Le malade grabataire

I- Introduction – définition

II- Pourquoi devient-on grabataire

III- les complications générales de la grabatisation

IV- Prévention des complications de la grabatisation

I- Introduction – définition :

Le grabataire est une personne atteinte par la maladie ou la vieillesse et qui est dans l’incapacité de quitter son lit.

Une immobilisation même très brève peut être source de complications rapides survenant en quelques heures (escarre, phlébite, compression nerveuse, perte des réflexes d’équilibre…) d’autres apparaîtront plus à distance (rétractions, troubles de la continence).

II- Pourquoi devient-on grabataire ?

On devient donc grabataire dans quatre circonstances :

1. Le sujet qui est tout à la fin de sa vie : on se couche pour mourir.

2. Le sujet qui a présenté une maladie, une altération de l’état général ; ce sujet s’est mis au lit, et les complications sont arrivées très vite, ce qui fait qu’il n’a jamais pu se relever. C’est malheureusement le cas général.

3. Le sujet qui a des raisons somatiques pour ne plus se lever : maladie neurologique, affection rhumatismale douloureuse ou invalidante, insuffisance cardiaque ou respiratoire sévère.

4. Le sujet qui, pour des raisons psychologiques : dépression, schizophrénie, …

III- les complications générales de la grabatisation :

1- Les phlébites : Inflammation d’une veine ou thrombose veineuse, liés a une mauvaise circulation du sang

2- Les escarres : Quand la peau se trouve comprimée entre un os et uns surface un peu dure, la circulation peut s’arrêter, et une plaie peut se constituer. Cette plaie est une escarre

3- La déshydratation

4- Les infections

5- Les troubles urinaires: la rétention, incontinence

6- La désadaptation cardio-vasculaire : Le système circulatoire est fait pour fonctionner en position debout : le cerveau est plus haut que le cœur, il faut plus de force pour y envoyer du sang ; c’est l’inverse pour les pieds. Quand on se couche on supprime la pesanteur, et cela modifie le volume sanguin et le réglage de la tension.

7- Les troubles digestifs : fausses routes, estomac est plus lent à se vider, constipation

8- Les troubles locomoteurs: La fonte musculaire, Les rétractions

9- Les troubles psychologiques :

Ils revêtent plusieurs aspects principaux :

- La perte du regard horizontal est une conséquence évidente à laquelle pourtant on ne pense pas assez : être couché, c’est d’abord voir un plafond. Les humains normaux voient devant eux, le grabataire voit au-dessus de lui. Les regards ont du mal à se croiser, le grabataire ne vit pas dans le même monde que les autres. Cela entraîne de grandes modifications psychologiques, puisque de ce fait le grabataire est isolé. Il tend alors à se replier sur lui-même, et on aboutit à ce tableau, classique en institution, du grabataire qui ne communique plus avec personne, qui ne bouge plus et n’est plus capable de rien.

- La confusion mentale : il s’agit d’un état d’agitation avec délire et perte du sens de la réalité. Il est très fréquent, et l’erreur serait de dire que le patient perd la tête alors que la confusion mentale se soigne souvent très bien (mais pas par des calmants). Elle est favorisée par le fait que le grabataire est isolé dans son lit et perd forcément le contact avec la réalité.

- La dépression est toujours présente lorsque l’immobilisation se prolonge. Elle donne lieu à des douleurs physiques ou morales, avec une anxiété et une angoisse face au devenir, à la mort, à la nécessaire dépendance face aux autres qui peut vite devenir insupportable et générer une agressivité ou un total renoncement.

- Le syndrome de glissement est un état de renoncement qui fait suite, après un intervalle libre, à la maladie déclenchante. Le sujet semble se renfermer, il ne mange plus, il se constipe, souvent la vessie se bloque, et la mortalité approche 100% malgré les soins.

