Psychoses ou délires chroniques non dissociatifs



style="display:inline-block;width:320px;height:100px"
data-ad-client="ca-pub-1218275765361476"
data-ad-slot="5191700910">

On distingue 3 types de délires chroniques non dissociatifs : 

  1. Les délires paranoïaques (ou psychoses chroniques paranoïaques )
  2. Les psychoses hallucinatoires chroniques
  3. Les paraphrénies

 Ces trois états délirants ont en commun un âge de survenue tardif (début en général après 35 ans), un mécanisme délirant prépondérant caractérisant chacun d’eux (interprétation délirante pour les délires paranoïaques, hallucinatoire pour la psychose hallucinatoire chronique, imagination délirante pour la paraphrénie), une évolution chronique sans traitement contrastant parfois avec un maintien prolongé de l’intégration sociale et une absence de dissociation mentale.

 

Les délires paranoïaques (ou psychoses chroniques paranoïaques)

I- Définition : 

Les délires paranoïaques sont des états délirants chroniques, de mécanisme interprétatif et systématisé. La systématisation du délire lui confère un caractère extrêmement cohérent qui, associé à la conviction absolue et inébranlable du patient, peut entraîner l’adhésion de tiers. 

Il y a 3 types de délires paranoïaques :

  • Les délires passionnels
  • Les délires d’interprétation
  • les délires de relation des sensitifs de Kretschmer 

II- Les délires passionnels : 

Les délires passionnels regroupent l’érotomanie, les délires de jalousie et les délires de revendication.

Ils ont été qualifiés de passionnels du fait de la nature des sentiments et des thèmes qui les inspirent.

Comportent en général une forte participation affective pouvant être à l’origine de passages à l’acte. 

1- L’érotomanie : 

Le délire érotomaniaque touche plus fréquemment les femmes

C’est l’illusion délirante d’être aimé

L’objet de l’érotomanie tient souvent une position sociale élevée et enviée (directeur, enseignant, médecins…).

Le sujet pose comme postulat initial qu’il aime et qu’il est aimé, la pensée va évoluer selon 3 phases : l’espoir et la réussite de cet amour, le dépit de cet amour et enfin la haine et la rancune avec son risque de passage a l’acte 

2- le délire de jalousie : 

Le délire de jalousie touche essentiellement des hommes

Le malade affirme l’infidélité de son conjoint

Il s’installe le plus souvent de façon insidieuse et va se nourrir et se développer aux dépens d’évènements anodins qui feront l’objet d’interprétations délirantes.

Il s’associe régulièrement à un alcoolisme chronique qui peut dans certains cas favoriser la survenue d’un passage à l’acte 

3- Les délires de revendication : 

Ce type de délire passionnel regroupe :

Les « inventeurs méconnus » qui cherchent au travers d’innombrables démarches à obtenir la reconnaissance que la société leur refuse

Les « quérulents processifs » qui multiplient les procédures judiciaires

les « idéalistes passionnés » qui cherchent à transmettre leurs convictions 

III- Les délires d’interprétation de Sérieux et Capgras: 

Les délires d’interprétation se développent le plus souvent chez des patients présentant une personnalité pathologique de type paranoïaque.

Ils peuvent survenir brutalement, faisant suite à un facteur déclenchant, ou s’installer de façon insidieuse.

Les interprétations délirantes sont nombreuses et tous les évènements rencontrés par le sujet seront rattachés au système délirant.

Il n’y a plus de hasard dans la vie du sujet.

Tous les domaines (affectif, relationnel et psychique) de la vie du sujet sont envahis par les idées délirantes. 

IV- Les délires de relation des sensitifs de Kretschmer : 

Il survient chez des gens hyper émotifs, timides et sensitifs.

Le malade se sent deviné, jugé, dénoncé, et ceci malgré les haute exigences éthiques.

Les thématiques les plus fréquemment rencontrées sont celles de persécution, de préjudice, de mépris ou d’atteinte des valeurs morales. 

