurs principes fondamentaux : en général des entretiens d’évaluation précédent les séances « à rythme variable, hebdomadaire ou mensuel » qui associent les membres de la famille à des thérapeutes formés à la pratique de ces thérapies. Rappelons que leur but est de comprendre le mode d’échanges à l’intérieur du système familial, la place qu’y tient le symptôme-drogue pour aboutir à une réorganisation des échanges intra-familiaux et à une levée des entraves « y compris celle que constitue la drogue » pour le toxicomane.

- Mesures sociales :

Une aide sociale est souvent proposée aux toxicomanes afin de rompre avec la marginalisation progressive dans laquelle ils se trouvent et de préparer leur réinsertion au sein de la société.

Apprentissage d’activité ou de profession.


D. La prévention :

- Prévention primaire :

Elle a pour objectif d’empêcher l’éclosion de nouveaux cas de toxicomanie à un stade où l’individu n’est pas encore en contact avec la drogue ; à travers l’information et l’éducation des jeunes et des familles.

L’intégration sociale des exclus, la répression du trafic et le contrôle de la production.

Sur le plan médical, la prise en charge précoce et le dépistage des troubles de la personnalité et des carence familiale ont un rôle important à jouer.

- Prévention secondaire :

Vise à prévenir l’aggravation de la situation des sujets qui ont déjà expérimenté les drogues.

L’idée principale est d’informer les intéressés des possibilités de soins et de prise en charge ; elle doit être adaptée à chaque situation et répondre à l’évaluation du risque.

- Prévention tertiaire :

C’est la prise en charge des toxicomanes avérés pour éviter les rechutes, éviter l’aggravation de la toxicomanie, prévenir la déchéance sociale et somatique ainsi que les complications psychiatriques.

Le but principal est de favoriser le sevrage en proposant aux toxicomanes non seulement des services thérapeutiques mais également des dispositifs permettant leur réinsertion sociale et leur épanouissement psychologique. 

I. Généralités / Définition

II. Historique

III. Implication médico-légale

IV. Epidémiologie

V. Caractéristiques du cannabis

VI. Pharmaco-cinétique du cannabis

VII. Effets du cannabis

VIII. Complications

IX. Tolérance et dépendance

X. Critères diagnostique DSM IV TR

XI. Comment devient-on toxicomanes

XII. Psychopathologie

XIII. Prise en charge

 

 

 

 

 

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