Principes de traitement des délires paranoïaques

Il n’est pas aisé de traiter un patient atteint d’un délire paranoïaque. Ces organisations délirantes font rarement l’objet de remise en question par le sujet qui en souffre et il va falloir savoir amener un patient, qui ne se considère pas comme malade mais plus comme victime, à accepter des soins.

- Problème de l’hospitalisation :

L’hospitalisation de ces patients est en général assez rare, les soins ambulatoires étant à privilégier au maximum, et en général dans deux types de situations particulières :

Lors d’une exacerbation anxieuse ou d’une décompensation dépressive.

Lorsque la dangerosité du patient est importante. Il est toujours important d’évaluer chez ces patients le potentiel de dangerosité (présence d’un persécuteur désigné, imminence d’un passage à l’acte, impossibilité de différer l’acte auto ou hétéro agressif et d’envisager des solutions alternatives). Dans ce cas, l’hospitalisation se fait plutôt selon le mode de l’Hospitalisation d’Office puisque les troubles mentaux présentés constituent un danger imminent pour la sûreté des personnes. L’Hospitalisation Sur Demande d’un Tiers n’est pas recommandée dans ce cas puisque le tiers pourra faire l’objet de toute l’attention du patient et devenir le persécuteur désigné.

- Les traitements médicamenteux :

Les traitements pharmacologiques reposent essentiellement, comme dans toutes les pathologies délirantes, sur l’utilisation des neuroleptiques. A titre d’exemple :

Les neuroleptiques sédatifs sont des traitements à court terme indiqués en cas d’agitation ou de menace de passage à l’acte. On utilise principalement la cyamémazine (Tercian® 50 à 200 mg par jour), la lévopromazine (Nozinan® 50 à 200 mg par jour) ou encore la chlorpromazine (Largactil® 100 à 300 mg par jour)

Le traitement de fond repose sur les neuroleptiques incisifs dont l’action est inconstante sur ce type de délire. Il faut par ailleurs savoir que la tolérance de ces médicaments par ces patients est en général assez mauvaise et il est recommandé d’employer les doses les plus faibles possibles afin de concilier effets attendus et effets indésirables. A titre indicatif, on peut utiliser des neuroleptiques classiques, tels que l’halopéridol (Haldol 1 à 5 mg par jour), dont certains disposent de formes à action prolongée garantes d’une meilleure observance. Les molécules de nouvelle génération, appelées neuroleptiques à profil atypique ou antipsychotiques, sont souvent employées en première intention du fait de leur meilleure tolérance sur le plan neurologique. Il s’agit de la rispéridone (Risperdal® 1 à 3 mg par jour), de l’amisulpride (Solian® 100 à 400 mg par jour) ou encore de l’olanzapine (Zyprexa® 2,5 à 5 mg par jour).

Les antidépresseurs peuvent être indiqués en cas de décompensation dépressive lorsque le délire a été réduit par le traitement neuroleptique. Il faut les utiliser avec prudence car il est toujours possible de favoriser la réactivation de la construction délirante. Leur usage doit rester une décision du psychiatre.

Les benzodiazépines trouvent leur indication dans les traitements d’appoint et de courte durée des troubles anxieux associés.

Place des psychothérapies :

Face à un patient souffrant de délire paranoïaque, il est conseillé au médecin de savoir garder des distances et de faire preuve d’honnêteté dans les soins proposés afin d’établir un climat de confiance, préalable indispensable à l’acceptation d’un traitement.

Il faut éviter d’affronter le patient et d’avoir des attitudes de rejet.

La place des psychothérapies chez ces patients est restreinte du fait de leur faible capacité de remise en question et d’introspection.

L’indication du type de thérapie dépend de la nature du délire, de l’existence de troubles de l’humeur associés, de la structure de personnalité, des capacités de remise en question et ne peut être prise que par un psychiatre.

Les délires chroniques non schizophréniques
1- Les délires paranoïaques
A- Délires passionnels: érotomanie, délire de jalousie, délire de revendication
B- Le délire d’interprétation de Sérieux et Capgras
C- Le délire de relation des sensitifs de Kretschmer
D- Principes de traitement des délires paranoïaques
2- La Psychose Hallucinatoire Chronique
3- Les paraphrénies

 

 

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