Troubles de l’humeur

Épisodes dépressifs

Episode Maniaque

Troubles bipolaires ou psychose maniaco-dépressive

Traitement des troubles de l’humeur

Episodes dépressifs

1- Epidémiologie :

  • Les troubles dépressifs sont au 3ème rang des troubles mentaux après les troubles phobiques et l’alcoolisme.
  • La prévalence ponctuelle de la symptomatologie dépressive se situe entre 10 et 20% dans la population générale.
  • L’épisode dépressif majeur (EDM) tel qu’il est défini   dans les classifications internationales a une prévalence de 3% sur 6 mois, de 4 à 5% sur 1 an (Hommes : 3% ; Femmes : 6%), et de 12% sur vie entière (Hommes : 10% ; Femmes : 22%)

2- Clinique :

A- Mode de début :

L’accès se constitue de façon progressive, marquant une nette différence avec l’état antérieur du sujet.  Les  premiers symptômes à se préciser sont souvent un sentiment    d’incapacité et de dépréciation, une indécision croissante, une péjoration de l’avenir.

B- Phase d’état :

Présentation :

  • Le visage est souvent figé, grave arborant parfois un Oméga mélancolique dessiné par les plis du front dans les formes sévères.
  • Le malade est immobile, ralenti avec une activité spontanée minimale.
  • Le discours est lent, les réponses se faisant attendre, et le ton est classiquement monotone et monocorde.

Humeur dépressive :

  • La tristesse envahit entièrement le champ de la conscience et l’ensemble du comportement. Elle est permanente, insensible au réconfort de l’entourage et résistante à toute tentative de raisonnement extérieur.
  • La  douleur morale ou « hyperthymie douloureuse » favorise les sentiments d’incapacité et  de dépréciation personnelle, la conviction d’incurabilité (mélancolie) et la péjoration de l’avenir.

Inhibition et ralentissement intellectuel

  • L’inhibition intellectuelle est caractérisée par une lenteur idéatoire ou bradypsychie et un appauvrissement. Elle entraîne des troubles de la mémorisation et de la concentration. La diminution du flux verbal associée peut aller jusqu’à un quasi-mutisme. A noter que chez le sujet âgé, ces troubles peuvent prendre l’allure d’un véritable état démentiel.
  • L’inhibition de la volonté ou aboulie, associée à une perte de la capacité à ressentir du plaisir ou anhédonie qui peut s’étendre du simple émoussement émotionnel à une « anesthésie des sentiments ».

Idéation suicidaire ou équivalents suicidaires

  • La péjoration de l’avenir, la perte d’espoir (incurabilité) peuvent favoriser un geste suicidaire impulsif lors   d’un  raptus   anxieux    ou  froidement    préparé.   Ces idées suicidaires existent chez près de 80% des patients dépressifs à un moment ou l’autre de leur évolution.
  • Le refus alimentaire apparaît comme une marque d’opposition à sa propre survie par le patient. Des conduites à risque, des conduites toxicomaniaques massives et d’autres comportements peuvent être perçus comme des équivalents suicidaires.

Symptômes somatiques

  • Les troubles du sommeil : constants avec une prédominance en deuxième partie de nuit (parfois être totale) avec réveil matinal précoce. Le sommeil n’est pas réparateur. Parfois, il peut s’agir à l’inverse d’une hypersomnie non réparatrice. Ces troubles sont souvent couplés à une clinophilie diurne.
  • Les troubles alimentaires : on retrouve des conduites anorexiques avec   amaigrissement ou à l’opposée des conduites boulimiques avec prise de poids, hyperphagie.
  • Les troubles sexuels : il est noté de façon constante une baisse importante de la libido, baisse du désir qui s’intègre dans la perte globale d’intérêt. La frigidité chez la femme et   l’impuissance chez l’homme renforcent le sentiment de dévalorisation et de culpabilité.
  • Enfin, il est possible de rencontrer une aménorrhée, des troubles neuro-végétatifs. 

3- Formes cliniques :

A- Les dépressions mélancoliques :

  • Mélancolie anxieuse ou agitée : Les signes d’anxiété sont au premier plan
  • Mélancolie confuse ou pseudo-démentielle
  • Mélancolie stuporeuse : patient figé, se tenant immobile. La mimique est souvent évocatrice de l’immense douleur morale sous-jacente.
  • Mélancolie délirante : Les thèmes classiques de la dépression sont les idées d’indignité, de   culpabilité, de deuil et de ruine, et enfin les idées hypochondriaques.

B- Dépression masquée :

Le sujet exprime ses affects dépressifs en termes de plaintes physiques :

- Insomnie et fatigue au premier plan       

- Sphère digestive : anorexie, gastralgies, constipations …       

- Sphère cardio-respiratoire : précordialgies, oppression thoracique, dyspnées…       

- Des douleurs atypiques et persistantes : céphalées, lombalgies…  

C- Dépression saisonnière :

Les troubles se répètent à une période précise de l’année : automne et hiver (++)  On retrouve une asthénie, une hypersomnie et une appétence particulière pour le sucre.

La photothérapie peut en constituer le traitement.

4- Etiologies des dépressions :

A- Causes psychiatriques ou psychologiques:

  • La perte de l’objet : deuil,   séparation,   perte…
  • La décompensation d’une personnalité pathologique : Certains traits psychologiques peuvent favoriser la survenue d’états dépressifs : faible estime de soi, faible tolérance aux frustrations, labilité émotionnelle excessive. Certaines personnalités sont également plus favorables à la survenue  de troubles dépressifs lors de décompensations : personnalité dépendante, personnalités anxieuse, obsessionnelle …
  • Les évènements de vie traumatiques : C’est surtout la répétition d’évènements de vie   traumatiques qui est déterminante dans la survenue de dépressions plutôt que la teneur de l’événement lui-même. Les  évènements peuvent être négatifs (séparation, perte d’emploi,    difficultés financières, rupture…) ou positifs (naissances, mariage, promotion professionnelle…)

B- Maladies organiques qui peuvent donner une dépression :

  • Affections cérébrales organiques
  • Maladie de Parkinson, tumeurs cérébrales, insuffisance circulatoire, les démences, les traumatisés crâniens, certaines épilepsies.
  • Endocrinopathies
  • Maladie de Cushing et maladie d’Addison, les dysthyroïdies
  • Affections générales
  • Tuberculose, cancer des voies digestives (cancer du pancréas++), les hémopathies, les  collagénoses, mononucléose, les cardiopathies (troubles du rythme+)…

C- Médicaments qui peuvent donner une dépression :

  • Neuroleptiques
  • Antihypertenseurs centraux
  • Oestro-progestatifs
  • Glucocorticoïdes
  • Isoniazide (Rimifon*), Interféron a, Bactrim*

5- Evolution de la dépression :

L’évolution naturelle d’un épisode dépressif majeur se fait spontanément vers la guérison en 6 mois.

