Etiopathogénie de l’encoprésie

L’étiopathogénie de l’encoprésie est encore imparfaitement connue contrairement à l’énurésie, il ne semble pas exister pour cette conduite de facteurs génétiques héréditaires.

Certains auteurs ont opposé deux types de mécanismes jouant un rôle possible dans son apparition.

Le premier consiste en un simple retard d’apprentissage dans un milieu familial passif et indifférent, dont le laxisme favoriserait la survenue d’une encoprésie de type primaire.

Plus souvent, c’est une situation de conflit qui semble être à l’origine des encoprésies secondaires où l’enfant exprime son agressivité sur un mode régressif envers une mère exigente et répressive. Cependant, d’autres facteurs interviennent certainement parmis lesquels l’érotisation de cette activité sphinctérienne « avec ses deux temps de rétention et d’expulsion » et les éventuels bénéfices secondaires obtenus grâce au symptôme.

Au tôtal ; l’encoprésie et un symptôme pouvant s’intégrer dans plusieurs structures psychopathologiques.

1. Encoprésie et perversion :

Il ya une fixation ou régression à un mode de satisfaction archaïque et contraire aux lois sociales avec érotisation de cette régression. L’enfant utilise la rétention d’une recherche presque constante du plaisir anale. La signification agressive du comportement encoprésique est évidente ; c’est le type qualifié de délinquant.

2. Encoprésie et psychose infantile :

Le mécanisme de l’encopresie est particulier, il ne s’agit pas d’un défaut de contrôle mais l’évacuation dans les toilettes sont pour l’enfant source d’angoisse. la selle est vécue par l’enfant psychotique comme une partie intégrante de son corps, la défécation est ressentie comme une perte de sa propre substance corporelle.

3. Encoprésie et structure névrotique :

Dans la mesure, on s’y attache angoisse et culpabilité.

Encoprésie et mécanisme hystérique :

La selle est vécue comme un équivalent pénien et la rétention comme mécanisme de défense contre l’angoisse de castration.

Encoprésie et mécanisme obsessionnel :

Associé souvent à des troubles obsessionnels typiques et des traits de caractère anal.

L’encoprésie revêt alors plusieurs significations :

  • Signification auto-érotique anale mais ne reposant pas sur le même mécanisme masturbatoire que ceux de la fonction perverse.
  • Signification de défense narcissique ; le sentiment de toute puissance mégalo-maniaquerattaché à la rétention vient renforcer le narcissisme de l’enfant.

Encoprésie et psychopathie :

La rétention n’existe pas, l’émission de selles est comparée à une sorte de passage à l’acte qui sert à décharger les mouvements pulsionnels agressifs des traits psychopathiques sont retrouvés chez ces enfants.

Opposition / fréquence de passage à l’acte / difficultés à accepter les règles sociales.

Pauvreté des représentations et de la vie mentale.

Encoprésie de l’enfant carencé :

Enfant carencé affectivement, passif, vivant dans un milieu familial très carentiel.

Les règles éducatives n’ont pas été intériorisée par l’enfant.

L’auto-érotisme et rétention sont absents.

L’encoprésie apparaît comme un mode d’investissement du fonctionnement corporel destiné à lutter contre la dépression.

Les influences familiales :

On ne peut faire un tableau caractéristique des familles des encoprésiques, cependant certains éléments sont fréquemment retrouvés.

L’apprentissage trop précoce de la propreté sphinctérienne par la mère, ce sont des mères qui contrôlent quotidiennement les évacuations intestinales de leur enfant, ne tolèrent pas un seul jour de constipation, recourent aux suppositoires et aux lavements.

Les mères sont en général angoissées et culpabilisées, certaines ont des névroses caractérisées.

Les pères sont souvent très peu présents auprès de leurs enfants, la relation avec l’enfant peut être pauvre ou au contraire le père a un souci tout particulier des évacuations de son enfant.

Parfois le foyer est dissocié ; et plusieurs observations mettent en évidence la relation entre éloignement du père et l’encoprésie.

Au total : les observations montrent une relation entre l’impossibilité pour l’enfant d’accéder authentiquement au père et l’encoprésie de type retentionnel.

Dans l’évolution libidinal de l’enfant, la possibilité qu’il acquiert de retenir ses matières fécales prend pour lui la signification de maîtriser un objet qui lui est propre, qui le fait sortir de l’état de dépendance complète avec laquelle il se trouvait jusque là par rapport à la mère.

L’accès à une relation au père est aussi pour l’enfant une façon d’obtenir une satisfaction en dehors de la mère.

Ainsi le bol fécal peut-il prendre pour l’enfant la signification d’un « pénis anal » venant prendre place de son fantasme « du pénis paternel ».

Troubles sphinctériens chez l’enfant

Rappel anatomo-physiologique controle sphinctérien

Enurésie

Epidémiologie de l’énurésie

Les symptômes de l’énurésie

Répartition dans le nycthémère

La fréquence des mictions

Associations de l’énurésie avec d’autres troubles

Critères diagnostiques DSM IV 4 R énurésie

Diagnostic différentiel de l’énurésie

Evolution de l’énurésie

Etiopathogénie de l’énurésie

Conduite à tenir devant une énurésie et traitement

Encoprésie

Epidémiologie des encoprésies

Les symptômes de l’encoprésie

Examen somatique encoprésie

Critères diagnostiques DSM IV R 4 encoprésie

Diagnostic différentiel encoprésie

Evolution / pronostic encoprésie

Etiopathogénie de l’encoprésie

Conduite à tenir devant une encoprésie

Constipation psychogène « Mégacôlon fonctionnel »

 

 


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