Confusion mentale

I- Définition de la confusion mentale

II- Clinique et diagnostic de la confusion mentale

III- Etiologies de la confusion mentale

IV- Diagnostic différentiel

V- Evolution et pronostic

VI- Prise en charge

I- Définition de la confusion mentale :

Il s’agit d’un état aigu transitoire, réversible, associant  

•   Une obnubilation de la conscience

•   Une désorientation spatiale et temporelle

•   Un état de délire onirique

•   Des troubles somatiques

Traduisant un état de souffrance cérébrale dont l’étiologie est à repérer le plus rapidement possible afin de proposer une thérapeutique salvatrice. 

II- Clinique et diagnostic de la confusion mentale :

Les critères diagnostiques sont les suivants : 

Diminution de la capacité à maintenir l’attention envers les stimulations externes : par exemple, les questions doivent être répétées, car l’attention ne se fixe pas. Diminution également de la capacité à s’intéresser de façon appropriée à de nouvelles stimulations externes : le patient persévère à répondre à une question posée antérieurement ;

Désorganisation de la pensée, comme le montrent des propos décousus, inappropriés ou incohérents ;

Au moins deux des manifestations suivantes :

•   obnubilation de la conscience, par exemple difficultés à rester éveillé pendant l’examen ;

•   anomalies de la perception : erreurs d’interprétations, illusions ou hallucinations ;

•   perturbation du rythme veille sommeil, avec insomnie ou somnolence diurne ;

•   augmentation ou diminution de l’activité psychomotrice ;

•   désorientation temporo-spatiale, non reconnaissance des personnes de l’entourage ;

•   troubles mnésiques, par exemple impossibilité de retenir des éléments nouveaux comme une liste de plusieurs objets sans liens entre eux énoncés 5 minutes avant ou de se souvenir des faits passés, comme ceux caractérisant l’épisode pathologique en cours.

III- Etiologies de la confusion mentale :

•   Cause toxique : alcoolisme, drogues, surdosage médicamenteux, CO, plomb.

•   Cause neurologique : AVC, épilepsie, encéphalite, hématome cérébral.

•   Cause métabolique : diabète, acidocétose, hyponatrémie.

•   Causes infectieuses : typhoïde, Brucellose, syphilis, paludisme, sida, rickettsiose.

•   Insuffisance hépatique : cirrhose.

•   Avitaminose : manque de vitamine B et PP.

•   Insuffisance rénale.

•   Déshydratation.

•   Trouble hydroélectrolytique : hyponatrémie, hypocalcémie.

•   Pathologie thyroïdienne : hypothyroïdie, hyperthyroïdie. 

IV- Diagnostic différentiel : 

La bouffée délirante aigue.

Etat maniaque.

Mélancolie

Démence. 

V- Evolution et pronostic: 

Dépend de l’étiologie

VI- Prise en charge : 

1- Hospitalisation

2- Traitement symptomatique :

Soins généraux, chambre calme, éclairée et surveillée

Sédation de l’agitation par neuroleptiques

Réhydratation

3- Traitement étiologique

Bouffée délirante aigue

I- Définition de la BDA

II- Epidémiologie de la BDA

III- Clinque de la BDA

IV- Diagnostic différentiel de la BDA

V- Traitement  de la BDA

I- Définition : 

« Un coup de tonnerre dans un ciel serein… »

La bouffée délirante aigue (BDA) est une psychose aigue (durée inférieure à 6 mois) caractérisée par l’apparition de façon brutale d’un délire transitoire riche par ses thèmes et mécanismes associé à des troubles de l’humeur et du comportement. 

II- Epidémiologie : 

Age : adulte jeune.

Sex-ratio: 2 femmes pour 1 homme.

Facteurs déclenchant :

Aucun facteur déclenchant

Prise de toxique : kif, cocaïne, LSD, amphétamine, ….

Traumatisme psychique : deuil, incarcération, persécution, ….

Bouffée délirante de la puerpéralité : survient juste après l’accouchement. 

III- Clinque : 

1- Début :

Début le plus souvent brutal : « coup de tonnerre dans un ciel serein ».