Sous anti-dépresseurs, cette durée est ramenée à moins d’un mois (entre 2 et 4 semaines).

 

Episode Maniaque

 

1- Introduction – définition :

Il s’agit d’un état d’excitation de l’humeur caractérisé par une augmentation quantitative des activités physiques et psychiques du sujet ainsi que des troubles somatiques consécutifs à l’agitation motrice. On retrouve associé sur le plan clinique :

  • Une exaltation de l’humeur à tonalité euphorique ;
  • Une accélération des processus psychiques avec fuite des idées ;
  • Une hyperactivité désordonnée ;
  • Des désordres somatiques (sommeil…)

2- Clinique :

A- Phase de début :

  • Elle peut être brutale ou progressive, le sujet se sentant envahi par un sentiment d’euphorie et de facilité.
  • L’insomnie (diminution progressive de la durée du sommeil sans fatigue ressentie) est souvent le premier symptôme révélateur de l’épisode.
  • Actes médico-légaux : Ils sont favorisés par l’irritabilité et le débordement pulsionnel des patients, et peut être de nature sexuelle (par désinhibition), hétéroagressive (sentiment     de toute puissance), comportementale (scandale sur la voie publique, attentat à la pudeur…) ou financier (dépenses inconsidérées).

B- Phase d’état :

Présentation

L’observation du patient en psychiatrie nous rapporte souvent une grande quantité d’informations toujours utiles au diagnostic, notamment chez le sujet en phase maniaque. Il se présente le visage animé, la physionomie expressive, hypermimique.

Sa tenue vestimentaire est  souvent débraillée, très voyante alors que sa chambre est en grand désordre. Le ton est haut, le sujet particulièrement à l’aise, plaisante. Il tient difficilement en place, ce qui rend l’entretien particulièrement difficile.

Troubles de l’humeur et de la vie instinctuelle

Exaltation euphorique de l’humeur

Principal élément de l’accès maniaque, elle correspond à un sujet éprouvant une acuité et un plaisir inhabituel. Le patient se sent en pleine forme, infatigable, avec une impression permanente de familiarité à l’égard des autres et des choses. Il projette une multitude de choses, grandioses, se sentant capables de réussir l’impossible. Toute remarque ou tentative   de raisonnement extérieur est balayée.

Débordement instinctuel

Levée de l’inhibition à la fois morale et sociale avec excitation érotique, relâchement du langage (insultes…) 

Troubles de l’idéation

Fuite des idées

Le  sujet se montre logorrhéique, avec souvent une graphorrhée associée. Le malade passe d’une idée à l’autre sans lien apparent (coq à l’âne). L’attention s’éparpille, il coexiste des   troubles de la concentration avec distractibilité importante. Il existe également une hypermnésie superficielle, une imagination débordante soulignant l’exaltation psychique du maniaque.

Idées mégalomaniaques :

Elles correspondent à une augmentation nette de l’estime de soi voire à des idées de grandeur pouvant aller jusqu’à une véritable organisation délirante mégalomaniaque, on     parle alors de manie délirante pouvant comporter des thèmes mystiques, des thèmes érotomaniaques, de persécution ou de revendication.

Troubles de l’activité

L’hyperactivité psychique est associée à une hyperactivité motrice (excitation psycho-motrice) se manifestant par des démarchez incessantes, des achats inconsidérés, une   multitude d’actes divers.  L’agitation est toujours présente et a un caractère ludique. En effet, le patient en phase maniaque aime se grimer, jouer des rôles, s’exhiber.

Dans certaines formes particulièrement sévères, il peut apparaître une véritable fureur maniaque avec une redoutable brutalité destructrice, une insomnie complète, refus de s’alimenter…

Symptômes somatiques

Insomnie : Elle est constante, précoce, Malgré sa présence, le patient est infatigable.

Amaigrissement : Il est très fréquent durant l’accès et se normalise à la fin de celui-ci

Autres signes

Aménorrhée, augmentation des sécrétions (sueur, salivation) tachycardie modérée.

3- Evolution :

L’évolution spontanée se fait vers la guérison en 6 mois.

Le traitement chimiothérapique apporte une très nette diminution de la durée des accès : deux mois en moyenne. 

4- Formes cliniques :

Hypomanie : Il s’agit d’une forme mineure de l’accès maniaque, en reprenant la symptomatologie de façon atténuée.

Manie délirante : Il existe dans cette forme de manie des manifestations psychotiques.

Forme suraiguë ou fureur maniaque : Le ludisme est remplacé par l’agressivité. Le sujet    peut se montrer d’une extrême violence nécessitant souvent le recours à un placement d’office en institution psychiatrique (risque médico-légal majeur). 

5- Diagnostic différentiel :

Les états maniaques secondaires :

  • Médicaments : Corticoïdes, isoniazides, antidépresseurs…
  • Toxiques : Alcool, haschisch, cocaïne, substances hallucinogènes, amphétamines…
  • Pathologies organiques : Syphilis, démences, syndromes frontaux, encéphalites VIH, maladie de Basedow et de Cushing

Etats délirants aigus :

  • Confusion mentale agitée
  • Bouffée délirante aiguë

Troubles psychotiques chroniques :

  • Schizophrénie dysthymique  

 

Troubles bipolaires ou psychose maniaco-dépressive 

 

I- Introduction :

Depuis leur individuation, de nombreuses subdivisions ont été proposées dans ce que l’on nomme le spectre des maladies bipolaires.

II- Classification des troubles bipolaires :

1- Trouble unipolaire :

Il s’agit de formes dépressives strictes récurrentes (entrecoupé de périodes de rémission complète) avec absence d’épisodes maniaque ou hypomaniaque.

2- Troubles bipolaires :

Troubles bipolaires de type I :

Ils comprennent au moins 1 épisode maniaque (associé ou non a des épisodes dépressifs)

Troubles bipolaires de type II :

Ils  sont caractérisés par la survenue d’épisodes hypomaniaques et dépressifs séparés par un intervalle de temps libre.

Troubles bipolaires de type III :

Il s’agit de manies ou hypomanies d’origine pharmacologique (rôle majeur des antidépresseurs et notamment des tricycliques) sans déclenchement spontané.

III- Epidémiologie :

Troubles unipolaires 5 %

Troubles bipolaires 1 %

IV- Evolution de la maladie :

L’évolution de la maladie bipolaire est frappée par son irrégularité.

1- Début :

Il est le plus souvent brusque parfois favorisé par un facteur déclenchant. Il est plus précoce dans les formes bipolaires.

Dans les formes unipolaires, l’âge moyen de début se situe vers 45 ans.