IV- Prévention :

Prévention des phlébites :

  • Lever précoce
  • Rééducation précoce
  • Surélévation des membres inférieurs pour éviter la stase veineuse
  • Port de bas de contention
  • Éviter les plâtres trop serrés
  • Traitement médical à base d’anticoagulants

Prévention Les troubles locomoteurs: La fonte musculaire, Les rétractions :

  • kinésithérapie active et passive des articulations et des tendons

Prévention des escarres : éviter les zones de pressions électives :

  • En changeant régulièrement de position
  • En faisant des massages doux contre l’ischémie
  • En utilisants des matelas à eau

Prévention des problèmes psychologiques :

L’équipe soignante a un rôle essentiel dans la prévention des troubles psychologiques : il faut absolument maintenir avec la personne grabataire un environnement stimulant, en évitant de changer trop rapidement ses habitudes et son cadre de vie. C’est ainsi qu’il faudra veiller à maintenir un bon éclairage, à laisser des points d’intérêt (radio, télévision, lectures), à rendre (et à organiser) des visites fréquentes, à parler, surtout pendant les soins, tous ces petits moyens sont en réalité des gestes de la plus grande importance.

Confusion mentale

I- Définition de la confusion mentale

II- Clinique et diagnostic de la confusion mentale

III- Etiologies de la confusion mentale

IV- Diagnostic différentiel

V- Evolution et pronostic

VI- Prise en charge

I- Définition de la confusion mentale :

Il s’agit d’un état aigu transitoire, réversible, associant  

•   Une obnubilation de la conscience

•   Une désorientation spatiale et temporelle

•   Un état de délire onirique

•   Des troubles somatiques

Traduisant un état de souffrance cérébrale dont l’étiologie est à repérer le plus rapidement possible afin de proposer une thérapeutique salvatrice. 

II- Clinique et diagnostic de la confusion mentale :

Les critères diagnostiques sont les suivants : 

Diminution de la capacité à maintenir l’attention envers les stimulations externes : par exemple, les questions doivent être répétées, car l’attention ne se fixe pas. Diminution également de la capacité à s’intéresser de façon appropriée à de nouvelles stimulations externes : le patient persévère à répondre à une question posée antérieurement ;

Désorganisation de la pensée, comme le montrent des propos décousus, inappropriés ou incohérents ;

Au moins deux des manifestations suivantes :

•   obnubilation de la conscience, par exemple difficultés à rester éveillé pendant l’examen ;

•   anomalies de la perception : erreurs d’interprétations, illusions ou hallucinations ;

•   perturbation du rythme veille sommeil, avec insomnie ou somnolence diurne ;

•   augmentation ou diminution de l’activité psychomotrice ;

•   désorientation temporo-spatiale, non reconnaissance des personnes de l’entourage ;

•   troubles mnésiques, par exemple impossibilité de retenir des éléments nouveaux comme une liste de plusieurs objets sans liens entre eux énoncés 5 minutes avant ou de se souvenir des faits passés, comme ceux caractérisant l’épisode pathologique en cours.

III- Etiologies de la confusion mentale :

•   Cause toxique : alcoolisme, drogues, surdosage médicamenteux, CO, plomb.

•   Cause neurologique : AVC, épilepsie, encéphalite, hématome cérébral.

•   Cause métabolique : diabète, acidocétose, hyponatrémie.

•   Causes infectieuses : typhoïde, Brucellose, syphilis, paludisme, sida, rickettsiose.

•   Insuffisance hépatique : cirrhose.

•   Avitaminose : manque de vitamine B et PP.

•   Insuffisance rénale.

•   Déshydratation.

•   Trouble hydroélectrolytique : hyponatrémie, hypocalcémie.

•   Pathologie thyroïdienne : hypothyroïdie, hyperthyroïdie. 

IV- Diagnostic différentiel : 

La bouffée délirante aigue.

Etat maniaque.

Mélancolie

Démence. 

V- Evolution et pronostic: 

Dépend de l’étiologie

VI- Prise en charge : 

1- Hospitalisation

2- Traitement symptomatique :

Soins généraux, chambre calme, éclairée et surveillée

Sédation de l’agitation par neuroleptiques

Réhydratation

3- Traitement étiologique

Historique de la prise en charge des schizophrènes

Trois étapes successives dans le traitement biologique des schizophrénies peuvent être individualisés :

-  L’ère pré thérapeutique

-  L’ère du traitement de choc « ECT et insulinothérapie ».

