Hypothèse neuro-pathologique

Les études récentes se sont concentrées sur le lobe frontal et la formation hippocampique, dont les fonctions sont atteintes dans ce trouble. Diverses anomalies ont été observées dans le cerveau du schizophrène. Elle ont toutefois un caractère relativement modeste et aucune d’entre elles n’a été retrouvée chez tous les patients.

Dans la schizophrénie, l’activité du cerveau est probablement beaucoup plus perturbée que ne l’est sa structure. Ces perturbations du fonctionnement pourraient relever de l’atteinte des voies de transmission de l’information plutôt que des centres dédiés à des fonctions spécifiques.

Diverses anomalies des volumes régionaux, de la densité neuronale, du volume des neurones et du nombre des épines dendritiques ont pu être mises en évidence. Leur rôle physiopathologique précis reste à élucider.

Etude du cortex préfrontal

Le lobe frontal joue un rôle dans les opérations intellectuelles complexes, le contrôle du comportement, la motricité et le langage, fonctions qui peuvent toutes être atteintes dans la schizophrénie.

Une réduction de l’activité du lobe frontal, plus précisément la diminution de l’activité du cortex préfrontal dorso-latéral.

Volume de la région pré-frontale

Réduction du volume frontal : réduction significative du volume de la circonvolution frontale supérieure et de la région orbito-frontale.

Etude des neurones interstitiels de la substance blanche

  • Une anomalie de distribution des neurones interstitiels chez les schizophrène adultepourrait être liée à un trouble de la migration neuronale ou de la mort cellulaire programmée « apoptose », durant le développement cérébral intra-utérin.
  • Certaines études ont montré une diminution de la densité des neurones en allant vers laprofondeur de la substance blanche. D’autres études ont objectivé une augmentation de la densité au niveau de la substance superficielle chez des schizophrènes déficitaires, et d’autres une augmentation de la densité limitée à la partie la plus profonde.

Densité des neurones corticaux et des épines dendritiques, taille des neurones

Des études ont objectivé une diminution de la densité des interneurones dans la plupart des couches du cortex cingulaire antérieur et dans la couche 2, ainsi que , dans une moindre mesure, dans la couche 1 du cortex préfrontal des schizophrènes, une augmentation de la densité des neurones pyramidaux dans la couche 5 pré-frontale. Augmentation de la densité des neurones au niveau du cortex préfrontal ( aire de Brodman 9 et 46 )« réduction du neuropile ».

L’augmentation de la densité pourrait être le produit d’une diminution du volume cortical.

Etant donné la réduction du volume cérébral total qui a été mis en évidence dans la schizophrènie, il est possible que le nombre des neurones ne soit pas diminué et que l’augmentation de densité soit due à une réduction du neuropile. Les prolongements neuronaux et les synapses étant situés dans ces espaces, la réduction du neuropile pourrait altérer les communications entre neurones. La diminution de la capacité de transmission des informations au niveau préfrontal aurait pour conséquence les anomalies des fonctions exécutives et de la mémoire de travail observées chez les schizophrènes.

La diminution de la densité des épines dendritiques peut conduire à une diminution des influx inhibiteurs d’origine thalamique ou corticale. La diminution de la densité des épines dendritiques prédit une diminution du volume des corps cellulaires des neurones pré-frontaux.

 Etude de l’hippocampe

L’hippocampe est situé à la face interne du lobe temporal, joue un rôle important dans la mémorisation des informations, donc dans l’apprentissage, ainsi que dans les processus émotionnels.

Volume de la formation hippocampique

Le volume de la région hippocampique est réduit en moyenne de plus de 4 à 5 % chez les schizophrènes. Elle concerne plus particulièrement la partie antérieure de l’hippocampe et la substance blanche ; les voies de communication seraient donc touchées.

Densité et nombre des neurones

  • Une étude a montré une diminution de la densité dans CA3 et CA4 et une autre étude uneaugmentation de densité latéralisée dans CA1 et CA3.
  • Les études en IRM montrent une diminution du volume total de la région laisse penser que lenombre de neurones hippocampiques pourrait être diminué.

Taille, forme et orientation des neurones

  • L’hippocampe des schizophrènes est souvent dystrophique. On a une diminution de la tailleDes neurones pyramidaux. Une élongation des neurones dans certaines zones.
  • L’orientation des corps cellulaires des dendrites apicales des neurones pyramidaux de lacorne d’Ammon serait plus hétèrogene chez les schizophrènes.

 

Etiopathogénie de la schizophrénie – Introduction

Données biologiques de la schizophrénie

Hypothèse neuro-pathologique de la schizophrénie

Modèles développementaux schizophrénie

Données génétiques de la schizophrénie

Neuropsychologie cognitive de la schizophrénie

Données psycho-génétiques de la schizophrénie

 

Les commentaires sont fermés.