Parfois phase prodromique dans les semaines précédentes : insomnie troubles de comportement…

2- Phase délirante se constitue d’emblée :

Thèmes : multiples et variables (persécution ; grandeur ; possession ; Influence ; mystique…).

Mécanismes : polymorphes ; multiples et variables (interprétations ; intuitions ; hallucinations psychiques et psychosensorielles ; automatisme mental ; éléments imaginatifs.

Pas de systématisation (pas d’organisation).

Délire vécu avec intensité (conviction totale).

Sentiment de dépersonnalisation et de déréalisation.

Participation affective avec variations de l’humeur.

Angoisse.

Troubles du comportement.

Insomnie +/-complète habituelle. 

III- Diagnostic différentiel : 

Etats maniaques et mélancoliques

Confusion mentale

Epilepsie temporale

Schizophrénie. 

IV- Evolution : 

Le plus souvent favorable sous traitement en quelques semaines.

Laisse derrière elle un sentiment dépressif et une grande blessure narcissique.

40% de rémission complète, 40% de formes récidivantes, 20% évolution vers la schizophrénie. 

V- Traitement : 

La BDA est une urgence psychiatrique, la prise en charge comporte : 

1- Hospitalisation:

Le plus souvent nécessaire (parfois évitée lorsqu’il y a une bonne prise en charge familiale).

Difficile à faire admettre chez des patients qui ne se reconnaissent pas malade. 

2- Traitement médicamenteux :

Neuroleptiques incisif (action sur les délires) par voie parentérale pendant 3 à 4 jours exemple : haloperidol (Haldol) amp 5 mg, 2 à 3 fois par jour puis passage a la voie per os exemple : haloperidol goutte 2‰ 50 gouttes, 2 à 3 fois par jour.

Neuroleptique sédatif: exemple: levomepromazine (Nozinan) amp injectable 5 mg, comprimé à 25 et 100 mg En cas d’insomnie ou agitation psychomotrice. 

3- Sismothérapie :

Indiqué dans les formes résistantes au traitement médicamenteux. 

4- Psychothérapies : 

Doivent être proposées le plutôt possible.

Rassurer le malade, lui expliquer sa maladie et son traitement

La névrose hystérique

I- Définition de l’hystérie

II- Personnalité hystérique

III- Symptômes cliniques de la névrose hystérique

IV- Diagnostic positif

V- Diagnostic différentiel

VI- Evolution et complications

VII- Conduite à tenir

I- Définition :

L’hystérie est une névrose qui touche principalement les jeunes femmes.

Elle est due à la fixation symbolique de l’angoisse sur des symptômes physique ou psychique.

Cliniquement elle associe une personnalité pathologique de type hystérique et/ou des symptômes somatiques (de conversion) et/ou des symptômes psychiques (dissociatif).

II- Personnalité hystérique

La personnalité hystérique est caractérisée par :

1- Histrionisme, théâtralisme :

L’hystérique cherche à attirer l’attention, à plaire, à séduire (érotisation des rapports sociaux).

Théâtrale, elle captive l’attention par son attitude et ses récits embellissent ou dramatisent la réalité (mythomanie).

2- Hyperréactivité émotionnelle :

Hyperémotivité et labilité émotionnelle, caprices, colères, impulsivité (impulsions suicidaires) comportements manipulatoires.

3- Dépendance affective

4- facticité des affects :

Les sentiments exprimés sont exagérés, les relations affectives sont superficielles.  

5- Troubles sexuels :

Il  existe soit dégout et une crainte de la sexualité, soit une hypersexualité apparente ; le collectionnisme des partenaires masque l’inhibition ou le refus de la sexualité. En parallèle, on note une érotisation des rapports sociaux. Une frigidité est souvent retrouvée.

