Bases théoriques de l’hypnose

A. Théories neuro-physiologiques :

L’école de « Pavlov » a repris la théorie du sommeil partiel.

Le sommeil est obtenu par inhibition de cortex, l’hypnose est une inhibition partielle, entre l’état de veille et le sommeil profond. Cette école distingue des phases hypnotiques :

-  Phase d’égalisation : proche de l’état normal.

-  Phase paradoxale : ou un stimulus fort entraîne une réaction faible et inversement.

-  Phase ultra-paradoxale : où ‘un stimulus négatif’ auquel les cellules cérébrales ne sont pas sensibles habituellement, entraîne une réaction ; c’est la phase de suggestion d’après Pavlov dont la théorie est basée sur les processus d’excitation et d’inhibition du cortex.

Les américains ont élaborés une théorie faisant intervenir le système limbique dans l’apparition de

l’état d’hypnose, par sa relation avec les autres systèmes sous corticaux.

Le tracé d’EEG étant le même qu’à l’état de veille.

Les théorie modernes  « Bowers1975 »   essayent d’expliquer l’hypnose par le phénomène de l’asymétrie fonctionnelle du cerveau.

 

B. Théories psychologiques :

Théorie de la dissociation de « Janet » : 

Le trouble fondamental est le rétrécissement du champs de la conscience, l’hypnose pour Janet provoque artificiellement un processus semblable à celui de l’hystérie, qu’il considère comme la conséquence d’un clivage, d’une dissociation de la conscience « en 02 parties » . il affirme que l’hypnose provoquerait artificiellement un processus semblable, ce qui permet d’expliquer des phenomenes hypnotiques, tels que catalepsie, anesthésie, amnésie post-hypnotique. La profondeur de l’hypnose serait proportionnelle au degres des dissociations. Il distingue deux niveaux de comportement :

-  Celui de la volonté, de l’effort, du dessein.

-  Celui de l’activité réflexe.

L’hypnose est un automatisme où serait aboli le premier niveau et où s’installe un comportement dissocié du conscient. Le « rapport » est expliqué par Janet comme un rétrécissement électif du champ de la conscience autour de la personne de l’hypnotiseur.

Théorie de la psychologie expérimentale :

Il existe deux école :

Le étatistes qui affirment l’existence d’un état hypnotique spécifique basé sur la suggestion.

Les non étatistes : qui dénient l’existence de cet état, qui est considérait comme un phénomène d’imagination qu’on peut reproduire à l’état de veille et qu’il est le résultat d’un apprentissage.

  • Sarbin 1950, est entièrement focalisé sur la suggestion et pour lui, l’hypnose doit être intégrée dans la

théorie des rôles. Il insiste sur l’importance du Jeu ‘Role-taking’ comme phénomène socio-psychologique dont l’hypnose ne représente qu’un exemple.

  • Orne « étatiste », enrichit plus tard cette conception en parlant du fait que l’attitude des hypnotisés a

toujours été fonction des idées communément admises, à différentes époques, sur l’hypnose. il se pose alors la question de l’existence d’une « essence » de l’hypnose et de ses « artefacts » que seraient les sous produits des influences socioculturelles et les éléments communiqués consciemment et inconsciemment par l’hypnotiseur.

  • Barber « non étatiste », dénie tout caractère particulier à l’état hypnotique, l’hypnose est pour lui un

phénomène d’imagination, il ya passage de l’imagination passive et agissante qui peut être renforcée par un certain nombre de paramètres et de situations. Il met l’accent sur l’existence de phénomènes hypnotiques à l’état de veille et assimile ainsi l’hypnose à la suggestion.

Théorie psychanalytique :

Pour Freud   insiste sur l’aspect érotique de la relation hypnotique, la comparant à un état amoureux « le rapport hypnotique consiste dans un abandon amoureux total, à l’exclusion de toute satisfaction sexuelle ». toutefois, il prend le soin de souligner « qu’il semblerait plus indiqué d’expliquer l’état amoureux par l’hypnose que de suivre la voie inverse »

Il s’agit d’une variété de transfert où l’hypnotiseur prend la place de l’idéal du Moi de l’hypnotisé, éveillant chez lui une partie de son héritage archaïque qui s’est déjà manifesté dans l’attitude à l’égard des parents et surtout l’idée qu’on se faisait du père.

Pour Ferenzi 1909 ; son disciple, il y’aurait une réactivation du complexe d’œdipe avec une régression à un stade archaïque.

En 1957, Meares « régression Atavique » ; d’après lui l’hypnose est une régression au mode de fonctionnement primitif du cerveau où les idées sont acceptées sans critique par simple suggestion. Il estime même que la communication verbale entrave le mouvement régressif et décrit une technique d’induction non verbale induite par l’ambiance.

Perspective cognitivo-comportemental :

Ces perspectives modernes remontent à White 1942 , ici les chercheurs préfèrent des concepts issus des sciences de la communication, comme l’interaction sociale et la reprise de rôle.

Le lieu de l’hypnose n’est pas dans l’appareil mental mais dans la rencontre inter-individuelle ; il s’agit de jeu de « faisant semblant », appel pour des actions qui vont créer l’illusion.

 

C. Théories tenant compte des processus physiologiques et psychologiques :

 

Déjà en 1922, Schilder, tout en insistant sur la nature libidinale des relations entre l’hypnotiseur et

l’hypnotisé, avait attiré l’attention sur l’importance des facteurs physiologiques.

q C’est en 1944, que Kubie et Margolin font une première synthèse articulant les processus physiologiques

et psychologiques. Ils distinguent deux aspects du phénomène hypnotique à savoir l’induction et l’état hypnotique, qui différent tant sur le plan psychologique que physiologique et partant du fait que l’hypnose peut être induite sans hypnotiseur « en fixant son attention sur sa propre respiration ». ils montrent que dans la phase d’induction, le transfert n’est pas nécessaire ,bien qu’ils parlent plus tard de ‘transfert à l’état pur’ ; les phénomènes physiologiques à savoir les manipulations sensitivo-motrices peuvent entraîner un état hypnotique au cours duquel on assiste à des modifications psychologiques du sujet.

A la phase d’induction, l’isolement afférent et les stimuli venant de l’hypnotiseur produisent un zone d’excitation corticale concentrée d’une zone d’inhibition « Pavlov ».

Sur le plan psychologique, ceci est interprété comme une différentiation du Moi et du monde extérieure, dans lequel est compris l’hypnotiseur, par la suite le sujet finit par se confondre avec ce dernier, ce qui entraîne une régression psychanalytique.

q En 1970, Kubie précise ses positions en affirmant que dans l’induction et dans l’état hypnotique et aussi

dans ses manifestations et conséquences secondaires, il n ya pas de conflits entre les rôles joués par les processus psychodynamiques et ceux que joue les processus physiologiques concourants, les deus sont nécessaires.

Il exposera une théorie selon laquelle il se produirait au cours du processus d’induction, par suite d’une réduction des influx afférents extéro et proprioceptifs, « une altération progressive de la limite psychologique entre l’hypnotisé et le monde environnant », « un flou des  frontières du Moi », «  un estompage des limites du Moi et des objets externes », ce qui a pour effet de faire apparaître des crises d’identité inconscientes et des crises d’ordre libidinal. Plus tard, les limites entre le sujet et le monde sont rétablies à l’exception de celles entre sujet et hypnotiseur.


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