Techniques des psychothérapies de relaxation

 

Les méthodes de relaxations se proposent un double but :

D’une part obtenir une « détente » en diminuant le ide des afférences et des agressions, d’autre part, rendre possible un contrôle tonico-moteur et émotionnel.

A- La méthode de Schultz :

Le « training autogène » ou méthode de Schultz, la plus employée, la plus ancienne est une méthode mère.

Définie « comme un moyen d’arriver par soi même à un état d’hypnose pure sans induction extérieure ».

Méthode  basée sur un apprentissage  qui permet d’acquérir une capacité de relaxation physiologique se manifestant dans le domaine mental par une sensation de calme intérieur et ayant une action thérapeutique symptomatique.

Principe : issue des travaux et des critiques sur la thérapeutique hypnotique, cette méthode constitue une technique codifiée d’exercices physiologiques permettant de provoquer une déconnexion générale (physique et psychique) de l’organisme par des modifications volontaires de l’état tonique associé à une concentration mentale sur certaines cinesthésies prévilègiés : sensation physique de pesanteur et de chaleur corporelle,et d’aboutir à une euphorie apaisante.

C’est a partir de ces sensations, qui correspondent à des modifications objectives d’hypotonie musculaire et de vaso-dialatations périphériques que Schultz établit une série d’exercices qui vont permettre au sujet de parvenir à un état de décontraction musculaire et de détente générale.

Déroulement des séances : cette psychothérapie n’utilise  pas le transfert, ne l’interprète pas mais use dans un laps de temps relativement bref :

2 à 3 mois à obtenir un effet global par un entraînement méthodique complet comprenant 6 exercices minutieusement décrits. Cette décontraction concentrative n’obtient pas des exercices mettant en jeu 6 systèmes : musculaire, vasculaire, respiratoire, cardiaque, abdominal et céphalique.

1- Exercice de pesanteur : domaine musculaire.

Le patient va se concentrer sur la sensation subjective de détente musculaire,en s’aidant de la formule « mon bras droit est tt à fait lourd » ou gauche selon la latéralité.

Il faut induire dans le domaine une identification abstraite, il s’agit de se détendre en pensant à une idée (abstraite) dans la mesure ou le sujet est de type visuel (comme on aura pour le constater au cours de l’induction au calme), on essaye de lui faire représenter son bras comme en plomb.

Chez un patient acoustique, on essayera de trouver une image sonore musicale évoquant la pesanteur.

Au début, l’exercice sera court et ne doit pas dépasser 1 mn à 1mn 30s et il faut 3 exercices/j.

Régularité rigoureuse est une nécessité fondamentale, la réponse se fait de manière précise en mouvements  successifs qui adapte l’organisme à son état de tension normale.

Faire plusieurs flexions extensions énergétiques du bras, respirer fortement et ouvrir les yeux.

Après qqs jours, la sensation de pesanteur sera plus importante et va se généraliser.

LA SUITE DE L’EXERCICE :

- Mon bras droit doit être tt a fait lourd.

- Mes 2 bras doivent être tt a fait lourds.

- Mes 2 jambes doivent être tt a fait lourds.

- Tt mon corps doit être tt a fait lourd.

2- Exercice de chaleur : domaine vasculaire.

NB : Ce n’est que lorsque la décontraction musculaire totale est obtenue ce qui demande en moyenne 15 à 20 jours, que l’on passe au domaine vasculaire.

La formule devient «  mon bras doit être tt à fait chaud », le sujet essayera de se représenter mentalement soit usuellement soit  de façon cinesthésique l’expérience de chaleur comme par exemple être couché au soleil sur une plage ou se réchauffer auprès d’un bon feu en hiver.

Cette sensation légère au début s’intensifie et va également s’étendre à l’ensemble des membres supérieurs aux autres membres et à tt le corps.

3 – Exercice cardiaque : Perception des battements cardiaque.

Le sujet est invité à se représenter mentalement le cœur dans sa véritable situation anatomique. La formule  « mon cœur bat calmement » est répété 6 à 7 fois .il ne s’agit pas ici d’augmenter ou de ralentir le rythme cardiaque.

4-Exercice respiratoire : après les 3 ex précédents, on demande au patient de s’abandonner à la respiration tt en respectant le rythme respiratoire naturel.