III- Symptômes cliniques de la névrose hystérique :

1- Caractéristiques communes aux symptômes hystériques  

Les bénéfices primaires représentent l’annulation ou baisse de  la tension anxieuse en lien avec le conflit inconscient suscitant la « belle indifférence aux troubles »

Les bénéfices secondaires représentent les bénéfices conscients ou inconscients sur l’entourage et la société

La variabilité de l’évolutivité du symptôme : le  symptôme est  accessible à la suggestion, à l’hypnose, se modifie selon l’environnement avec une tendance mimétique

Le symptôme est réversible

Il ne s’agit pas de simulation, le trouble n’est pas sous le contrôle volontaire du sujet   Il n’existe pas de support organique

2- Les symptômes somatiques: syndrome de conversion :

A- Manifestations aiguës :

Crises d’agitation psychomotrices avec décharge émotionnelle théâtrale « grande crise à la Charcot »

Crises de spasmophilie ou tétaniformes

Crises syncopales

Crises d’allure convulsive épileptique.

Crises extrapyramidales: accès de hoquets, tremblements…

Crises léthargiques ou pseudo coma

B- Manifestations durables :

Paralysies localisées ou généralisées.

Troubles de la sensibilité : hypoesthésie, anesthésie, hyperesthésie, algies, Frigidité

Troubles neurovégétatifs : spasmes digestifs (dysphagie, nausées, vomissements, diarrhée, constipation), spasmes respiratoires (toux, dyspnée), spasme pharyngé (aphonie), Spasmes uro-génitaux (rétention d’urine, pollakiurie, dyspareunie, vaginisme).

3- Les symptômes Psychiques: syndrome dissociatif :

Amnésie psychogène : Incapacité d’évoquer des souvenirs personnels importants.

Dépersonnalisation: Altération de l’expérience vécue et de la conscience de soi avec ou sans déréalisation

Personnalité multiple ou équivalents : Coexistence chez le même sujet de 2 ou plusieurs personnalités distinctes, chacune d’elle prédominant à certains moments de la journée

IV- Diagnostic positif :

Absence d’atteinte organique: examen somatique et bilan négatifs

Bénéfices primaires et secondaires manifestes

Belle indifférence

Les troubles sont accessibles à la suggestion

Caractère spectaculaire et démonstratif

Représentation dramatisée

Tendance à la manipulation et séduction

Erotisation du corps

V- Diagnostic différentiel :

Pathologies organiques: épilepsie, tumeurs cérébrales, hypoglycémie, maladies du système…

Hypochondrie: pas de belle indifférence

Simulation

Pathologies psychiatriques: dépression, troubles anxieux, démence…

VI- Evolution et complications :

Evolution:

Extension des troubles

Handicap majeur

Dépendance

Pronostic:

Dépend de l’entourage et de la prise en charge

Complications:

Décompensation dépressive

Tentatives de suicide

Surconsommation d’actes médicaux et de médicaments 

VII- Conduite à tenir :

1- Les règles générales: Attitude du médecin

Ecoute bienveillante

Ne pas dramatiser

Eviter la complaisance

Eviter l’agressivité et le rejet

2- Parfois isolement et hospitalisation

3- Les médicaments: Antidépresseurs, anxiolytiques ou tranquillisants

LES TROUBLES PHOBIQUES : Agoraphobie, Phobie sociale et Phobie simple

I- Définition de la phobie

II- Caractéristiques clinique générales d’un symptôme phobique

III- Les différents troubles phobiques

1- Agoraphobie

2- Phobie sociale

3- Phobies simples

IV- Traitement des troubles phobiques

I- Définition :

La phobie correspond à une anxiété déclenchée par un objet, une situation ou une personne n’ayant pas en eux-mêmes de caractère objectivement dangereux et conduisant à un comportement d’évitement de ceux-ci.

Elle disparaît en dehors de l’objet, de la situation ou de la personne.

Une situation dite « phobogène » ne présente pas de caractère objectivement dangereux.

Les troubles phobiques sont séparés en trois groupes :  

•   Agoraphobie

•   Phobie sociale

•   Les phobies simples

II- Caractéristiques clinique générales d’un symptôme phobique :

Ces caractéristiques sont  communes à toutes les  phobies d’origine névrotique.

Crises d’angoisse uniquement suscitées par la présence réelle d’un l’objet ou d’une situation ne présentant pas objectivement de caractère dangereux.

