Délires passionnels: érotomanie, délire de jalousie, délire de revendication

Les délires passionnels regroupent l’érotomanie, les délires de jalousie et les délires de revendication. Ils ont été regroupés et qualifiés de passionnels du fait de la nature des sentiments et des thèmes qui les inspirent. Ces états ont en commun d’être des états délirants chroniques débutant généralement brusquement par une interprétation ou par une intuition délirante. Ils peuvent secondairement s’enrichir de nombreuses interprétations délirantes et comportent en général une forte participation affective pouvant être à l’origine de passages à l’acte.

Les délires passionnels ont une construction dite « en secteur » car ils ne s’étendent pas à l’ensemble de la vie psychique, affective ou relationnelle du sujet et les idées délirantes restent centrées sur l’objet et la thématique quasi unique du délire.

- L’érotomanie ou l’illusion délirante d’être aimé :

La description clinique définitive de ce trouble a été réalisée en 1921 par Clérambault.

Le délire érotomaniaque touche plus fréquemment des femmes et l’objet de l’érotomanie tient souvent une position sociale élevée et enviée (prêtres, médecins…). Ce trouble débute par un postulat fondamental, formé par une intuition délirante, au cours duquel l’objet de l’érotomanie déclarerait son amour.

L’évolution de l’érotomanie se fait en trois stades successifs : espoir, dépit, rancune. Au cours de ces deux derniers stades, des actes auto et surtout hétéroagressifs sont à craindre.

- Le délire de jalousie :

Le délire de jalousie touche essentiellement des hommes. Il s’installe le plus souvent de façon insidieuse et va se nourrir et se développer aux dépens d’évènements anodins qui feront l’objet d’interprétations délirantes.

Il s’associe régulièrement à un alcoolisme chronique qui peut dans certains cas favoriser la survenue d’un passage à l’acte.

- Les délires de revendication :

Ce type de délire passionnel regroupe :

- les « inventeurs méconnus » qui cherchent au travers d’innombrables démarches à obtenir la reconnaissance que la société leur refuse,

- les « quérulents processifs » qui multiplient les procédures judiciaires,

-  les « idéalistes passionnés » qui cherchent à transmettre leurs convictions.

Les délires chroniques non schizophréniques
1- Les délires paranoïaques
A- Délires passionnels: érotomanie, délire de jalousie, délire de revendication
B- Le délire d’interprétation de Sérieux et Capgras
C- Le délire de relation des sensitifs de Kretschmer
D- Principes de traitement des délires paranoïaques
2- La Psychose Hallucinatoire Chronique
3- Les paraphrénies

 

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