Des images mentales sont recommandées comme se sentir fonctionner sa cage thoracique.

Formule verbale « ma respiration est tt a fait calme ».

5- Exercice de chaleur abdominale : le patient est invité à ressentir une sensation de chaleur au plus profond de son creux épigastrique, le sujet récitera la formule « mon plexus solaire est tt a fait chaud ».

6- Exercice de la tête : qui vise à obtenir une fraîcheur du front, sa formule est « mon front est agréablement frais ».

La présentation mentale concomitante est l’impression de fraîcheur frontale au cours d’un bain chaud, la tête étant hors du bain rafraîchie par un léger courrant d’air. Cette induction de fraîcheur parait fortement importante pour Schultz.

En effet, si tout le corps est détendu, la fraîcheur céphalique permet de garder la tête hors de l’eau tiède et d’assurer ainsi une maîtrise de tout l’organisme.

Le sujet ressent après ces exercices :

- Un état de calme interne dans le domaine mental.

- Un détachement, contrôle de l’ambiance externe.

- Etat de détente physiologique agréable et reposant.

Les exercices que nous venons de décrire sont effectués en décubitus dorsale ou en position assise, les yeux fermés, précédé par une brève recherche d’un état de calme intérieur, sont pratiques au cours des séances de 15 à 30 mn et permettent  d’obtenir un état de détente assez rapide en 2 à 3 mois.

Il est recommandé à chaque sujet de pratiquer chez lui l’exercice qu’il vient d’apprendre de 2 à 3 fois /jour.

Par la suite, le training autogène peut comporter un 2ème cycle où le travail est centré sur les perceptions et l’imagerie mentale.

Le cycle supérieur :

Use de productions imaginaires (image, vision) proche du rêve éveillé enseigné à des patients ayant pratiqué au moins pendant 2 ans des exercices du 1er cycle.

Le cycle inférieur peut être utilisé par tout praticien

Le cycle supérieur nécessite la direction d’un psychothérapeute spécialisé ds des groupes restreints et homogène

Ds le cycle supérieur, le sujet est en mesure de réaliser une déconnexion immédiate par une concentration interne brève.

 Dans la 1ère  étape :

Le patient apprend à diriger les 2 globes oculaires vers le haut et la ligne médiane « à regarder vers le centre du front ». Cela conduit à un approfondissement de la déconnexion.

On demande au sujet de laisser surgir de son imagination une couleur uniforme quelconque .Cet  exercice et les suivants exigent un état de  concentration d’une 1/2 heure à 1heure « c’est la découverte de la couleur propre ».

L’intérêt psychothérapique se porte sur la liaison de la couleur envisagée avec l’objet qui lui sera associé spontanément.

L’autre exercice :

Consiste à laisser apparaître certains objets déterminés à l’intérieur du champ subjectif du patient.

On leur demande de regarder au fond d’eux,Objets concrets d’usages quotidiens, caractéristiques.

Quand le patient devient capable de maîtriser la vision intérieure d’objets concrets. C’est ainsi qu’on peut donner au patient la tache de se représenter la justice et le bonheur.

Après cette acquisition :

L’auteur demande au patient de laisser découler intérieurement une expérience quelconque qui soit pour lui le symbole d’état d’âme le + intense et le + souhaité « c’est la recherche du sentiment propre ».

Ici se débouche les personnalités à structure plutôt réalistes qui se distinguent des personnalités idéalistes.

 A ce stade :  

L’auteur demande au sujet de se mettre en état de profonde concentration, de laisser se présenter devant lui une personne déterminée de façon aussi concrète et pratique que possible.

La technique est alors utilisée pour contrôler la capacité de relation avec l’autre.

Schultz note que la représentation intense fréquente répétée d’1 personne qui lui est odieuse (antipathique) peut conduire à une attitude inter beaucoup + objective.

L’étape suivante :

Consiste à demander au sujet en état de concentration de se remettre véritablement en question et se laisser observer, on demande l’attitude interrogative suivante : « qu’est ce que je fais de faux ».

Au départ, on pose des questions strictement individuelles, l’auteur estime que le sujet a ainsi eu la possibilité de se représenter les + importants des différentes valeurs existentielles.