-  L’ère des neuroleptiques.

  • Dollfus et Petit ont tenté d’évaluer le pourcentage d’amélioration au cours de ces troisphases qu’ils situent, en données corrigées, respectivement à 20, 30 et 55% des cas traités. Ces chiffres sont assez proches de ceux proposés par Hegarty et al qui distinguent aussi trois périodes :

-  La première, entre 1895 et 1925, où la proportion des patients améliorés en fin de suivi est de 27.6%.

-  La deuxième, contemporaine de la découverte des propriétés de l’ECT, où l’on atteint 34.9%.

-  La troisième, correspond aux années 1956 à 1985, où l’on observe un taux significativement supérieure d’évolution favorable de 48.5%.

Prudemment , les auteurs font l’hypothèse que ce résultat pourrait être du à « l’introduction de chimiothérapies modernes ». Les NLP témoignent du bénéfice apporté depuis leur introduction en 1952.

En effet les grandes catamnèses prenant en compte plusieurs dizaines d’années d’évolution concernent des patients diagnostiqués bien avant la découverte des NLP et donc traités tardivement par eux. Elles fournissent pourtant un pourcentage d’environ 50% d’évolution favorable, alors que des données plus récentes depuis 1986 semblent relativiser ce bénéfice dû à la chimiothérapie NLP.

  • L’usage des NLP a lui même imprimé des modifications dans le cours et les aspects évolutifsde la maladie :

-  Fragmentation sous la forme d’épisodes aigus ou subaigus.

-  Réduction partielle des symptômes.

-  Evolution peudo-névrotique ou pseudo-psychopathiques.

-  Cicatrisation sous la forme de tableaux plutôt déficitaires.

  • L’apparition récente de nouveaux neuroleptiques a permis de modifier considérablement laprise en charge médicamenteuse des schizophrénies. Une meilleure compliance thérapeutique, un confort et une efficacité sur les symptômes négatifs.
  • la réserpine est le premier antipsychotique efficace,
  • Au début des années 70, la question fondamentale du lien entre effet thérapeutique eteffet neurologique a pris un nouveau tour avec l’apparition des Benzamides « Dogmatil, premier NLPa »commercialisé e France en 1969, et surtout celle des Diazépines « en particulier Clozapine ».
  • Pinel fut l’un des premiers à penser que le mode de vie du malade au sein de l’asile pouvaitinfluencer sur ses troubles. On lui attribue généralement la suppression de la contention.
  • Le célèbre incipit du « Traité des maladies mentales » d’Esquirol, montre que l’idée d’utiliser les institutions psychiatriques comme moyen thérapeutique remonte à la naissance même de la psychiatrie moderne, sa mise en pratique a néanmoins varié en fonction de divers conceptions théoriques de la maladie mentale qui se sont succédé depuis lors.

« une maison d’aliénés est un instrument de guérison, entre les mains d’un médecin habile, c’est l’agent thérapeutique le plus puissant contre les maladies mentales »Esquirol.

  • La psychothérapie de groupe constitue une innovation apparemment singulière dans l’artpsychothérapique. Les schizophrènes répondent bien au psychodrame et aux groupes d’activité.
  • Apparue dans les années 50, les théories et les thérapies familiales ont été l’objet denombreuses évolutions pour le traitement des schizophrénies.
  • Dès 1966, N.W.Ackerman posait la question de l’orientation théorique préférentielleconcernant le phénomène schizophrénique et les troubles familiaux associés
  • Si les années 60 et 70 ont été celles de la percée biochimique et pharmacologique en matière

de schizophrénie, plusieurs indices ont suggéré que les années 90 seraient marquées par un intérêt grandissant pour la réadaptation, la réhabilitation et plus généralement pour l’univers social du schizophrène.