Le patient a conscience du caractère morbide du trouble.

Il réalise des conduites visant à éviter l’angoisse :

•   conduites d’évitement de l’objet ou de la situation phobogène.

•   conduites de réassurance à l’aide de personnes ou d’objet « contraphobiques » permettant, en leur présence, d’affronter la situation phobique sans angoisse ;

•   conduites de fuite en avant, donnant lieu à un affrontement délibéré du danger redouté, à une attitude de bravade, de défi.

III- Les différents troubles phobiques :

1- Agoraphobie :

A- Définition :

Une anxiété liée au fait de se trouver dans des endroits ou des situations d’où il pourrait être difficile « ou gênant » de s’échapper ou dans lesquelles aucun secours ne pourrait être trouvé en cas de survenue d’une attaque de panique : rue, lieux publics, centres commerciaux, cinémas, théâtre, transports en communs.

B- Epidémiologie :

Elle débute entre 16 et 35 ans.

Elle prédomine chez la femme (80%).

La prévalence est comprise ente 8 et 20% en population générale.

Certains    facteurs   comme l’existence d’une forte angoisse de  séparation pendant    l’enfance ou de terreurs nocturnes prédisposeraient à son apparition.

On retrouve parfois des facteurs précipitants dans l’année d’éclosion du trouble : une   rupture sentimentale, une séparation, une maladie ou la perte d’un proche, un accident, une affection médicale personnelle.

C- Retentissement et évolution :

Le   retentissement social peut être important jusqu’au confinement au domicile.   L’agoraphobe réduit d’autant plus ses activités que ses peurs envahissent son existence.

On retrouve dans certaines agoraphobies des symptômes de phobie sociale.

Des symptômes non phobiques sont souvent observés conjointement : crises d’angoisse, attaques de panique, périodes dépressives, symptômes obsessionnels (rituels).

L’intensité des phobies   et   des   conduites   d’évitement   est   variable   chez   un   même   sujet au cours du temps.

L’évolution   est   variable,   souvent   marquée  par des périodes de rémission,   entrecoupées de crises d’angoisse. Il peut exister des résolutions spontanées. Une guérison est d’autant moins probable que le trouble est installé depuis longtemps.

2- Phobie sociale :

A- Définition :

Elle est définie comme la peur de se retrouver dans une situation où l’on se trouve exposé à l’attention particulière d’autrui et la peur d’agir,  en   conséquence de façon humiliante ou embarrassante.  

L’angoisse est liée au regard d’autrui et repose sur la crainte d’être jugé ou évalué de façon négative.  

On regroupe dans les phobies sociales la peur en public de :  

 • de parler ou écrire   • de répondre à des questions   • de passer des examens   • d’utiliser des toilettes publiques   • de manger, vomir ou ne plus avaler   • de transpirer   • de trembler, de rougir….  

Le sujet redoute toute situation où il risque d’être soumis à la critique. Son autodépréciation spontanée est constante. Cette peur peut gêner les   performances du sujet dans la situation redoutée venant justifier en apparence et dans un deuxième temps les craintes antérieures.  

Elles entraînent tout un cortège de stratégies d’évitement des situations redoutées et à l’extrême une agoraphobie.

B- Epidémiologie :

•   L’âge d’apparition est précoce 15 à 21 ans.

•   Contrairement aux autres troubles anxieux, le sexe ratio est égal à 1.

•   La prévalence varie entre 2 et 16% selon le seuil retenu.

•   La demande d’aide est tardive : après 7 à 20 ans d’évolution.

C- Evolution et complications :

Les mêmes complications que dans l’agoraphobie sont à craindre ; les tentatives de suicide seraient plus fréquentes.  L’évolution est plus continue que l’agoraphobie, les rémissions plus rares et le handicap important.  

L’évolution est habituellement sans rémission en l’absence de traitement.

3- Phobies simples :

Elles débutent entre 8 et 11 ans.  La prévalence est difficile à estimer en population générale mais elle atteindrait 8%.