2- Nombre des épisodes :

La fréquence des accès mélancoliques a tendance  à augmenter avec l’âge. Mais il existe de grandes variations d’un sujet à l’autre. L’évolution est généralement plus sévère pour les   formes bipolaires 

3- Durée des cycles :

Elle a tendance à raccourcir d’épisode en épisodes. En effet, avec l’âge, les périodes de rémission se réduisent.

Traitement des troubles de l’humeur 

I- Traitement de l’épisode dépressif :

1- Hospitalisation :

S’impose surtout dans les formes sévères ou en cas de risque de passage à l’acte suicidaire.

2- Chimiothérapie :

a- Les antidépresseurs :

Traitement de fond de la dépression

Nécessite 3 à 4 semaines pour être complètement efficace sur les symptômes dépressifs.

Exemples : antidépresseurs tricycliques (anafranil, laroxyl), ISRS (Deroxat, Prozac, Zoloft)

La durée du traitement est au minimum 6 mois

b- Anxiolytiques :

Pour réduire l’anxiété et corriger l’insomnie.

Durée de traitement 4 semaines au maximum.

3- Psychothérapies

II- Traitement de l’épisode maniaque :

1- Hospitalisation :

Souvent nécessaire vu l’importance des troubles du comportement.

2- Chimiothérapie :

Neuroleptiques sédatifs

Neuroleptiques incisifs : en cas de manie délirante

Thymorégulateur (exemple Tegretol)

3- Psychothérapie

III- Traitement du trouble bipolaire

Une fois l’épisode maniaque ou l’épisode dépressif résolu on prescrit un thymorégulateur à vie pour prévention des rechutes.

IV- Traitement du trouble unipolaire

Une fois l’épisode dépressif résolu on prescrit un antidépresseur à vie a une dose minimale pour prévenir les rechutes.

Schizophrénies

I- Définition de la schizophrénie

II- Epidémiologie de la schizophrénie

III- Etiopathogénie de la schizophrénie

IV- Modes de début de la schizophrénie

V- Clinique de la schizophrénie

VI- Formes cliniques de la schizophrénie

VII- Complications de la schizophrénie

VIII- Evolution de la schizophrénie

IX- Traitement de la schizophrénie

I- Définition de la schizophrénie :

La schizophrénie est une maladie mentale qui se développe généralement au début de l’âge adulte.

C’est une psychose chronique.

Le terme de « schizophrénie » provient du grec (schizein), signifiant fractionnement, et (phrèn) désignant l’esprit.

La schizophrénie se manifeste cliniquement, dans sa forme typique, par un syndrome dissociatif, un syndrome délirant et un syndrome autistique.

II- Epidémiologie de la schizophrénie :

La schizophrénie existe dans toutes les cultures, toutes les races, toutes les civilisations.

Sa fréquence dans la population est de 1%

La maladie se déclare précocement, dans la plupart des cas entre 15 et 35 ans et se répartit de faàon égale entre les deux sexes (Sex-ratio est égale a 1).

III- Etiopathogénie de la schizophrénie :

1- Facteurs génétiques :

  • La fréquence de la schizophrénie dans la population générale est de 1%
  • Si un des deux parents est schizophrène le risque augmente à 10%
  • Si les deux parents sont schizophrènes le risque augmente à 40%
  • Si un frère est schizophrène le risque est de 10%
  • Chez les vrais jumeaux le risque est de 50%

2- Facteurs biologiques :

  • Dans la schizophrénie on note une perturbation au niveau des neurotransmetteurs cérébral
  • Il y a surtout une hypersécrétion dopaminergique 

3- Facteurs psychologiques :

  • Problème de communications au sein de la famille.
  • Père qui est absent ou effacé
  • Une mère dominatrice, agressive ou au contraire hyper protectrice

IV- Modes de début de la schizophrénie :

Le mode de début dans la schizophrénie peut être soit:

  • Brutal
  • Insidieux et progressif

1- Mode de début brutal :

  • Bouffée délirante aigue
  • État maniaque ou état dépressif atypique
  • Un passage a l’acte inopiné (tentative de suicide, agression, trouble a l’ordre public, …)

2- Mode de début progressif :

  • Une baisse de rendement intellectuel ; fléchissement scolaire
  • L’abandon d’un emploi ;
  • La modification du caractère : tendance à l’isolement, hostilité envers le milieu familial ;
  • Le renoncement aux activités de loisir sans justificatif ;
  • Intéressement des choses marginales : magie; …
  • L’apparition de troubles d’allure névrotique : anxiété, angoisse floue ;
  • Une symptomatologie obsessionnelle : sujet assiégé de doutes ;
  • Une symptomatologie hystérique ;
  • Une dysmorphophobie.

V- Clinique de la schizophrénie :

La clinique de la schizophrénie comprend:

  • Un syndrome dissociatif
  • Un syndrome délirant
  • Un syndrome autistique 

1- Le syndrome dissociatif :

Dysfonctionnement brutal ou progressif de la vie psychique qui donne au comportement du sujet une tonalité étrange, bizarre, on distingue :

  • Le syndrome dissociative au niveau de la sphère intellectuel
  • Le syndrome dissociatif au niveau de la sphère affective
  • Le syndrome dissociative au niveau de la sphère motrice

A- Dissociation au niveau de la sphère intellectuelle : se manifeste par :

Troubles du cours de la pensée:

  • Barrages : interruption brutale au milieu d’une phrase (quelques secondes) et le sujet va repartir.
  • « Fading mental » : équivalant à minima (moins intense) du barrage, se traduisant par un ralentissement du débit verbal et du son puis cela repart (la pensée se ralentit).
  • Il y a un trouble des associations (le patient a du mal à passer d’une idée à l’autre). Il a une impression d’appauvrissement ou de pseudo-débilité.

Troubles du contenu de la pensée :

  • Appauvrissement des idées.
  • Altération du système logique (propos hermétiques, parfois incompréhensibles, illogiques ; explications pseudo-logiques : rationalisme morbide ; pensée abstraite, floue).
  • Altération des capacités d’abstraction (difficultés à expliquer des proverbes, interprétation des propos au premier degré).

Troubles du langage:

  • Maniérisme.
  • Invention de mots (néologismes).
  • Usage de mots inappropriés au contexte (paralogisme).

B- Dissociation au niveau de la sphère affective : se manifeste par :

  • Ambivalence: coexistence simultanée de sentiments contraires.
  • Émoussement affectif: froideur du contact, indifférence, insensibilité aux réactions d’autrui
  • Perte de l’élan vital : désintérêt, inertie, perte de la motivation (athymhormie).
  • Parfois négativisme (refus du contact).

C- Dissociation au niveau de la sphère motrice : se manifeste par :

  • Maniérisme gestuel
  • Sourires immotivés
  • Négativisme ou comportement d’opposition
  • Décharges motrices imprévisibles ou impulsions paradoxales (gestes violents, cris …)

2- Le syndrome délirant :

Le délire dans la schizophrénie est un délire paranoide.

Délire non structuré, hermétique, flou, bizarre.