Prise en charge et traitement de la schizophrénie

Historique de la prise en charge des schizophrènes

Généralités ou objectifs du projet thérapeutique

Motifs d’hospitalisation d’un schizophrène

Traitement neuroleptique schizophrénie

Autres traitements utilisés dans la schizophrénie

Indications thérapeutique selon la forme de schizophrénie

CAT et traitement schizophrénie résistante

Sismothérapie ou électroconvulsivothérapie

Psychothérapies dans la schizophrénie

 


Prise en charge et traitement de la schizophrénie

Le terme de schizophrénie désigne un groupe de psychoses marquées par l’alternance de la vie psychique dans les secteurs de la pensée, de l’affectivité, du dynamisme vital autour de ce processus de désagrégation, s’ordonnent des symptômes cliniquement identifiables malgré l’absence d’étiologie et de symptomatologie spécifique

Individualisée sous différentes entités « paranoïde, hébéphrénique, catatonique » il ya plus d’un siècle,  la schizophrénie demeure une affection chronique, au polymorphisme symptomatique, dont le processus pathologique engage encore l’ensemble de la trajectoire existentielle du sujet.

Les patients souffrant de la schizophrénie représentent donc un important problème de santé publique. Plus la thérapeutique est précoce, plus grandes sont les chances d’efficacité et meilleure pronostic général de l’affection.

L’apparition des antipsychotiques atypiques a permis une amélioration du pronostic en prévenant les signes négatifs de la schizophrénie attribués aussi aux NLP classiques. Une meilleure compliance thérapeutique et une amélioration de la qualité des soins et confort du patient.

La synergie d’action des neuroleptiques, associés aux autres modalités « accès aux habiletés sociales, insertion ou réhabilitation psycho-sociale, mesures psychothérapiques ‘thérapie de groupe, institutionnelle, thérapie familiale…’… », devrait s’en trouver renforcée, tout en favorisant la prise en compte de la qualité de vie, l’alliance thérapeutique avec la famille, très souvent témoin en médecine, de réels progrès thérapeutiques.

Les différentes stratégies thérapeutiques doivent s’inscrire dans le cadre d’une véritable projet thérapeutique à long terme formulé au cas par cas..

L’essentiel de la prise en charge thérapeutique sera autant que possible, réalisée en ambulatoire par exemple dans le cadre d’un suivi de secteur psychiatrique « consultations régulières ».

L’hospitalisation à plein temps est nécessaire lors du début des troubles, dans les formes de début de la schizophrénie « où elles posent un problème diagnostic » ou en cas d’exacerbation de la symptomatologie psychotique et plus particulièrement devant un risque patent de passage à l’acte ou d’importants trouble de comportement.

La prise en charge thérapeutique s’élabore au fil du temps, en tenant compte :

-  Du patient lui même : structurellement ambivalent du caractère pathologique de ses troubles, l’instauration d’une relation thérapeutique.

-  Des modes de révélation, d’expression et d’évolution de la maladie.

-  De l’entourage.

-  De médecin et de l’équipe soignante : dépistage, soins hospitaliers et l’assistance thérapeutique au long cours.

La cure NLP demeure la condition nécessaire mais non suffisante du traitement des schizophrènes. Le rôle initial de la chimiothérapie est souvent de permettre l’instauration de la relation thérapeutique, puis suit la mise en place des mesures psycho-socio-thérapeutiques, dont l’efficacité progressive renforce l’action des médicaments et réciproquement.

Prise en charge et traitement de la schizophrénie

Historique de la prise en charge des schizophrènes

Généralités ou objectifs du projet thérapeutique

Motifs d’hospitalisation d’un schizophrène

Traitement neuroleptique schizophrénie

Autres traitements utilisés dans la schizophrénie

Indications thérapeutique selon la forme de schizophrénie

CAT et traitement schizophrénie résistante

Sismothérapie ou électroconvulsivothérapie

Psychothérapies dans la schizophrénie

 

 

Prise en charge des états limites borderline

 

Il n’existe pas de schéma-type de la prise en charge de tels patients. Selon les sujets et les options théoriques, les grandes lignes du traitement varient notablement. Pourtant, certaines

Opérations restent valables quelles que soient les modalités de prise en charge.