Elles regroupent la crainte isolée :  

• du sang, des soins dentaires, de certains actes médicaux  • des animaux (les plus fréquentes)  • des hauteurs, des espaces clos  • des voyages en avion, en bateau  • de l’orage  • d’objets inanimés (couteaux, fourchettes)  

Les phobies simples ne sont pas accompagnées de crises d’angoisse spontanée, d’état anxieux ou de pensées obsessionnelles.  La peur du sang et des soins dentaires sont aussi très fréquentes et parfois avec des conséquences gravissimes. Le handicap sinon est le plus souvent limité.

IV- Traitement des troubles phobiques :

1 – Chimiothérapique :

a – Antidépresseurs :

La prescription d’antidépresseurs (tricycliques ou sérotoninergiques) peut être utile, notamment en cas de Trouble panique associé, lorsque le niveau d’anxiété de base est élevé, ou en cas de complication (dépression). Ils ont un effet préventif des attaques de panique.

-   Tricycliques : imipramine (Tofranil®) ; clomipramine (Anafranil®) ; amitriptyline (Laroxyl®) à une posologie moyenne 25-75 mg/j. L’efficacité est maximale à partir de 2-3 mois.

-   ISRS : Fluoxetine (Prozac®) à 10-20 mg/j, Paroxetine (Deroxat®) à 20 mg/j ; Sertaline (Zoloft®) à 25-50 mg/j ; citalopram (Seropram®) à 20-30 mg/j ; Venlafaxine (Effexor®) à 25-75 mg/j.

-   IMAO-A : Moclamine® : 150-450 mg/j

b – Les tranquillisants:

Ils ne sont pas à utiliser en première intention. Ils diminuent les manifestations anxieuses mais ne sont pas efficaces sur les conduites d’évitement. Leur emploi doit rester ponctuel : Benzodiazépines, Buspirone (Buspar®), Carbamates (Equanil®).

2 – Psychothérapique :

a – Thérapies cognitivo-comportementales :

* Désensibilisation systématique :

Le patient et le thérapeute établissent une liste hiérarchique des phobies. Le sujet imagine au cabinet du médecin les situations phobogènes selon une progression préétablie et apprend en même temps à se relaxer en y pensant sur un mode fictif.

* Exposition progressive « in-vivo » :

Dans cette technique, le patient est confronté progressivement aux stimuli dans la réalité.

* Technique d’immersion : « flooding » :

Le thérapeute apprend au patient à supporter, en sa présence, la confrontation à la situation phobogène maximum.

Le stimulus peut être imaginé ou d’emblée dans la réalité.

b – Autres psychothérapies

Les psychothérapies de soutien ou analytiques seront adaptées à chaque cas. Elles visent à la prise de conscience des représentations refoulées qui génèrent les phobies.

La névrose d’angoisse : Trouble panique et anxiété généralisée

LE TROUBLE PANIQUE

I- Epidémiologie

II- Clinique et définition

III- Diagnostic différentiel

IV- Complications, évolution, pronostic

V- Traitement

ANXIETE GENERALISEE

I- Définition de l’anxiété généralisée

III- Aspects cliniques de l’anxiété généralisée

IV- Diagnostic différentiel

V.  Complications, évolution, pronostic

VI- Traitement


LE TROUBLE PANIQUE

 

I- Epidémiologie :

–   Prévalence vie entière : environ 2 %.

–   Prédominance féminine : sexe ratio F/H : 1,5 à 2

–   Age d’apparition du trouble : 15-19 ans.

–   Facteurs de risques :

•   le trouble serait plus fréquent chez les sujets divorcés ou séparés.

•   Milieu socioculturel peu élevé.

•   Evénement de vie traumatique dans les semaines précédentes.

•   Antécédents familiaux d’attaques de paniques.

II- Clinique et définition :

1- Attaque de panique :

L’attaque de panique, ou crise d’angoisse aiguë, est une peur intense et soudaine survenant de façon brusque, inopinée, imprévisible. L’angoisse, d’une durée bien délimitée, est d’emblée maximum ou atteint son acmé en moins de 10 minutes.

Elle se manifeste par (clinique de l’attaque de panique):

a – Des manifestations psychiques et psychosensorielles:

-   un sentiment de panique, de peur intense avec désorganisation des processus de pensée.