V- Traitement des délires chroniques paranoïaques : 

1- Hospitalisation :

Les soins ambulatoires étant à privilégier au maximum

L’hospitalisation est indiquée :

Lors d’une exacerbation anxieuse ou d’une décompensation dépressive.

Lorsque la dangerosité du patient est importante. 

2- Traitement médicamenteux :

Les traitements pharmacologiques reposent essentiellement, comme dans toutes les pathologies délirantes, sur l’utilisation des neuroleptiques.

Les antidépresseurs peuvent être indiqués en cas de décompensation dépressive

Les benzodiazépines trouvent leur indication dans les traitements d’appoint et de courte durée en cas d’anxiété importante 

3- Psychothérapies :

Face à un patient souffrant de délire paranoïaque, il est conseillé au médecin de savoir garder des distances et de faire preuve d’honnêteté dans les soins proposés afin d’établir un climat de confiance, préalable indispensable à l’acceptation d’un traitement.

 

Psychose hallucinatoire chronique : PHC

I- Définition : 

Il s’agit d’un délire chronique survenant le plus souvent chez une femme (7 femmes pour 1 homme) âgée et vivant seule, de mécanisme principal hallucinatoire, sans dissociation mentale et d’évolution chronique. 

II- Clinique de la PHC : 

1- Le début :

Il est possible de retrouver un facteur déclenchant dans les semaines précédant l’éclosion du délire ainsi que des prodromes à type de troubles de l’humeur, de modifications comportementales ou caractérielles. Le début peut être brutal ou progressif. 

2- Phase d’état :

Dans sa phase d’état, la psychose hallucinatoire chronique est caractérisée par un état délirant richement hallucinatoire.

Les hallucinations peuvent toucher les cinq sens. Les hallucinations cénesthésiques (ondes, courant électrique, attouchements sexuels) et olfactives seraient plus fréquentes que dans les autres pathologies délirantes.

Les thématiques les plus fréquemment rencontrées sont à contenu de persécution, sexuelle, mystique ou d’influence. Si les hallucinations représentent le mécanisme délirant principal de cette pathologie, les autres mécanismes notamment interprétatif et intuitif peuvent être retrouvés.

Le tableau clinique comporte également un automatisme mental pouvant être idéo-verbal, idéo-moteur ou idéo-sensitif. 

III-Evolution de la PHC : 

L’évolution est en général chronique marquée par des périodes de rémission partielle ou totale du délire alternant avec des périodes de recrudescence délirante.

La PHC s’accompagne d’un maintien longtemps préservé de l’intégration sociale. En effet, ces patients ne connaissent pas d’évolution aussi déficitaire que les schizophrènes, mais ils ont le plus souvent une vie sociale ou affective très pauvre. 

IV- Traitement de la PHC : 

1- Hospitalisation :

Elle peut se faire à l’occasion d’une exacerbation délirante, d’une décompensation dépressive ou encore à l’occasion d’un bilan réalisé pour éliminer une organicité. 

2- Traitement pharmacologique :

Essentiellement les neuroleptiques 

3- Psychothérapies :

Psychothérapie de soutien

Psychothérapie cognitivo-comportementale

Les paraphrénies

 

Les paraphrénies sont des délires rares dont le mécanisme délirant prédominant est l’imagination délirante. Il s’agit de délires sans dissociation mentale, d’évolution chronique et survenant chez des sujets âgés.

Le début est le plus souvent progressif, marqué par l’apparition de troubles du comportement, de bizarreries ou de troubles affectifs.

Le délire, dont le mécanisme est imaginatif, prend l’aspect de rêveries, de contes ou encore de fiction. Les thématiques cosmiques et fantastiques seraient plus fréquentes. Ce système délirant coexiste le plus souvent avec une pensée normale et les fonctions intellectuelles du patient sont préservées.

Le traitement est le même que les PHC



style="display:inline-block;width:320px;height:100px"
data-ad-client="ca-pub-1218275765361476"
data-ad-slot="5191700910">