A. Hospitalisation :

Qu’elles émanent du patient lui-même ou de l’entourage socio-familial de celui-ci, les demandes d’hospitalisation, souvent en urgence, sont fréquentes, survenant au décours d’une énième décompensation dépressive, d’un passage à l’acte suicidaire ou hétéro-agressif, d’un épisode dissociatif aigu, l’admission est souvent rapidement suivie d’une amélioration symptomatique, la perception du cadre hospitalier suffisant en général à rassurer le patient. Afin de garder à ses yeux son caractère structuré et sa cohérence, évitant ainsi la résurgence de comportements préjudiciables pour la suite de la prise en charge, le séjour doit être court et faciliter une réinsertion rapide du patient dans sa réalité extérieure.

L’hospitalisation doit également se situer dans la mesure du possible dans la continuité de la prise en charge ambulatoire si elle existe, ces patients cherchant souvent à faire rejouer aux différents thérapeutes, leurs conflits intérieurs.

B. Chimiothérapie :

Utile pour passer un cap aigu et sur de courtes durées, les psychotropes voient en général leur efficacité diminuer dans les prescriptions prolongées.

La plupart des études montrent en effet un épuisement de la réponse un à type de molécule donné, quelle qu’elle soit, après quelques mois de traitement.

Les neuroleptiques sont utilisés pour éviter une dissociation psychotique transitoire. Les

NLP sédatifs sont mal tolérés, les NLP désinhibiteurs semblent favoriser une diminution de l’irritabilité, de la labilité et de l’hostilité à l’égard de l’entourage.

Les benzodiazépines, à visée anxiolytique ou hypnotique, sont à utiliser avec la plus grande

parcimonie. Le risque d’accoutumance, d’intoxication volontaire, ainsi que celui d’une action désinhibitrice avec passage à l’acte suicidaire ne doivent pas être sous-estimés chez ce type de patients.

Les antidépresseurs : leur indication est à limiter dans le temps et à des critères strictes

de prescription, notamment la vulnérabilité des patients aux traumatismes affectifs, au manque de confiance en soi et à la dévalorisation pouvant se traduire par un RPM.

L’efficacité des antidépresseurs tricycliques reste incertaine. Les études fournissent des résultats variés mais souvent partiels sur la symptomatologie dépressive.

Certains antidépresseurs sérotoninergiques sembleraient être plus efficaces, susceptibles d’améliorer également les troubles impulsifs. Certains auteurs américains tendent pour leur part à privilégier les inhibiteurs de la monoamine oxydase.

L’électro-convulsivothérapie ne donne pas non plus de résultats concluants sur les

dépressions limites.

Les régulateurs de l’humeur « carbamazépine, lithium » sont efficaces sur un éventail de

symptômes allant de la dépression atypique à l’anxiété ou à l’impulsivité, en passant par les éléments quasi-psychotiques tel que les idées de référence ou les modes de pensée persécutoire. Leur utilisation de plus en plus courante dans cette indication ne doit pas faire oublier leurs effets secondaires non négligeables. La réévaluation du rapport entre les bénéfices et les effets  indésirables doit traitement doit être régulière.

Û Si les médicaments peuvent aider à renforcer l’alliance thérapeutique, ils ne sont qu’un volet de la prise en charge et ils doivent toujours être replacés dans le contexte général de la relation patient-thérapeute.

 

C. Psychothérapie de soutien – cure analytique :

q La psychothérapie de soutien à objectifs limités restant la seule mesure possible, qui vise :

A soutenir le patient sur le plans narcissique ainsi qu’à le rééduquer graduellement à travers le transfert. Un renforcement des capacités d’adaptation du sujet, une mise en œuvre plus efficace et plus simple de ses moyens de défense, obtenir la plus grande amélioration symptomatique possible, un dégagement des contraintes extérieures par une action sur l’environnement et une facilitation des aménagements concrets de l’existence du patient ou l’accompagnement psychologique dans une période de crise.

q La cure analytique reste, quand elle est possible, un traitement de choix. Centrée sur

l’analyse des relations d’objet primitives du sujet, elle permet d’intégrer le Moi et l’identité. les obstacles principaux résident, d’une part dans l’intensité du « transfert négatif » de ces patients, d’autre part dans leurs graves tendances à l’agir.