Mécanismes :

On peut voir tous les mécanismes, surtout des hallucinations auditives parfois précédées d’hallucinations intra-psychiques.

Thèmes :

Thèmes d’influence (fréquents).

Thèmes de référence : quand le sujet est convaincu que certains faits ont une signification seulement pour lui.

Thème de persécution (fréquent).

Chez les schizophrènes, les thèmes sont flous, multiples et variables dans le temps.

Structure du délire :

C’est un délire non structuré, désorganisé, flou et incohérent.

Adhésion au délire :

Elle est importante avec parfois même des passages à l’acte.

Automatisme mental

Le sujet croit que les personnes devinent ses idées ou volent ses pensées.

Il y a un écho de la pensée (pensée qui se répète comme un écho avec un commentaire).

Pensées ou actes imposés 

3- Syndrome autistique :

Repli sur soi se manifestant par :

un retrait social actif: isolement social, apragmatisme conduisant parfois à l’incurie (le sujet ne se lave plus, ne mange plus …)

le sujet est lointain, distant, son regard est ailleurs.

une pensée secrète, illogique, non subordonnée au principe de réalité

VI- Formes cliniques de la schizophrénie :

Paranoïde: la plus fréquente, prédominance du syndrome délirant

Hébéphrénique: 20%, prédominance du syndrome dissociatif

Catatonique: La désorganisation motrice prédomine et se produit par un aspect statufié ou catatonie.

Dysthymique: association avec trouble de l’humeur (manie et dépression)

Héboïdophrénique: association de schizophrnénie avec des conduites anti sociale

Simple: présence de tous les symtomes mais de façon atténuée.

VII- Complications de la schizophrénie :

Dépressions

Suicide

Conduites toxicomaniaques

Actes médico-légaux

VIII- Evolution de la schizophrénie :

Il s’agit d’une maladie chronique grave dont les symptômes s’améliorent généralement avec le traitement mais dont le risque de rechute reste élevé

Une rémission complète voire définitive des symptômes (environ 20 % des cas)

L’évolution peut également être plus défavorable, avec dans environ 20 % des cas, un tableau de schizophrénie déficitaire caractérisée par un émoussement affectif au premier plan, un retrait social et une mauvaise réponse au traitement neuroleptique.

IX- Traitement de la schizophrénie :

1- L’hospitalisation en milieu spécialisé

Elle est nécessaire pour réaliser l’évaluation initiale lors du premier épisode psychotique et faciliter la mise en route du traitement et, ensuite, lors des phases aiguës ou en cas de risque suicidaire. Au besoin, on aura recours à une hospitalisation à la demande d’un tiers en cas de refus du patient.

Exceptionnellement, il sera fait appel à ‘hospitalisation d’office (en cas de danger pour autrui).

2- Traitement pharmacologique:

Les neuroleptiques: dispositif central du traitement (neuroleptiques incisifs, neuroleptiques sédatifs)

Autres:

Antidépresseurs

Thymorégulateurs

3- La sismothérapie:

Elle peut être utilisée dans les formes catatoniques, parfois dans les formes à forte participation thymique, ou exceptionnellement, dans les formes résistantes ou encore en cas d’intolérance aux neuroleptiques.

4- Psychothérapies

Bouffée délirante aigue

I- Définition de la BDA

II- Epidémiologie de la BDA

III- Clinque de la BDA

IV- Diagnostic différentiel de la BDA

V- Traitement  de la BDA

I- Définition : 

« Un coup de tonnerre dans un ciel serein… »

La bouffée délirante aigue (BDA) est une psychose aigue (durée inférieure à 6 mois) caractérisée par l’apparition de façon brutale d’un délire transitoire riche par ses thèmes et mécanismes associé à des troubles de l’humeur et du comportement. 

II- Epidémiologie : 

Age : adulte jeune.

Sex-ratio: 2 femmes pour 1 homme.

Facteurs déclenchant :

Aucun facteur déclenchant

Prise de toxique : kif, cocaïne, LSD, amphétamine, ….

Traumatisme psychique : deuil, incarcération, persécution, ….

Bouffée délirante de la puerpéralité : survient juste après l’accouchement. 

III- Clinque : 

1- Début :

Début le plus souvent brutal : « coup de tonnerre dans un ciel serein ».

Parfois phase prodromique dans les semaines précédentes : insomnie troubles de comportement…

2- Phase délirante se constitue d’emblée :

Thèmes : multiples et variables (persécution ; grandeur ; possession ; Influence ; mystique…).

Mécanismes : polymorphes ; multiples et variables (interprétations ; intuitions ; hallucinations psychiques et psychosensorielles ; automatisme mental ; éléments imaginatifs.

Pas de systématisation (pas d’organisation).

Délire vécu avec intensité (conviction totale).

Sentiment de dépersonnalisation et de déréalisation.

Participation affective avec variations de l’humeur.

Angoisse.

Troubles du comportement.

Insomnie +/-complète habituelle. 

III- Diagnostic différentiel : 

Etats maniaques et mélancoliques

Confusion mentale

Epilepsie temporale

Schizophrénie. 

IV- Evolution : 

Le plus souvent favorable sous traitement en quelques semaines.

Laisse derrière elle un sentiment dépressif et une grande blessure narcissique.

40% de rémission complète, 40% de formes récidivantes, 20% évolution vers la schizophrénie. 

V- Traitement : 

La BDA est une urgence psychiatrique, la prise en charge comporte : 

1- Hospitalisation:

Le plus souvent nécessaire (parfois évitée lorsqu’il y a une bonne prise en charge familiale).

Difficile à faire admettre chez des patients qui ne se reconnaissent pas malade. 

2- Traitement médicamenteux :

Neuroleptiques incisif (action sur les délires) par voie parentérale pendant 3 à 4 jours exemple : haloperidol (Haldol) amp 5 mg, 2 à 3 fois par jour puis passage a la voie per os exemple : haloperidol goutte 2‰ 50 gouttes, 2 à 3 fois par jour.

Neuroleptique sédatif: exemple: levomepromazine (Nozinan) amp injectable 5 mg, comprimé à 25 et 100 mg En cas d’insomnie ou agitation psychomotrice. 

3- Sismothérapie :

Indiqué dans les formes résistantes au traitement médicamenteux. 

4- Psychothérapies : 

Doivent être proposées le plutôt possible.

Rassurer le malade, lui expliquer sa maladie et son traitement

ETATS DE STRESS POST-TRAUMATIQUE

I- Définition de l’état de stress post traumatique

II- Epidémiologie

III- Clinique de l’état de stress post traumatique

IV-  Complications, évolution, pronostic

V- Traitement de l’état de stress post traumatique

I- Définition : 

L’état de stress post traumatique est un trouble anxieux qui apparait suite à l’exposition à un évènement traumatique.