-   la crainte de mourir, de devenir fou, d’avoir un malaise, de réaliser un acte incontrôlé ou une sensation de catastrophe imminente.

-   un sentiment de dépersonnalisation et/ou de déréalisation.

-   impression de modification de l’intensité lumineuse ou auditive.

-   paresthésies.

-   impression d’évanouissement, sensation d’instabilité.

-   Il convient de relever l’absence de symptômes confusionnels dont la présence remet le diagnostic en cause.

b – Des manifestations somatiques : « orage neurovégétatif ! »

-   cardio-vasculaires : tachycardie, palpitations, douleurs précordiales.

-   respiratoires : dyspnée, oppression thoracique, striction laryngée, sensation d’étouffement.

-   digestives : spasmes digestifs, nausées, vomissements, diarrhée.

-   autres : sueurs, pâleur, vertiges, bouffées vasomotrices, tremblements, brouillard visuel, pollakiurie.

c – Parfois, des manifestations comportementales marquées :

-   Agitation désordonnée, le comportement est désorganisé et l’unique désir du patient est d’échapper à cette expérience émotionnelle douloureuse. Le comportement est rarement théâtral comme retrouvé chez l’hystérique. Ainsi de violentes réactions de  fuite sont parfois observées, à la recherche d’un « lieu sécurisant ».

-   Ailleurs, ce peut être une inhibition voire une sidération. Au pire, un raptus suicidaire.

Elle cède après une durée variable, en général quelques minutes. Elle se termine progressivement ou brutalement, laissant place à une impression de fatigue intense et de soulagement, avec parfois une crise polyurique.

Moins d’un 1/3 des patients ayant fait une attaque de panique développera un trouble panique.

2- Le trouble panique : la peur d’avoir peur.

Il consiste en la répétition fréquente (crises hebdomadaires) et durable d’attaques de panique et/ou en la survenue d’une anxiété anticipatoire. L’anxiété anticipatoire peut apparaître après un nombre variable d’accès.  Il peut être associé ou non à une agoraphobie.

III- Diagnostic différentiel:

–   Les affections somatiques s’accompagnant de manifestations anxieuses : infarctus du              myocarde, OAP, embolie pulmonaire, pancréatite aiguë…Les hypoglycémies et  hyperthyroïdie sont rapidement éliminées par le bilan clinique et paraclinique.

–   Les recrudescences anxieuses des autres troubles névrotiques

–   L’angoisse psychotique

IV- Complications, évolution, pronostic :

–   La comorbidité avec les autres troubles anxieux et en particulier une agoraphobie est importante (1/3 à ½ des sujets).

–   L’évolution peut être également marquée par des syndromes dépressifs, des alcoolisations (15% des  sujets présentant des troubles anxieux) ou des toxicomanies médicamenteuses (benzodiazépines), des tentatives de suicide.

–   Après 6 à 10 ans de traitement, 30% des sujets sont asymptomatiques, 40% sont améliorés, 20 à 30% restent symptomatiques.

V- Traitement :

1 – De l’attaque de panique :

-   Attitude calme et compréhensive, éloigner l’entourage, rassurer le patient et effectuer un examen somatique qui pourra amener un début d’anxiolyse et permettra d’éliminer une cause organique.

-   Anxiolytique per os (benzodiazépine en particulier) : par exemple, Valium® 10 à 20 mg, Tranxene® 10 mg, Lexomil® 3 mg à renouveler éventuellement.

-   La voie IM est moins rapide que la voie PO (fixation aux protéines musculaires). Toutefois, elle offre l’avantage d’un effet placebo supplémentaire non négligeable : Valium®  10-20 mg, Tranxene®  20-50 mg.

-   Dans les cas sévères on peut utiliser un neuroleptique sédatif

2 – Du trouble panique :

a- Chimiothérapie :

Antidépresseurs :

-   ISRS : Fluoxetine (Prozac®) à 10-20 mg/j, Paroxetine (Deroxat®) à 20 mg/j ; Sertaline (Zoloft®) à 25 mg/j ; Venlafaxine (Effexor®) à 25-75 mg/j.

