Introduction a la psychiatrie et a la maladie mentale

I- Définition de la psychiatrie

II- Santé mentale et maladie mentale

III- Histoire de la psychiatrie et des maladies mentales

IV- Classification des maladies mentales

 

I- Définition de la psychiatrie

La psychiatrie est une spécialité médicale traitant des maladies mentales.

Le mot psychiatrie provient du mot grec psyche qui signifie âme ou esprit, et iatros qui signifie médecin (littéralement médecine de l’âme).

Le rôle de la psychiatrie est le diagnostic, le traitement et la prévention des troubles mentaux.

II- Santé mentale et maladie mentale

L’Organisation Mondiale de la Santé (OMS) définit la santé mentale en tant qu’« état de bien-être dans lequel l’individu réalise ses propres capacités, peut faire face aux tensions ordinaires de la vie, et est capable de contribuer à sa communauté ».

Il y a 3 dimensions à la santé mentale :

•   La santé mentale positive (épanouissement personnel)

•   La détresse psychologique réactionnelle (induite par les situations éprouvantes et difficultés existentielles)

•   Les troubles psychiatriques de durée variable et plus ou moins sévères et/ou handicapants

La  maladie mentale est un trouble psychologique ou comportemental, généralement associé à une détresse ou un handicap, mais qui peut dans certains cas n’entraîner de détresse que dans l’entourage de l’individu atteint d’un trouble mental spécifique, elle est liée à des altérations biologques, psychologiques, génétiques ou sociales.

III- Histoire de la psychiatrie et des maladies mentales

1- Antiquité :

•   La pensée religieuse englobe tout, les troubles psychiatriques étaient expliquer comme des manifestations du divin.

•   Les affections mentales ont longtemps été considérées comme des possessions d’un être par une entité démoniaque, diabolique.

•   Il n’y a pas dans ces époques de différenciations entre psychisme et soma. Tout est traité dans le corps.

•   Hippocrate apportera un début de différentiation en distinguant des troubles mentaux tels la phrénétis, la manie ou la mélancolie et l’hystérie en interprétant ce trouble par un déplacement de l’utérus dans le corps de la femme. Les transes hystériques quasi identiques aux crises d’épilepsie il avait été ainsi établi un lien de nature divine. Il a mis en place la théorie des 4 humeurs.

2- Moyen Âge :

•   Les malades les plus dangereux sont emprisonnés.

•   L’exorcisme et la sorcellerie sont mis à contribution, Des « traitements » fantaisistes fleurissent comme par exemple l’extraction de la pierre de la folie.

•   Dans certaines situations en cas d’échec c’est le bûcher pour sorcellerie qui est appliqué (une forme de peine de mort consistant à brûler un condamné).

3- La Renaissance

•   Les médecins Jean Wier et Juan Luis Vives s’insurgent contre la pratique du bûcher pour les fous. Ils estiment que ces derniers doivent être traités avec bienveillance et qu’il y a espoir de guérison.

•   La folie passe du surnaturel au rang de maladie.

4- Fin du XVIIIe siècle

•   Après la Révolution de 1789 les fous sortent des prisons pour les asiles d’aliénés. Le rôle du personnel se réduit cependant trop souvent à celui des gardiens.

•   Philippe Pinel, nommé médecin-chef de la Salpêtrière en 1795 et Jean-Baptiste Pussin, son surveillant, décident de retirer leurs chaînes aux fous après avoir constaté que certains le sont par période et d’autres continuellement. Ils entreprennent de classer les maladies mentales en catégories selon leurs signes cliniques, leur continuité ou discontinuité, les crises de folie, etc. La psychiatrie est née.

5- XIXe siècle

•   En 1820 Jean-Etienne Esquirol reprend les idées de Pinel son prédécesseur pour donner naissance à la réglementation psychiatrique internement : le placement d’office (PO) et le placement volontaire. Il s’agit d’une loi de protection de la société.

•   Les traitements curatifs sont peu nombreux. Des méthodes comme la saignée, l’utilisation de purgatifs, sédatifs (type mure de potassium, vomitifs ou de l’eau (notamment la balnéothérapie) pour ses vertus relaxantes (techniques relevant de la théorie des humeurs) côtoient des méthodes barbares (comme faire frôler la mort au malade pour provoquer un état de choc).