L’évènement traumatique menace ou atteint l’intégrité physique et/ou psychologique du patient et/ou de son entourage, exemples : accident grave, mort violente, viol, agression, maladie grave, guerre, attentat. 

II- Epidémiologie : 

La   prévalence est de 1% dans la  population générale; elle est beaucoup plus élevée dans des populations spécifiques (déportés etc..)  (1  à  14%   selon    les  études   mais jusqu’à 58% dans les populations à risques)

Il serait plus fréquent chez les femmes, la prédominance féminine est en partie expliquée par la plus grande exposition des femmes à certains traumatismes (viols etc..)

La   sévérité, la durée, la proximité de l’exposition du sujet à l’événement sont les facteurs   les plus importants dont dépend la probabilité du sujet à développer ce trouble. 

III- Clinique de l’état de stress post traumatique : 

Le tableau clinique apparaît parfois après un temps de latence variable, à la suite du traumatisme. Il comprend : 

1- Syndrome de répétition: 

des cauchemars récidivants

des reviviscences traumatiques ou flash back, souvenirs hallucinatoires

conduites défensives en lien avec le traumatisme, des décharges émotionnelles

des ruminations diurnes obsédantes

des réactions de sursaut avec hypersensibilité aux stimuli 

2- des symptômes non spécifiques :  

crises d’angoisse, une anxiété permanente

symptômes dépressifs avec tristesse de l’humeur, asthénie, anhédonie, détachement par rapport à l’entourage, parfois culpabilité (syndrome des survivants)

symptômes hystériques, phobiques, rarement obsessionnels 

3- Changement de personnalité : 

Dépendance affective, attitudes passives et infantiles, des revendications caractérielles de réparation et de considération. 

IV-  Complications, évolution, pronostic :  

L’association avec des antécédents psychiatriques est fréquente (62%), de même qu’avec des troubles des conduites, anorexie, boulimie, alcoolisme, toxicomanies. L’évolution peut également se faire vers des revendications sinistrosiques.   L’évolution est chronique. 47% des symptômes persistent au-delà de 12 mois d’évolution  L’intensité des symptômes est souvent corrélée à l’intensité du traumatisme subi, mais à l’inverse, une symptomatologie très marquée peut être en lien avec un traumatisme d’allure mineur. 

V- Traitement : 

Sa précocité est un gage de bonne évolution. 

1- Chimiothérapies :

Les antidépresseurs

Les anxiolytiques 

2- Psychothérapies :

Les thérapies cognitivo-comportementales

Psychothérapies expressives : Hypnose, Debriefing et Abréaction

Psychothérapies analytiques

LES TROUBLES PHOBIQUES : Agoraphobie, Phobie sociale et Phobie simple

I- Définition de la phobie

II- Caractéristiques clinique générales d’un symptôme phobique

III- Les différents troubles phobiques

1- Agoraphobie

2- Phobie sociale

3- Phobies simples

IV- Traitement des troubles phobiques

I- Définition :

La phobie correspond à une anxiété déclenchée par un objet, une situation ou une personne n’ayant pas en eux-mêmes de caractère objectivement dangereux et conduisant à un comportement d’évitement de ceux-ci.

Elle disparaît en dehors de l’objet, de la situation ou de la personne.

Une situation dite « phobogène » ne présente pas de caractère objectivement dangereux.

Les troubles phobiques sont séparés en trois groupes :  

•   Agoraphobie

•   Phobie sociale

•   Les phobies simples

II- Caractéristiques clinique générales d’un symptôme phobique :

Ces caractéristiques sont  communes à toutes les  phobies d’origine névrotique.

Crises d’angoisse uniquement suscitées par la présence réelle d’un l’objet ou d’une situation ne présentant pas objectivement de caractère dangereux.

Le patient a conscience du caractère morbide du trouble.

Il réalise des conduites visant à éviter l’angoisse :

•   conduites d’évitement de l’objet ou de la situation phobogène.

•   conduites de réassurance à l’aide de personnes ou d’objet « contraphobiques » permettant, en leur présence, d’affronter la situation phobique sans angoisse ;

•   conduites de fuite en avant, donnant lieu à un affrontement délibéré du danger redouté, à une attitude de bravade, de défi.

III- Les différents troubles phobiques :

1- Agoraphobie :

A- Définition :

Une anxiété liée au fait de se trouver dans des endroits ou des situations d’où il pourrait être difficile « ou gênant » de s’échapper ou dans lesquelles aucun secours ne pourrait être trouvé en cas de survenue d’une attaque de panique : rue, lieux publics, centres commerciaux, cinémas, théâtre, transports en communs.

B- Epidémiologie :

Elle débute entre 16 et 35 ans.

Elle prédomine chez la femme (80%).

La prévalence est comprise ente 8 et 20% en population générale.

Certains    facteurs   comme l’existence d’une forte angoisse de  séparation pendant    l’enfance ou de terreurs nocturnes prédisposeraient à son apparition.

On retrouve parfois des facteurs précipitants dans l’année d’éclosion du trouble : une   rupture sentimentale, une séparation, une maladie ou la perte d’un proche, un accident, une affection médicale personnelle.

C- Retentissement et évolution :

Le   retentissement social peut être important jusqu’au confinement au domicile.   L’agoraphobe réduit d’autant plus ses activités que ses peurs envahissent son existence.

On retrouve dans certaines agoraphobies des symptômes de phobie sociale.

Des symptômes non phobiques sont souvent observés conjointement : crises d’angoisse, attaques de panique, périodes dépressives, symptômes obsessionnels (rituels).

L’intensité des phobies   et   des   conduites   d’évitement   est   variable   chez   un   même   sujet au cours du temps.

L’évolution   est   variable,   souvent   marquée  par des périodes de rémission,   entrecoupées de crises d’angoisse. Il peut exister des résolutions spontanées. Une guérison est d’autant moins probable que le trouble est installé depuis longtemps.

2- Phobie sociale :

A- Définition :

Elle est définie comme la peur de se retrouver dans une situation où l’on se trouve exposé à l’attention particulière d’autrui et la peur d’agir,  en   conséquence de façon humiliante ou embarrassante.  

L’angoisse est liée au regard d’autrui et repose sur la crainte d’être jugé ou évalué de façon négative.  

On regroupe dans les phobies sociales la peur en public de :  

 • de parler ou écrire   • de répondre à des questions   • de passer des examens   • d’utiliser des toilettes publiques   • de manger, vomir ou ne plus avaler   • de transpirer   • de trembler, de rougir….  

Le sujet redoute toute situation où il risque d’être soumis à la critique. Son autodépréciation spontanée est constante. Cette peur peut gêner les   performances du sujet dans la situation redoutée venant justifier en apparence et dans un deuxième temps les craintes antérieures.  

Elles entraînent tout un cortège de stratégies d’évitement des situations redoutées et à l’extrême une agoraphobie.