A ce moment, on cherche à développer la formule de S° qui correspond le mieux à la personnalité profonde du sujet.

C’est ainsi qu’on propose au sujet une devise personnelle qu’il ne réalise pas encore entièrement faute de courage mais dont il sait maintenant qu’elle traduit une partie de sa manière d’être profonde.

Ainsi est représenté la richesse de cette méthode ou le mot de la relaxation prend tout son sens depuis le simple relâchement de qqs fibres musculaires au début, jusqu’à la libération de la personne avec la possibilité d’une réalisation de soi.

B- la méthode de Jacobson : la relaxation progressive.

Elle est un peu différente du training autogène en ce qu’elle se voit essentiellement physiologique prenant en compte de façon systématique et détaillée chaque zone fonctionnelle de la musculature pour obtenir une diminution aussi complète que possible du niveau tonique et réduire ainsi l’excitabilité et la réactivité émotionnelle.

Si les exercices de cette méthode sont particulièrement précis et minutieux et son application astreignante et longue, 2 aspects intéressants doivent être retenus, d’1 part, l’induction de la relaxation s’appuie sur une prise de conscience, des sensations proprioceptives de la contraction, puis du relâchement musculaire, cette éducation sensitive qui favorise le contrôle tonique peut être utilisé ds les autres méthodes de relaxation. D’autre part les exercices de relaxation différentielles, qui vise la prise de conscience et le contrôle de l’état fonctionnel différent, permettent une utilisation de la méthode des diverses situations de la vie quotidienne, au cours de l’activité musculaire dans le maintien de la posture ou dans des situations émotionnellement difficiles.

Les points de différences avec la méthode de Schultz :

- n’utilise pas la concentration passive recommandée par Schultz.

- Elimine tt aspect psychothérapique (verbale).

- Ne se réfère à aucune technique hypnotique ou psychanalytique.

- Comporte une séance d’1-à 2 heure/jour chaque jour.

Le sujet s’entraîne avec le médecin 1 à 3 Fois par semaine.

-   durée de la rééducation  qqs mois         qqs années.

La relaxation générale :

1- Décontraction des bras (1ère étape).

- 1er exercice : Décubitus dorsal, yeux fermés, jambes non jointes, ne pas bouger, durée 30 mn.

- 2ème exercice : même position, on demande au sujet d’élever le bras gauche et de la faire poing.

On le prie de ressentir une chaleur au niveau du bras gauche et en même temps, on lui explique à l’aide d’arguments scientifiques les processus cellulaires de contraction, l’existance  d’un potentiel d’action.

2-Détente des jambes (2ème étape).

-1er exercice : durée 50 mn, extension du pied, flexion des orteils sans mobiliser le genou,faire cesser brusquement ce mouvement  et repos de qqs mn, recommencer 2 fois.

- 2ème exercice : pieds, orteils détendus progressivement.

- 3ème exercice : se rendre compte que la détente des pieds s’accompagne de celle des bras.

3- Respiration :

Décubitus latéral ou Décubitus dorsal pendant 10 mn, respirer plus profondément 2 à 3 fois mais sans forcer le patient. Il doit prendre conscience de la tension de la cage thoracique.

4-Détente du front :

- 1er exercice : devant le miroir, le patient fronce et lève les paupières puis relâche les muscles progressivement ensuite referme progressivement les yeux et les détends peu a peu.

- 2ème exercice couché, yeux fermés, froncer le front et laisser les muscles se détendre, fermer les paupières fortement et laisser détendre progressivement.

- 3ème exercice : on demande au sujet de se rendre compte au moment de ces exercices du rôle de la détente des membres et la cage thoracique.

5- Détente des yeux :

- 1er exercice : regarder à droite et ressentir la tension des yeux.

Revenir à la position normale, puis gauche, en haut et puis en bas.

- 2ème exercice : avec la détente des yeux, le patient doit devenir conscient de la tendance à la généralisation de la détente.

6- Détente des muscles de la sphère vocale :

- 1er exercice : compter a vive voix jusqu’à 10et observer les groupes musculaires qui rentrent en jeu. La détente 2 à 3 fois.

- 2ème exercice : compter jusqu’à 10 à mi-voix puis en murmurant détente.