•   Les malades, le personnel, les médecins vivent ensemble à l’intérieur des murs. Les sorties sont rares et les malades sont souvent internés à vie car la guérison est rare (5%).

•   Jean-Martin Charcot déclare suite à ses études sur l’aphasie, le sommeil et l’hystérie, que pour certaines maladies mentales, il n’y a aucune lésion organique. Il invente alors le concept de lésion dynamique fonctionnelle. Puis, il se prononce en faveur d’une étiologie psychique des maladies mentales.

•   Sigmund Freud, alors jeune médecin, assisteaux représentations de Charcot. C’est à la suite de ceci qu’il étudiera l’effet de pratiques comme l’hypnose sur les malades et, n’étant pas satisfait par cette méthode, décide d’écouter et de faire parler les personnes atteintes de pathologies mentales. Il crée ainsi la psychanalyse.

6- XXe siècle

En 1937, en France, le terme d’« asile » disparait de la terminologie officielle pour être remplacé par celui d’« hôpital psychiatrique ».

Pratique de la lobotomie (aussi appelée leucotomie), opération chirurgicale du cerveau qui consiste en une section ou une altération de la substance blanche d’un lobe cérébral, est formalisée en 1935 par les neurologues portugais Egas Moniz et Almeida Lima de l’Université de Lisbonne, ce qui leur vaut un Prix Nobel en 1949.

La lobotomie est alors utilisée pour traiter les maladies mentales, la schizophrénie, l’épilepsie et même les maux de tête chroniques. Dès les années 1950, de sérieux doutes concernant cette pratique commencent à se faire entendre et avec la découverte des produits neuroactifs plus efficaces et moins dangereux (les neuroleptiques), cette pratique décline dès les années 60.

D’autres traitements sont utilisés, comme la sismothérapie qui n’est plus utilisée aujourd’hui que dans des conditions rigoureuses lors de cas très précis (accès mélancolique grave ou schizophrénie résistant aux traitements médicamenteux).

En 1952, Henri Laborit observe par hasard que le largactil a des propriétés myorelaxantes et le propose en psychiatrie pour calmer les agités. C’est l’arrivée des neuroleptiques qui révolutionnent la psychiatrie .Jean Delay et Pierre Deniker envisagent une resocialisation pour des milliers d’internés. Roland Kuhn, psychiatre suisse, découvre le premier antidépresseur (imipramine).

7- XXIe siècle

La psychiatrie est toujours en pleine évolution et doit faire face aux nouveaux maux de la société.

Développement de la psychopharmacologie et des neurosciences.

Recherches dans le domaine de la génétiques

Développement de nouvelles techniques de psychothérapies.

IV- Classification des maladies mentales :

1- Classification internationale des maladies CIM-10

F0 : Troubles mentaux organiques, y compris les troubles symptomatiques

F1 : Troubles mentaux et du comportement liés à l’utilisation de substances psycho-actives

F2 : Schizophrénie, troubles schizotypiques et troubles délirants

F3 : Troubles de l’humeur (affectifs)

F4 : Troubles névrotiques, troubles liés à des facteurs de stress et troubles somatoformes

F5 : Syndromes comportementaux associés à des perturbations physiologiques et à des facteurs physiques

F6 : Troubles de la personnalité et du comportement chez l’adulte

F7 : Retard mental

F8 : Troubles du développement psychologique

F9 : Troubles du comportement et troubles émotionnels apparaissant habituellement durant l’enfance et l’adolescence

Plus un groupe sans autre indication

2- Le manuel diagnostique et statistique des troubles mentaux (DSM-IV), créé par l’Association américaine de psychiatrie (AAP)

 