B- Epidémiologie :

•   L’âge d’apparition est précoce 15 à 21 ans.

•   Contrairement aux autres troubles anxieux, le sexe ratio est égal à 1.

•   La prévalence varie entre 2 et 16% selon le seuil retenu.

•   La demande d’aide est tardive : après 7 à 20 ans d’évolution.

C- Evolution et complications :

Les mêmes complications que dans l’agoraphobie sont à craindre ; les tentatives de suicide seraient plus fréquentes.  L’évolution est plus continue que l’agoraphobie, les rémissions plus rares et le handicap important.  

L’évolution est habituellement sans rémission en l’absence de traitement.

3- Phobies simples :

Elles débutent entre 8 et 11 ans.  La prévalence est difficile à estimer en population générale mais elle atteindrait 8%.

Elles regroupent la crainte isolée :  

• du sang, des soins dentaires, de certains actes médicaux  • des animaux (les plus fréquentes)  • des hauteurs, des espaces clos  • des voyages en avion, en bateau  • de l’orage  • d’objets inanimés (couteaux, fourchettes)  

Les phobies simples ne sont pas accompagnées de crises d’angoisse spontanée, d’état anxieux ou de pensées obsessionnelles.  La peur du sang et des soins dentaires sont aussi très fréquentes et parfois avec des conséquences gravissimes. Le handicap sinon est le plus souvent limité.

IV- Traitement des troubles phobiques :

1 – Chimiothérapique :

a – Antidépresseurs :

La prescription d’antidépresseurs (tricycliques ou sérotoninergiques) peut être utile, notamment en cas de Trouble panique associé, lorsque le niveau d’anxiété de base est élevé, ou en cas de complication (dépression). Ils ont un effet préventif des attaques de panique.

-   Tricycliques : imipramine (Tofranil®) ; clomipramine (Anafranil®) ; amitriptyline (Laroxyl®) à une posologie moyenne 25-75 mg/j. L’efficacité est maximale à partir de 2-3 mois.

-   ISRS : Fluoxetine (Prozac®) à 10-20 mg/j, Paroxetine (Deroxat®) à 20 mg/j ; Sertaline (Zoloft®) à 25-50 mg/j ; citalopram (Seropram®) à 20-30 mg/j ; Venlafaxine (Effexor®) à 25-75 mg/j.

-   IMAO-A : Moclamine® : 150-450 mg/j

b – Les tranquillisants:

Ils ne sont pas à utiliser en première intention. Ils diminuent les manifestations anxieuses mais ne sont pas efficaces sur les conduites d’évitement. Leur emploi doit rester ponctuel : Benzodiazépines, Buspirone (Buspar®), Carbamates (Equanil®).

2 – Psychothérapique :

a – Thérapies cognitivo-comportementales :

* Désensibilisation systématique :

Le patient et le thérapeute établissent une liste hiérarchique des phobies. Le sujet imagine au cabinet du médecin les situations phobogènes selon une progression préétablie et apprend en même temps à se relaxer en y pensant sur un mode fictif.

* Exposition progressive « in-vivo » :

Dans cette technique, le patient est confronté progressivement aux stimuli dans la réalité.

* Technique d’immersion : « flooding » :

Le thérapeute apprend au patient à supporter, en sa présence, la confrontation à la situation phobogène maximum.

Le stimulus peut être imaginé ou d’emblée dans la réalité.

b – Autres psychothérapies

Les psychothérapies de soutien ou analytiques seront adaptées à chaque cas. Elles visent à la prise de conscience des représentations refoulées qui génèrent les phobies.

La névrose d’angoisse : Trouble panique et anxiété généralisée

LE TROUBLE PANIQUE

I- Epidémiologie

II- Clinique et définition

III- Diagnostic différentiel

IV- Complications, évolution, pronostic

V- Traitement

ANXIETE GENERALISEE

I- Définition de l’anxiété généralisée

III- Aspects cliniques de l’anxiété généralisée

IV- Diagnostic différentiel

V.  Complications, évolution, pronostic

VI- Traitement


LE TROUBLE PANIQUE

 

I- Epidémiologie :

–   Prévalence vie entière : environ 2 %.

–   Prédominance féminine : sexe ratio F/H : 1,5 à 2

–   Age d’apparition du trouble : 15-19 ans.

–   Facteurs de risques :

•   le trouble serait plus fréquent chez les sujets divorcés ou séparés.

•   Milieu socioculturel peu élevé.

•   Evénement de vie traumatique dans les semaines précédentes.

•   Antécédents familiaux d’attaques de paniques.

II- Clinique et définition :

1- Attaque de panique :

L’attaque de panique, ou crise d’angoisse aiguë, est une peur intense et soudaine survenant de façon brusque, inopinée, imprévisible. L’angoisse, d’une durée bien délimitée, est d’emblée maximum ou atteint son acmé en moins de 10 minutes.

Elle se manifeste par (clinique de l’attaque de panique):

a – Des manifestations psychiques et psychosensorielles:

-   un sentiment de panique, de peur intense avec désorganisation des processus de pensée.

-   la crainte de mourir, de devenir fou, d’avoir un malaise, de réaliser un acte incontrôlé ou une sensation de catastrophe imminente.

-   un sentiment de dépersonnalisation et/ou de déréalisation.

-   impression de modification de l’intensité lumineuse ou auditive.

-   paresthésies.

-   impression d’évanouissement, sensation d’instabilité.

-   Il convient de relever l’absence de symptômes confusionnels dont la présence remet le diagnostic en cause.

b – Des manifestations somatiques : « orage neurovégétatif ! »

-   cardio-vasculaires : tachycardie, palpitations, douleurs précordiales.

-   respiratoires : dyspnée, oppression thoracique, striction laryngée, sensation d’étouffement.

-   digestives : spasmes digestifs, nausées, vomissements, diarrhée.

-   autres : sueurs, pâleur, vertiges, bouffées vasomotrices, tremblements, brouillard visuel, pollakiurie.

c – Parfois, des manifestations comportementales marquées :

-   Agitation désordonnée, le comportement est désorganisé et l’unique désir du patient est d’échapper à cette expérience émotionnelle douloureuse. Le comportement est rarement théâtral comme retrouvé chez l’hystérique. Ainsi de violentes réactions de  fuite sont parfois observées, à la recherche d’un « lieu sécurisant ».

-   Ailleurs, ce peut être une inhibition voire une sidération. Au pire, un raptus suicidaire.

Elle cède après une durée variable, en général quelques minutes. Elle se termine progressivement ou brutalement, laissant place à une impression de fatigue intense et de soulagement, avec parfois une crise polyurique.

Moins d’un 1/3 des patients ayant fait une attaque de panique développera un trouble panique.

2- Le trouble panique : la peur d’avoir peur.