- 3ème exercice : compter intérieurement, le patient doit se rendre compte quand il s’arrête de la détente de l’organe vocal.

la relaxation différentielle :

Définition : « minimum de contraction musculaire nécessaire pour l’exécution d’1 acte au même temps que les relaxations des muscles dont l’activité n’est pas indispensable par la réalisation de cet acte » Jarreau.

Ainsi les exercices se font sur un fauteuil en détendant les membres, les exercices sont les mêmes que ceux de la position couchée ensuite le médecin  font procéder a des exercices de lecture et d’écriture.

Lecture : assis devant 1 livre ouvert tire sans chercher à comprendre, puis effort minimum nécessaire pour arriver a comprendre ce qu’il lit tout en observant une détente aussi poussée que possible.

 

C-la rééducation psychotonique d’Ajuriaguerra & J.Lemaire :

Cette méthode utilise la relaxation ds une optique différente de celle de Schultz, ds la mesure ou les éléments relationnels sont au 1er plan.

Pour Ajuriaguerra, les buts de cette méthode comprennent certes l’acquisition de la capacité de se détendre càd d’être à l’aise dans son corps mais également  la découverte de soi même à travers les prises de conscience qui permet la cure  et l’utilisation du vécu corporel comme un des éléments du dialogue avec autrui, élément qui permet l’analyse de l’expérience vécue ds la relation avec le thérapeute.

La psychothérapie utilisera dans la régression qui permet la détente corporelle et s’intéressera aux représentations mentales et aux mots émotionnels archaïques  qu’éveille la déconnexion.

Ces mouvements s’expriment ds le corps par des modifications toniques qui servent de signaux  et de révélateurs au patient et au thérapeute. Celui-ci encourage la verbalisation des sensations corporelles mais aussi celles des idées qui s’y associent et des conflits qu’elles révèlent.

La régression et les sentiments de désir, d’agression ou de plaisir sont à l’origine de réactions de transfert càd de projections sur la personne du thérapeute de ses émotions et des images mentales qui leurs sont liées.

Ces projections se traduisent également par des fluctuations toniques qui permettent la prise de conscience  par le sujet de ses résistances à la relaxation.

Sur le plan pratique :

Le thérapeute donne quelques consignes initiales assez proches de celles du training autogène, mais il évite d’être systématique  et de prendre une position trop directive et pédagogique.

Dés que les premiers résultats sur le tonus semblent acquis, le thérapeute encourage la verbalisation des perceptions corporelles du sujet et de ses résistances toniques.

Si la méthode de d’Ajuriaguerra et Lemaire est largement fondée sur des concepts psychanalytiques que sur les techniques du contrôle tonique et si elle est généralement pratiquée par des thérapeutes de formation psychanalytiques, il ne s’agit pas ici de psychanalyse.

En revanche, cette méthode est souvent utilisée pour sensibiliser certains sujets à la prise de conscience de leurs problèmes psychologique et leurs permettre de repérer à travers une expérience psychothérapeutique dont l’objet initial est un travail corporel, les bénéfices qu’ils peuvent escompter d’1 psychothérapie d’inspiration psychanalytique ou d’1 psychanalyse.

D-la méthode de M.Sapir et de F.Reverchron :

Cette méthode repose sur des conceptions psychanalytiques plus exclusivement encore que celle  d’Ajuriaguerra.

Elle cherche à favoriser une régression très profonde, dans laquelle le thérapeute intervient en tant que représentant d’1 personnage maternel et encourage l’expression de fantasmes archaïques à travers une érotisation de la perception corporelle. L’implication directe du thérapeute dans les séances se manifeste par la parole, le toucher, le rassurement ou au contraire la frustration.

Une telle méthode,bien que très différente du travail purement verbal non ‘agi’ de la psychanalyse, suppose des thérapeutes particulièrement bien formés à percevoir leurs mouvements contre-transférentiels. Comme la méthode d’ d’Ajuriaguerra, elle peut constituer une psychothérapie par elle-même ou déboucher sur une cure analytique.

Psychothérapies de relaxation

Historique des psychothérpies de relaxation

Classifications des psychothérapies de relaxation

Propriétés communes aux différentes techniques de relaxation

Techniques des psychothérapies de relaxation

Indications et contre indications des psychothérapiesde relaxation