Kernberg a proposé de les contrôler par l’instauration d’un contrat en début de traitement visant à interdire les comportements destructeurs. Ce cadre un peu particulier, maintenu de façon rigide par des interventions du thérapeute dans la réalité interne « interprétation » et extérieure du patient. Pourrait permettre le ;bon déroulement de la cure sans qu’apparaisse la classique « psychose de transfert ». interrompue en cas de crises aiguës ou d’hospitalisation, sa reprise aide le sujet à lutter contre les angoisses de perte d’objet et d’abandon.

Très souvent cependant, ce type de prise en charge s’avère irréalisable, non acceptée ou non supportée.

D. Techniques cognitives :

L’approche cognitive des personnalité borderline est dominée par les travaux de Young, de Linehan et de Beck. C’est à ce dernier auteur que Debray et Nollet « 1995 » donne la préférence.

Beck insiste sur l’importance du contrat préalable établi avec le patient qui fixe explicitement les règles de la thérapie.

Après le renforcement de la coopération thérapeutique et bien avant l’abord proprement cognitif des schémas, Beck préconise l’affaiblissement de la pensée dichotomique par la méthode progressive du continuum « classement hiérarchique des individus, des situations et des émotions selon les pôles de confiance ou de défiance, de plaisir ou de déplaisir, etc… », puis l’amélioration du contrôle des émotions et de l’impulsivité par une série de techniques cognitives précises. L’abord des schémas, enfin, passe par la prise de conscience par le patient de certains succès remportés dans les épreuves de la réalité qui viennent progressivement invalider certaines croyances antérieures concernant les thèmes d’abandon, de dévalorisation, d’échec et de solitude.

Les états limites – Borderline

Historique des états limites borderline

Épidémiologie des états limites borderline

Clinique des états limites borderline

Diagnostic positif des états limites borderline

Critères diagnostiques DSM IV R états limites borderline

Evolution des états limites borderline

Formes cliniques des états limites borderline

Diagnostic différentiel des états limites borderline

Psychopathologie des états limites borderline

Aspect médico-légal des états limites borderline

Prise en charge des états limites borderline

 

Prise en charge psychopathie, personnalité antisociale

Le pessimisme est de règle chez la grande majorité des auteurs, et si des voix s’élèvent contre cet état de fait, elles restent peu nombreuses. Dès le début, la subjectivité a dominé la relation avec le psychopathe et les considérations morales l’ont emportés. Du fait de l’incertitude de la législation « imprécision du concept de démence » et de carence des institutions, le libre champs a la multiplicité des interprétations. Les attitudes coercitives ont prévalu.

Elles commencent à être remisent en question, tant elles sont apparues caduques.

L’attitude des psychiatres entièrement dominée par la subjectivité propre et les conditions, c’est un peu nuancé des expériences de prise en charge des psychopathes ont été tentés et qui apportent des éléments de réflexion.

Le psychopathe n’est ni à envier ni à mépriser mais à assister.

A. Une action sur les facteurs économiques et sociaux est indispensable :

Vu la multiplicité des facteurs étiopathogéniques, le traitement médical à lui seul ne suffit pas, d’où la nécessite d’intervenir sur les facteurs socio – économiques.

B. Les considérations normatives doivent être combattues :

Il est vrai que pour le psychiatre au début : produit normalisateur d’une société normée, cela passe par une reconsidération de sa position.

C. Mesures éducatives :

Chez les enfants, l’éducation sans cesser d’être compréhensive, doit être ferme ; on doit s’efforcer de créer de très solides habitudes de penser et d’action, de faire intégrer des règles morales simples mais strictes.

  • Des internats spécialisés : avec action parallèle sur le milieu familial « lorsque celui ci existe ».
  • Sur le plan professionnel : assurer des métiers « évitant une discipline trop stricte, et une liberté » trop grande ».
  • Un suivi médico – social pour les adultes.

D. Mesures médico – légales :

Une actualisation de la législation est nécessaire.