Il consiste en la répétition fréquente (crises hebdomadaires) et durable d’attaques de panique et/ou en la survenue d’une anxiété anticipatoire. L’anxiété anticipatoire peut apparaître après un nombre variable d’accès.  Il peut être associé ou non à une agoraphobie.

III- Diagnostic différentiel:

–   Les affections somatiques s’accompagnant de manifestations anxieuses : infarctus du              myocarde, OAP, embolie pulmonaire, pancréatite aiguë…Les hypoglycémies et  hyperthyroïdie sont rapidement éliminées par le bilan clinique et paraclinique.

–   Les recrudescences anxieuses des autres troubles névrotiques

–   L’angoisse psychotique

IV- Complications, évolution, pronostic :

–   La comorbidité avec les autres troubles anxieux et en particulier une agoraphobie est importante (1/3 à ½ des sujets).

–   L’évolution peut être également marquée par des syndromes dépressifs, des alcoolisations (15% des  sujets présentant des troubles anxieux) ou des toxicomanies médicamenteuses (benzodiazépines), des tentatives de suicide.

–   Après 6 à 10 ans de traitement, 30% des sujets sont asymptomatiques, 40% sont améliorés, 20 à 30% restent symptomatiques.

V- Traitement :

1 – De l’attaque de panique :

-   Attitude calme et compréhensive, éloigner l’entourage, rassurer le patient et effectuer un examen somatique qui pourra amener un début d’anxiolyse et permettra d’éliminer une cause organique.

-   Anxiolytique per os (benzodiazépine en particulier) : par exemple, Valium® 10 à 20 mg, Tranxene® 10 mg, Lexomil® 3 mg à renouveler éventuellement.

-   La voie IM est moins rapide que la voie PO (fixation aux protéines musculaires). Toutefois, elle offre l’avantage d’un effet placebo supplémentaire non négligeable : Valium®  10-20 mg, Tranxene®  20-50 mg.

-   Dans les cas sévères on peut utiliser un neuroleptique sédatif

2 – Du trouble panique :

a- Chimiothérapie :

Antidépresseurs :

-   ISRS : Fluoxetine (Prozac®) à 10-20 mg/j, Paroxetine (Deroxat®) à 20 mg/j ; Sertaline (Zoloft®) à 25 mg/j ; Venlafaxine (Effexor®) à 25-75 mg/j.

-   Tricycliques : clomipramine (Anafranil®) à une posologie moyenne variant de 50 à 300 mg/j.

-   Elle agira essentiellement sur la prévention de la récurrence des attaques de panique.

-   Elle a une durée de 6-12 mois. Elle sera progressivement diminuée jusqu’à l’arrêt.

Benzodiazépines :

-   A prescrire avec la plus grande prudence, le risque de dépendance étant ici majeur. L’association aux antidépresseurs est justifiée lorsqu’une action rapide sur l’angoisse est nécessaire.

-   Lysanxia 10 à 20 mg, Tranxene 10 à 20 mg, Lexomil 6 mg

b. Psychothérapies

–   Psychothérapies cognitivo-comportementales

–   Psychothérapies d’inspiration psychanalytiques

 

ANXIETE GENERALISEE

 

I- Définition de l’anxiété généralisée:

Elle se définie par l’existence d’un fond permanent d’anxiété presque tous les jours et persistant plusieurs mois. L’anxiété est flottante.

II- Epidémiologie de l’anxiété généralisée:

–   La prévalence de l’anxiété généralisée serait de l’ordre de 9% sur la vie entière.  Elle est plus fréquente chez la femme que chez l’homme avec un sexe ratio de 2,5.  

–   L’âge d’apparition est l’enfance et l’adolescence pour la moitié des patients. Un début après 20 ans n’est pas inhabituel.

–   Le rôle prédisposant d’événements de vie dramatiques ou d’une perte parentale précoce est souligné.

–   Des traits de personnalité dépendant sont fréquemment retrouvés.

III- Aspects cliniques de l’anxiété généralisée :  

L’anxiété    généralisée    s’exprime    comme     « la  peur  de  la  peur ».   On   y  observe   plusieurs   types   de symptômes :  

–   L’attente anxieuse d’une crise d’angoisse

–   Des ruminations pessimistes, une dramatisation intempestive, une anticipation des malheurs à venir pour le patient et pour ses proches

–   Une hyperesthésie sensorielle (intolérance aux bruits, des réactions de sursaut)

–   Une tension motrice, un état d’agitation

–   Des troubles neurovégétatifs : tachycardie, sécheresse buccale, nausées, pollakiurie)

–   Des troubles du sommeil et sexuels.

IV- Diagnostic différentiel  

Le diagnostic différentiel est identique à celui du trouble panique.

V.  Complications, évolution, pronostic  

Un comorbidité est retrouvée avec les autres troubles anxieux, la dépression ( 37% des cas) et autres troubles  de l’humeur. Des alcoolisations  (10%), des épisodes  de dépendance ou d’abus  de psychotropes,   d’autres   affections   liées   au   stress  (colon   irritable,   céphalées   etc..) peuvent également jalonner l’évolution.  L’évolution   est   en   général   chronique,   aggravée   par   les   périodes  de   stress.   La   dépendance   affective avec besoin de réassurance est fréquente.

VI- Traitement :

a- Chimiothérapie :

Antidépresseurs :

-   ISRS : Fluoxetine (Prozac®) à 10-20 mg/j, Paroxetine (Deroxat®) à 20 mg/j ; Sertaline (Zoloft®) à 25 mg/j ; Venlafaxine (Effexor®) à 25-75 mg/j.

-   Tricycliques : clomipramine (Anafranil®) à une posologie moyenne variant de 50 à 300 mg/j.

-   Elle agira essentiellement sur la prévention de la récurrence des attaques de panique.

-   Elle a une durée de 6-12 mois. Elle sera progressivement diminuée jusqu’à l’arrêt.

Benzodiazépines :

-   A prescrire avec la plus grande prudence, le risque de dépendance étant ici majeur. L’association aux antidépresseurs est justifiée lorsqu’une action rapide sur l’angoisse est nécessaire.

-   Lysanxia 10 à 20 mg, Tranxene 10 à 20 mg, Lexomil 6 mg

b. Psychothérapies

–   Psychothérapies cognitivo-comportementales

–   Psychothérapies d’inspiration psychanalytiques

Epidémiologie trouble anxiété généralisée

  • L’âge de début se fait vers l’enfance et l’adolescence « début d’âge moyen  se situe autour de vingtans ».
  • Le pic de fréquence se situe autour de trente ans.
  • La répartition selon le sexe est d’environ deux tiers de femmes pour un tiers d’hommes.
  • Le taux de prévalence dans la population générale est de 3% sur un ans et 5 % sur la vie.
  • Des études récentes de jumeaux suggèrent une contribution génétique dans l’apparition de ce trouble.
  • Elle est plus fréquente dans les populations de bas niveau éducatif et socio-économique. Les sujetsveufs, séparés ou divorcés y sont plus exposés.
  • Les facteurs de risque environnementaux sont des événements menaçants.