-   Tricycliques : clomipramine (Anafranil®) à une posologie moyenne variant de 50 à 300 mg/j.

-   Elle agira essentiellement sur la prévention de la récurrence des attaques de panique.

-   Elle a une durée de 6-12 mois. Elle sera progressivement diminuée jusqu’à l’arrêt.

Benzodiazépines :

-   A prescrire avec la plus grande prudence, le risque de dépendance étant ici majeur. L’association aux antidépresseurs est justifiée lorsqu’une action rapide sur l’angoisse est nécessaire.

-   Lysanxia 10 à 20 mg, Tranxene 10 à 20 mg, Lexomil 6 mg

b. Psychothérapies

–   Psychothérapies cognitivo-comportementales

–   Psychothérapies d’inspiration psychanalytiques

 

ANXIETE GENERALISEE

 

I- Définition de l’anxiété généralisée:

Elle se définie par l’existence d’un fond permanent d’anxiété presque tous les jours et persistant plusieurs mois. L’anxiété est flottante.

II- Epidémiologie de l’anxiété généralisée:

–   La prévalence de l’anxiété généralisée serait de l’ordre de 9% sur la vie entière.  Elle est plus fréquente chez la femme que chez l’homme avec un sexe ratio de 2,5.  

–   L’âge d’apparition est l’enfance et l’adolescence pour la moitié des patients. Un début après 20 ans n’est pas inhabituel.

–   Le rôle prédisposant d’événements de vie dramatiques ou d’une perte parentale précoce est souligné.

–   Des traits de personnalité dépendant sont fréquemment retrouvés.

III- Aspects cliniques de l’anxiété généralisée :  

L’anxiété    généralisée    s’exprime    comme     « la  peur  de  la  peur ».   On   y  observe   plusieurs   types   de symptômes :  

–   L’attente anxieuse d’une crise d’angoisse

–   Des ruminations pessimistes, une dramatisation intempestive, une anticipation des malheurs à venir pour le patient et pour ses proches

–   Une hyperesthésie sensorielle (intolérance aux bruits, des réactions de sursaut)

–   Une tension motrice, un état d’agitation

–   Des troubles neurovégétatifs : tachycardie, sécheresse buccale, nausées, pollakiurie)

–   Des troubles du sommeil et sexuels.

IV- Diagnostic différentiel  

Le diagnostic différentiel est identique à celui du trouble panique.

V.  Complications, évolution, pronostic  

Un comorbidité est retrouvée avec les autres troubles anxieux, la dépression ( 37% des cas) et autres troubles  de l’humeur. Des alcoolisations  (10%), des épisodes  de dépendance ou d’abus  de psychotropes,   d’autres   affections   liées   au   stress  (colon   irritable,   céphalées   etc..) peuvent également jalonner l’évolution.  L’évolution   est   en   général   chronique,   aggravée   par   les   périodes  de   stress.   La   dépendance   affective avec besoin de réassurance est fréquente.

VI- Traitement :

a- Chimiothérapie :

Antidépresseurs :

-   ISRS : Fluoxetine (Prozac®) à 10-20 mg/j, Paroxetine (Deroxat®) à 20 mg/j ; Sertaline (Zoloft®) à 25 mg/j ; Venlafaxine (Effexor®) à 25-75 mg/j.

-   Tricycliques : clomipramine (Anafranil®) à une posologie moyenne variant de 50 à 300 mg/j.

-   Elle agira essentiellement sur la prévention de la récurrence des attaques de panique.

-   Elle a une durée de 6-12 mois. Elle sera progressivement diminuée jusqu’à l’arrêt.

Benzodiazépines :

-   A prescrire avec la plus grande prudence, le risque de dépendance étant ici majeur. L’association aux antidépresseurs est justifiée lorsqu’une action rapide sur l’angoisse est nécessaire.