Création de secteurs psychiatriques médico – pénitenciers.

E. Prise en charge médicale proprement dite :

1. Psychothérapie :

La relation thérapeutique doit exclure la coercition ou son opposé, le libéralisme extrême ; l’essentiel est de nouer un lien et de ne pas rejeter.

le psychodrame analytique, la « cure type aménagée » au sens de J. Bergeret sont utiles, la seconde entrée sur les blessures narcissiques très réelles vécues par les patients. La cure peut aborder la relation d’objet.

2. Chimiothérapie :

Sont proscrites tous les médicaments pouvant être utilisés comme toxiques « tranquillisants, anti – Parkinsoniens »

Les périodes de décompensation « psychotiques ou dépressives » sont à prendre en charge avec les moyens classiques « Antidépresseurs, Neuroleptiques ».

Psychopathie, personnalité dyssociale ou antisociale

Historique psychopathie

Epidémiologie psychopathie

Clinique psychopathie, personnalité antisociale

Criteres DSM IV 4 et CIM-10 Psychopathie, personnalité antisociale, dyssociale

Criteres DSM IV 4 et CIM-10 Psychopathie, personnalité antisociale, dyssociale

Evolution / Complications psychopathie

Diagnostic différentiel psychopathie, personnalité antisociale

Formes cliniques psychopathie, personnalité antisociale, dyssociale

Aspect médico – légal psychopathie, personnalité antisociale

Psychopathologie psychopathie, personnalité antisociale

Etiopathogénie psychopathie, personnalité antisociale

Prise en charge psychopathie, personnalité antisociale

 

 

 

Prise en charge de la toxicomanie au cannabis

Prise en charge de la toxicomanie au cannabis

Le premier contact se fait dans différentes circonstances, il s’agit soit :

Un tableau d’intoxication aiguë.

Un syndrome de sevrage.

A la suite d’une complication de l’intoxication aiguë ou chronique.

La motivation du sujet est une étape importante dans le début de la prise en charge.

La motivation : évaluation de la motivation est une étape importante par la suite l’élaboration d’un projet thérapeutique. Lorsque la motivation du sujet est réelle, la prise en charge doit être conçue dans le cadre d’un projet global de soins s’inscrivant sur le long terme et qui comporte :

- Dans un premier temps le sevrage physique et psychique.

- Dans un second temps une phase dite de postcure.

- Et enfin, une réinsertion affective et sociale.

A.Objectifs :

Arrêter la consommation de la drogue.

Amélioration de la santé physique et psychique.

Des relations sociales et familiales stables.

Une activité professionnelle continue.

Une diminution de la délinquance.

B.La cure de sevrage :

- Il est le plus souvent indispensable de le réaliser en milieu hospitalier sous surveillance médicale et psychiatrique.

- Dès le début de l’hospitalisation, la plupart des services qui reçoivent des toxicomanes pour Sevrage proposent un contrat de séjour relativement strict : absence d’affaires personnelles, interdiction de visites, de sorties de salle et de permissions pendant une semaine au moins, décisions thérapeutiques énoncées par les soignants et non par le patient lui-même. Tant de rigueur se justifie lorsque l’on sait combien la demande de sevrage est souvent ambiguë et plus encore combien pour le toxicomane il va être difficile de tenir ses engagements.

- Pour pallier les troubles contemporains de la période de sevrage « douleurs musculaires, sudation, troubles digestifs, irritabilité, agitation, crises anxieuses, insomnie, mais surtout le « craving » » une aide chimiothérapique est le plus souvent indispensable.

Peuvent être proposés :

Des anxiolytiques « Valium, Tranxène ou autres benzodiazépines » ou éventuellement des neuroleptiques anxiolytiques et / ou sédatifs « Tercian, Largactil ou Nozinan ».

Des antalgiques type « Dafalgan ou Antalvic » pour diminuer les crampes et les algies viscérales.

Des antispasmodiques : « Spasfon » à la dose de 3 à 6 comprimés par jour.

