Electro convulsivothérapie

I- Introduction

II- Technique de l’ECT

III- Indications de l’ECT

IV- Cure d’ECT

V- Contre indications de l’ECT

VI- Effets secondaires de l’ECT

I- Introduction :

L’électroconvulsivothérapie (ECT) ou sismothérapie, est une méthode de traitement par l’électricité utilisée en psychiatrie, consistant à délivrer un courant électrique d’intensité variable capable de déclencher une crise épileptique.

Contrairement à une croyance répandue, l’ECT n’engendre pas de fortes convulsions incontrôlées. L’application du courant est précédée d’une anesthésie générale et d’une curarisation temporaires, d’environ 5 minutes.

Ce traitement était anciennement plus connu sous le nom d’électrochoc. Elle est souvent utilisée en deuxième intention après l’échec des traitements médicamenteux et psychothérapeutiques.

II- Technique de l’ECT :

Les appareils de convulsivothérapie délivrent des stimulations électriques par impulsions, de durée variant de 0,5 à 2 ms, de fréquence 70 Hz, avec une durée totale de l’ordre de 4 s et une énergie de l’ordre de 70 joules.

Le geste technique se déroule pendant que le patient est sous anesthésie générale brève (de l’ordre de 5 minutes) ce qui permet au patient de ne garder aucun souvenir de l’épisode et de ne pas être angoissé par la curarisation.

Le jour même, du fait de l’anesthésie, le patient doit arriver à jeun. Il peut venir soit d’un service de psychiatrie soit de son domicile.

Le patient est alors installé, « monitoré », c’est-à-dire qu’on lui installe des appareils de mesure de la tension artérielle, des battements du cœur (électrocardiogramme), de l’oxygénation du sang (oxymétrie colorimétrique), pour la surveillance de l’anesthésie ; et on enregistre également l’électroencéphalogramme EEG.

Une perfusion est nécessaire pour l’anesthésie générale. Les électrodes crâniennes sont installées au niveau du front. Le patient est anesthésié et un curare d’action rapide et courte (de préférence la succinylcholine) est administré pour éviter les contractions musculaires. On protège les dents du patient avec des compresses, car les mâchoires peuvent se serrer fortement. La bonne oxygénation du patient est assurée par une ventilation manuelle avec un masque et un ballon.

Le courant est alors délivré brièvement. Il provoque une crise convulsive, qui se résout en quelques minutes au maximum.

L’anesthésie se termine, et le patient se réveille. Il est le plus souvent confus au réveil , cette sensation disparaît plus ou moins vite selon les patients. La personne est alors surveillée en salle de réveil, en attendant que l’anesthésie se dissipe totalement.

Le patient peut ensuite retourner dans le service hospitalier, sera autorisé à manger quelques heures plus tard et pourra regagner ensuite son domicile si les critères de l’anesthésie ambulatoire sont remplis.

III- Indications de l’ECT :

L’électroconvulsivothérapie, lorsqu’elle est utilisée, comme toute thérapeutique, repose sur une décision qui doit être prise en fonction du rapport risques/bénéfices attendu, de l’existence de traitements alternatifs ainsi que du choix du patient et de son entourage.

•   L’ECT est en principe considérée comme un traitement de première intention dans les syndromes mélancoliques graves avec risque vital ou lorsque l’utilisation d’une autre forme de thérapeutique efficace est contre indiquée. Elle sera parfois utilisée en seconde intention après échec d’un traitement pharmacologique bien conduit.

•   L’ECT a une efficacité démontrée sur la dépression modérée et sévère et les accès maniaques.

•   Il est démontré que l’ECT améliore à court terme certains symptômes de la schizophrénie, les symptômes positifs notamment lorsque les neuroleptiques se sont montrés inefficaces, ou en association.

•   D’autres indications telles la maladie de Parkinson, certains types d’épilepsie, les troubles de l’humeur réactionnels sont validées.

IV- Cure d’ECT :

•   Il est de règle d’appliquer deux à trois chocs par semaine.

•   6 à 10 ECT sont nécessaires pour traiter un état dépressif aigu, plus 2 ECT de consolidation après la levée des symptômes.

•   Le schéma est le même pour l’accès maniaque.

•   En cas de schizophrénie 12 séances sont un minimum (jusqu’à 20 séances) pour la disparition des symptômes puis 3 à 4 séances hebdomadaire de consolidation (pour éviter les rechutes).

V- Contre indications de l’ECT :

•   Hypertension intracrânienne

•   Masse cérébrale

•   Phéochromocytome

•   AVC et infarctus du myocarde récent (moins de 6 semaines)

•   Décollement rétinien

•   Anticoagulants…

VI- Effets secondaires de l’ECT :

1- À court terme :

•   Au décours immédiat du choc, un ralentissement de la fréquence cardiaque (bradycardie) pouvant allé jusqu’à une pause de quelques secondes est courant, sans conséquence.

•   Juste après l’ECT, les patients peuvent souffrir de céphalée (maux de tête) . On prévoit parfois un antalgique systématique administré juste après la séance, pour prévenir toute céphalée.

•   On décrit aussi des courbatures musculaires, des nausées, qui sont transitoires.

•   Les accidents graves sont très rares : 2 décès pour 100 000 traitements.

2- À long terme :

•   Les effets secondaires à long terme concernent essentiellement la mémoire, l’ECT provoquait non seulement une perte de mémoire, mais également une baisse des capacités cognitives (apprentissage et pensée). Les troubles de mémoire régressent habituellement, mais la récupération requiert le plus souvent plusieurs mois.

•   Les ETC pourraient accroitre le taux de suicide. Le risque serait élevé au cours de la première semaine consécutive au traitement, comparativement aux autres patients.

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