-   Lysanxia 10 à 20 mg, Tranxene 10 à 20 mg, Lexomil 6 mg

b. Psychothérapies

–   Psychothérapies cognitivo-comportementales

–   Psychothérapies d’inspiration psychanalytiques

Diagnostic différentiel du trouble anxiété généralisée

A. Troubles anxieux dus à une affection organique :

Des exemples d’affections organiques qui peuvent causer symptomatologie anxieuse comprennent l’hyperthyroïdie, Hyperparathyroïdie, l’hypoglycémie, le phéochromocytome, les dysfonctions vestibulaires, les crises convulsives et les affections cardiaques « arythmie, tachycardie supraventriculaire, angor instable », les crises d’asthme.

B. Troubles anxieux induits par une substance :

Une intoxication par des stimulants du SNC « cocaïne, amphétamines, caféine » ou le cannabis et le sevrage de produits dépresseurs du SNC « alcool, barbituriques ».

 C. Trouble panique :

Contrairement au trouble panique, la crainte dans les TAG n’est pas centrée sur des AP, ces patients ont peur du pire. Les manifestations aiguës de l’angoisse n’est pas au centre de leur inquiétude.

 D. Troubles phobiques :

Dans les troubles phobiques la crainte est liée à l’objet ou à la situation phobogène avec des conduites d’évitement.

Dans les TAG, ils ne sont pas rassurés par une tierce personne ni par le fait de ne pas avoir sortir de chez eux.

E. TOC.

La Préoccupation est liée à la peur d’être contaminé par exp « idée obsédante de contamination », souvent accompagnée de compulsion, réduisant ainsi l’anxiété associée aux obsessions.

 F. Hypocondrie :

Les sujets ayant une hypocondrie sont préoccupés par la crainte d’avoir une maladie.

 G. Anorexie mentale :

Les soucis sont liés au fait de prendre du poids.

 H. Trouble somatisation :

Les préoccupations concernent des plaintes somatiques multiples.

 I. Anxiété de séparation :

La préoccupation concerne la santé des proches ou le fait d’être loin d’eux et de son domicile.

 J. PTSD :

Ici on élimine l’anxiété généralisé si l’anxiété survient exclusivement durant l’évolution d’un état de stress post – traumatique.

 K. Troubles de l’adaptation :

Ici, l’anxiété survient en réponse à un facteur de stress de la vie et ne persiste pas plus de six mois après la fin du facteur de stress ou de ses conséquences.

 L. Etat dépressif :

Les trouble anxieux peuvent se compliquer d’un état dépressif. Dans les TAG, les malades rapportent des sentiments d’inquiétude pathologique, d’épuisement, de troubles de sommeil et d’énervement inhabituel. Mais contrairement aux patients dépressifs, ils n’expriment pas d’idées suicidaires, de pessimisme ou de ralentissement idéomoteur, la morosité qu’ils expriment est secondaire à l’anxiété, on ne retrouve pas chez eux une perte d’estime de soi ou un désinvestissement intellectuel et affectif, l’anorexie est rare on retrouve souvent une hyperphagie.

 M. Syndrome anxio-dépressif

Regroupe différentes syndromes où l’anxiété généralisée et la dépression se partagent le tableau clinique, bien que les signes cardinaux de dépression majeur et des troubles anxieux ne soient pas retrouvés.

 N. Anxiété non pathologique :

Les soucis exprimés dans les TAG sont difficiles à contrôler, sont plus envahissants et prononcés, source de souffrance et durent plus longtemps, et aussi ils sont accompagnés de symptômes physiques.

Attaque de panique

Historique des attaques de panique et trouble panique

Épidémiologie des attaques et trouble panique

Clinique de attaque de panique

Critères DSM IV R d’une attaque de panique

Diagnostics associés au trouble panique

Évolution des attaques et trouble panique

Diagnostic différentiel des attaques de panique

Etiopathogénie des attaques de panique

Prise en charge des attaques de panique

Trouble panique

Critères diagnostiques DSM IV R trouble panique

Trouble anxiété généralisée

Epidémiologie trouble anxiété généralisée

Clinique de l’anxiété généralisée

Critères diagnostiques DSM IV R trouble anxiété généralisée

Evolution du trouble anxiété généralisée

Diagnostic différentiel du trouble anxiété généralisée