 

C.Le traitement au long cours :

Permet le maintient de l’abstinence par une prise en charge psychothérapique, sociothérapique et plus ou moins chimiothérapique, afin de prévenir les rechutes et l’aggravation de la toxicomanie.

-Psychotropes :

Traitement des troubles anxieux et des troubles du sommeil qui persistent après le sevrage est indispensable pour prévenir le risque de rechute « BZD à ½ longue, Neuroleptiques sédatifs, hypnotique ».

Traitement des états dépressifs : nécessite la mise en place d’un traitement antidépresseur psychotonique.

- Traitement du syndrome déficitaire : fait appel aux NLP désinhibiteurs.

- Les psychothérapies:

Toutes les approches thérapeutiques des toxicomanes sont d’inspiration psychothérapique : les techniques proposées sont multiples, individuelles ou collectives, orthodoxes ou aménagées. Certains utilisent les techniques de relaxation, d’autres les groupes thérapeutiques. Théoriquement, la psychothérapie constitue l’abord privilégié de l’ensemble des problèmes du toxicomane : en pratique, son engagement en psychothérapie est bien souvent difficile à réaliser « demande faible et fluctuante, situation frustrante par rapport aux bénéfices immédiats obtenus par la drogue, multiplication des passages à l’acte ».

Le psychothérapeute qui accepte de prendre en charge un toxicomane sait qu’il s’engage dans une relation qui sera d’emblée très affectivisée sinon passionnalisée, faite de heurts et de réconciliations et qu’il lui faudra renoncer aux impératifs de la neutralité, fut-elle bienveillante. L’important est d’instaurer et de maintenir un lien affectif fait de disponibilité et de constance.

- Les thérapies familiales : se proposent l’abord du symptôme-drogue dans la famille nucléaire ou élargie. Il a été évoqué leurs principes fondamentaux : en général des entretiens d’évaluation précédent les séances « à rythme variable, hebdomadaire ou mensuel » qui associent les membres de la famille à des thérapeutes formés à la pratique de ces thérapies. Rappelons que leur but est de comprendre le mode d’échanges à l’intérieur du système familial, la place qu’y tient le symptôme-drogue pour aboutir à une réorganisation des échanges intra-familiaux et à une levée des entraves « y compris celle que constitue la drogue » pour le toxicomane.

- Mesures sociales :

Une aide sociale est souvent proposée aux toxicomanes afin de rompre avec la marginalisation progressive dans laquelle ils se trouvent et de préparer leur réinsertion au sein de la société.

Apprentissage d’activité ou de profession.


D. La prévention :

- Prévention primaire :

Elle a pour objectif d’empêcher l’éclosion de nouveaux cas de toxicomanie à un stade où l’individu n’est pas encore en contact avec la drogue ; à travers l’information et l’éducation des jeunes et des familles.

L’intégration sociale des exclus, la répression du trafic et le contrôle de la production.

Sur le plan médical, la prise en charge précoce et le dépistage des troubles de la personnalité et des carence familiale ont un rôle important à jouer.

- Prévention secondaire :

Vise à prévenir l’aggravation de la situation des sujets qui ont déjà expérimenté les drogues.

L’idée principale est d’informer les intéressés des possibilités de soins et de prise en charge ; elle doit être adaptée à chaque situation et répondre à l’évaluation du risque.

- Prévention tertiaire :

C’est la prise en charge des toxicomanes avérés pour éviter les rechutes, éviter l’aggravation de la toxicomanie, prévenir la déchéance sociale et somatique ainsi que les complications psychiatriques.

Le but principal est de favoriser le sevrage en proposant aux toxicomanes non seulement des services thérapeutiques mais également des dispositifs permettant leur réinsertion sociale et leur épanouissement psychologique. 

I. Généralités / Définition

II. Historique

III. Implication médico-légale

IV. Epidémiologie

V. Caractéristiques du cannabis

VI. Pharmaco-cinétique du cannabis

VII. Effets du cannabis

VIII. Complications

IX. Tolérance et dépendance

X. Critères diagnostique DSM IV TR

XI. Comment devient-on toxicomanes

XII. Psychopathologie

XIII. Prise en charge