Attaque de panique

Historique des attaques de panique et trouble panique

Épidémiologie des attaques et trouble panique

Clinique de attaque de panique

Critères DSM IV R d’une attaque de panique

Diagnostics associés au trouble panique

Évolution des attaques et trouble panique

Diagnostic différentiel des attaques de panique

Etiopathogénie des attaques de panique

Prise en charge des attaques de panique

Trouble panique

Critères diagnostiques DSM IV R trouble panique

Trouble anxiété généralisée

Epidémiologie trouble anxiété généralisée

Clinique de l’anxiété généralisée

Critères diagnostiques DSM IV R trouble anxiété généralisée

Evolution du trouble anxiété généralisée

Diagnostic différentiel du trouble anxiété généralisée


Epidémiologie des attaques et trouble panique

  • La prévalence de la survenue d’attaque de panique dans une population générale est de 1.5 à 3 % Deux pics «  15 – 19 ans / 25 – 30 ans ».
  • Fréquente chez l’adulte jeune « 25 – 44 ans », exceptionnelle après 65 ans.
  • Il est difficile actuellement de discerner pourquoi certains individus auront un épisode sans lendemain et d’autres verront s’instaurer une symptomatologie chronique itérative.
  • Risque deux fois plus élevé  lorsque les parents sont atteints de trouble de panique.
  • Les femmes sont les plus atteintes que les hommes.
  • En population clinique non psychiatrique, les taux de prévalence se situent entre 10 et 30 % dans les pathologies vestibulaires, respiratoire et neurologique et sont aussi élevés que 60 % en pathologie cardiologique.
  • Environ  1/3 à la moitié des sujets ayant un diagnostic de trouble panique en population générale ont également une Agoraphobie.
  • Une caractéristique importante de ces patients est la demande de prise en charge beaucoup plus

Fréquente qu’au cours d’autres troubles névrotiques, expliquée par :

-  L’acuité des attaques de panique induisant une détresse importante.

-  Association fréquente à d’autres pathologies.

-  Association à des troubles dépressifs.

-  Association éventuelle à une dépendance alcoolique ou à d’autres substances.

  • 80 % des patients rapportent l’existence d’un événement péjoratif précédant leur première attaque depanique « deuil, séparation… ».
  • D’après Van Korff ; une séparation ou un divorce, faible niveau socio-éducatif semble augmenter lerisque d’apparition des troubles paniques.
  • Les conditions sociales, familiales et économiques :

-  La plus grande fréquence chez les personnes vivant seules.

-  Incidence défavorable du milieu urbain.

-  Faible niveau de scolarité.

  • Les études des jumeaux montrent l’existence d’un facteur génétique dans le développement destroubles.
  • Les apparentés biologiques de premier degré ont jusqu’à 08 fois plus de risque.

Attaque de panique

Historique des attaques de panique et trouble panique

Épidémiologie des attaques et trouble panique

Clinique de attaque de panique

Critères DSM IV R d’une attaque de panique

Diagnostics associés au trouble panique

Évolution des attaques et trouble panique

Diagnostic différentiel des attaques de panique

Etiopathogénie des attaques de panique

Prise en charge des attaques de panique

Trouble panique

Critères diagnostiques DSM IV R trouble panique

Trouble anxiété généralisée

Epidémiologie trouble anxiété généralisée

Clinique de l’anxiété généralisée

Critères diagnostiques DSM IV R trouble anxiété généralisée

Evolution du trouble anxiété généralisée

Diagnostic différentiel du trouble anxiété généralisée


Epidémiologie des encoprésies

  • L’encoprésie est plus rare que l’énurésie, à laquelle elle peut cependant être associée« dans 25 à 50 % des cas, en alternance ou de façon concomitante »
  • Ce symptôme concerne environ 3% des enfants de plus de 04 ans et 1.5% des enfant de 08ans.
  • Il est trois à quatre fois plus fréquent chez les garçons que chez les filles.

Troubles sphinctériens chez l’enfant

Rappel anatomo-physiologique controle sphinctérien

Enurésie

Epidémiologie de l’énurésie

Les symptômes de l’énurésie

Répartition dans le nycthémère

La fréquence des mictions

Associations de l’énurésie avec d’autres troubles

Critères diagnostiques DSM IV 4 R énurésie

Diagnostic différentiel de l’énurésie

Evolution de l’énurésie

Etiopathogénie de l’énurésie

Conduite à tenir devant une énurésie et traitement

Encoprésie

Epidémiologie des encoprésies

Les symptômes de l’encoprésie

Examen somatique encoprésie

Critères diagnostiques DSM IV R 4 encoprésie

Diagnostic différentiel encoprésie

Evolution / pronostic encoprésie

Etiopathogénie de l’encoprésie

Conduite à tenir devant une encoprésie

Constipation psychogène « Mégacôlon fonctionnel »

 

 


Epidémiologie de l’énurésie

  • Certaines études effectuées dans la population générale ont permis d’estimer qu’à l’âge de02 ans, 40 à 50 % des enfants avaient acquis le contrôle mictionnel.A l’âge de trois ans « 75 à 80 % ».A partir de quatre à cinq ans, environ 05 à 10 % des enfants sont énurétiques et ce pourcentage décroît avec l’âge environ 1% parmis les sujets âgés de 15 ans et plus.
  • L’énurésie est deux fois plus fréquente chez les garçons que chez les filles.
  • Environ 75% de tous les enfants atteints d’énurésie ont un apparenté biologique depremier degré qui a eu le trouble. Le risque est 05 fois plus élevé chez les enfants de parents ayant des antécédents d’énurésie.
  • Semble plus fréquente chez les enfants présentant un retard mental.
  • Fréquente chez les enfants issus d’un milieux socioculturel défavorisé.

Troubles sphinctériens chez l’enfant

Rappel anatomo-physiologique controle sphinctérien

Enurésie

Epidémiologie de l’énurésie

Les symptômes de l’énurésie

Répartition dans le nycthémère

La fréquence des mictions

Associations de l’énurésie avec d’autres troubles

Critères diagnostiques DSM IV 4 R énurésie

Diagnostic différentiel de l’énurésie

Evolution de l’énurésie

Etiopathogénie de l’énurésie

Conduite à tenir devant une énurésie et traitement

Encoprésie

Epidémiologie des encoprésies

Les symptômes de l’encoprésie

Examen somatique encoprésie

Critères diagnostiques DSM IV R 4 encoprésie

Diagnostic différentiel encoprésie

Evolution / pronostic encoprésie

Etiopathogénie de l’encoprésie

Conduite à tenir devant une encoprésie

Constipation psychogène « Mégacôlon fonctionnel »