Les antipsychotiques atypiques

L’expérience clinique a montré que 20 à 30 % des schizophrénies étaient réfractaires aux antipsychotiques classiques « typique ou antagonistes dopaminergiques » comme l’hallopéridol et la chlorpromazine, et que ces agents provoquaient fréquemment des effets indésirables importants « extra-pyramidaux comme parkinsonisme, dystonie et akatisie ».

L’apparition récente de nouveaux neuroleptiques a permis de modifier considérablement la prise en charge médicamenteuse des états psychotiques et notamment des schizophrénies.

Ces molécules anti-psychotiques ont des propriétés pharmacologiques et des profils cliniques différents, toutefois, elles possèdent en commun certaines caractéristiques cliniques comme la faible incidence des effets secondaires neurologiques, ce qui les oppose aux neuroleptiques classiques. Elles présentent en outre un spectre d’efficacité plus étendu que ces derniers.

Chez 2 /3 des sujets réfractaires, les effets favorables du premier antipsychotique atypique Clozapine « Leponex », efficace à la fois sur les symptômes positifs et négatifs de la schizophrénie tout en provoquant un minimum d’effets secondaires extra-pyramidaux, ont ouvert une nouvelle voie de recherche pharmacologique.

Les effets pharmacologiques importants de la Clozapine semblent être non seulement des récepteurs dopaminergiques mais aussi des récepteurs sérotoninérgiques de type 2A « 5HT2A ». ainsi les médicaments de cette classe d’abord appelés anti-psychotiques atypiques sont dénommés antagonistes serotoninérgiques et dopaminergiques.

Il sont dits atypiques car ils ne remplissent pas les critères de classification de Delay et Deniker notamment l’absence des effets extra-pyramidaux et dont l’action est essentiellement anti-psychotique.

Critères de classification de Delay et Deniker :

  • Action sédative sur l’agitation, l’état maniaque et l’agressivité.
  • Réduction des troubles psychotiques aigus et chroniques « délires et hallucinations ».
  • Création d’un état d’indifférence psychomotrice.
  • Effets extra-pyramidaux et neurovégétatifs.
  • Action sous corticale prédominante par blocage des récepteurs dopaminergiques.

Au fait il n’existe aucun consensus international permettant de distinguer anti-psychotique typique et atypique.

Par atypique, on sous-entend l’un ou l’autre des caractéristiques suivantes :

  • Plus faible risque d’effets secondaires neurologiques : faible incidence des dystonies aigus, de symptômes parkinsoniens, de dyskinésies tardives, d’akathisie.
  • Faible incidence des effets endocriniens : moindre risque d’hypersécrétion de prolactine, des gynécomasties et de galactorrhées.
  • Bonne tolérance hématologique.
  • Absence d’antagonisme dopaminergique comme mécanisme d’action principal.
  • Activité significative sur les récepteurs non dopaminergiques.
  • Revendication d’une meilleure efficacité sur les symptômes négatifs de la schizophrénie « apragmatisme, clinophilie, aboulie ».

Intérêt clinique dans les formes dites résistantes de la schizophrénie : efficacité sur les symptômes (+), (-) et neurocognitifs réfractaires / intérêt lors d’une intolérance aux NLP ou antipsychotiques classiques.

Chef de file cette catégorie : Olanzapine / Risperidone.

Par conséquent il est plus juste de les dénommer « antagonistes sérotoninérgiques et dopaminergiques ».

 

 

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