Groupe DSM

Exemples

Trouble habituellement diagnostiqué durant la petite enfance, la deuxième enfance ou l’adolescence. Des troubles tels que le TDA et l’épilepsie sont également désigné comme des troubles du développement et handicaps développementaux. Retard mental
Délire, démence, amnésie et autres troubles cognitifs Maladie d’Alzheimer
Trouble mental généralement due à une condition médicale Psychose liées au SIDA
Trouble liée aux substances Alcoolisme
Schizophrénie et autres troubles psychotiques Trouble délirant
Troubles de l’humeur Dépression, trouble bipolaire
Troubles anxieux Anxiété généralisée
Troubles somatoformes Trouble de somatisation
Pathomimies Syndrome de Münchausen
Troubles dissociatifs Trouble dissociatif de l’identité
Troubles de l’identité et sexuels Dyspareunie, Troubles de l’identité sexuelle
Trouble des conduites alimentaires Anorexie mentale, boulimie
Troubles du sommeil Insomnie
Troubles des habitudes et des impulsions classifiés nulle part ailleurs Cleptomanie
Troubles de l’adaptation Trouble de l’adaptation
Troubles de la personnalité Trouble de la personnalité narcissique
Autres conditions qui peuvent retenir une attention médicale Dyskinésie tardive, maltraitance sur mineur

Vaccins grippe A porcine (H1N1) et risque de narcolepsie

Le vaccin contre la grippe A porcine (H1N1) est lié à un risque de développer la narcolepsie multiplié jusque par 5  chez les moins de 19 ans et par 3.5 chez les plus de 19 ans selon l’ Agence nationale de Sécurité des Médicaments (ANSM) sur la base des études européennes VAESCO et l’étude française NarcoFlu-VF.

La narcolepsie, ou maladie de Gélineau, est un trouble du sommeil chronique, ou dyssomnie, caractérisée par un temps de sommeil excessif durant lequel un individu ressent une extrême fatigue et peut possiblement s’endormir durant un temps mal-adapté, comme au travail ou à l’école. Les narcoleptiques souffrent habituellement de troubles nocturnes du sommeil et d’un temps de sommeil anormal, qui prête à confusion avec l’insomnie. Lorsqu’un narcoleptique s’endort, il fait généralement l’expérience d’un sommeil paradoxal durant une dizaine de minutes ; alors que la vaste majorité des individus n’atteignent le sommeil paradoxal qu’après 90 minutes.

Un autre problème surgissant chez les narcoleptiques est la cataplexie, une faiblesse musculaire soudaine ressentie lors d’une période d’émotions fortes1. Ces émotions se manifestent souvent par des faiblesses musculaires allant d’un relâchement des muscles faciaux à peine perceptible à l’abandon de la mâchoire ou de la tête, une faiblesse au niveau des genoux, ou un effondrement total. Habituellement, le langage et la vision sont troublés (double vision, incapacité à se concentrer), mais l’ouïe et la conscience restent normales. Dans de rares cas, le corps entier peut se paralyser et les muscles devenir raides.

La narcolepsie est un trouble neurologique du sommeil. Elle n’est ni causée par un trouble mental, ni par des problèmes psychologiques. La cause proviendrait d’anomalies génétiques affectant les facteurs biologiques spécifiques cérébraux.

En août 2010, plusieurs cas de narcolepsie ont été signalés en Finlande et en Suède, chez des personnes ayant été vaccinées contre la grippe A (H1N1) avec Pandemrix®, seul vaccin utilisé dans ces pays durant la campagne de vaccination pandémique 2009-2010.

L’Agence européenne des médicaments (EMA) a immédiatement engagé une réévaluation du bénéfice/risque du vaccin Pandemrix®. Elle a conclu, en juillet 2011, que le bénéfice du vaccin restait supérieur au risque.

En parallèle, des investigations épidémiologiques ont été menées. Les premiers résultats de l’étude européenne multicentrique « VAESCO* » financée par le Centre Européen de Prévention et de Contrôle des Maladies (ECDC) sont en faveur d’une association entre vaccination et narcolepsie chez les enfants et les adolescents dans les deux pays lanceurs d’alerte (Finlande et Suède). Dans les autres pays participant à l’étude VAESCO, aucune association n’a été retrouvée quelle que soit la tranche d’âge, à l’exception d’une augmentation du risque de narcolepsie chez l’adulte, à partir de l’analyse des données françaises de cette étude européenne.

Par ailleurs, dans l’étude cas-témoins menée spécifiquement en France (étude NarcoFlu-VF), une association significative est apparue, aussi bien chez les adultes que chez les enfants et les adolescents.

Pour plus d’informations : Etude NarcoFlu-VF (NarcoFlu VAESCO-France) : Grippe, vaccination antigrippale et narcolepsie : contribution française à l’étude cas-témoins européenne. Août 2012. (20/09/2012) application/pdf (1854 ko)