Prise en charge de la maladie d’Alzheimer

 

A. Quelques règles générales :

-  L’annonce diagnostique est essentielle parce qu’elle contribue à augmenter l’adhésion au projet de soin et au traitement, elle aide les patients et leur entourage à mieux comprendre, à faire face et à anticiper les situations difficiles associées à la maladie, afin que le ne soit pas appris de façon fortuite.

-  Etre à l’écoute des souhaits et des sentiments du patient et de son entourage

-  Eviter d’aller trop vite pour ne pas générer de situations de rupture

-  Explorer les représentations sociales et les croyances du patient et de son entourage sur la MA et la santé.

-  Ne rien dire qui ne soit vrai et ne pas supprimer tout espoir.

-   Eviter les hospitalisations répétées

-  Eviter de prescrire des médicaments ayant des effets centraux pouvant favoriser la décompensation tel que les anti – cholinergiques, les antidépresseurs tricycliques, les benzodiazépines.

B. Traitement spécifique de la maladie d’Alzheimer :

1. Facteurs de croissance neuronale :

Le NGF pour Nerve Growth Factor et les gangliosides « GM1 » sont des molécules qui stimulent les actions trophiques des neurones.

2. Prévention de la formation de l’amyloïde :

En ce qui concerne la b- amyloïde, la recherche s’oriente vers des molécules pouvant antagoniser sa formation ou son dépôt tels les sécrétases « anti-protéases ».

3. La substitution en neurotransmetteurs :

Les déficits en neurotransmetteurs observés dans la MA ont conduit à développer toute une série de molécules visant à les compenser.

Les atteintes cholinergiques ont été corrélées fortement au degré de déclin cognitif.

La « théorie cholinergique » de la MA a servi de plate-forme pour le développement de médicaments cholinomimétiques visant à compenser la baisse de concentration de l’acétylcholine dans le cerveau des patients.

§  Les inhibiteurs de l’acétylcholinestérase :

Lors du fonctionnement normal d’une synapse cholinergique, l’enzyme acétylcholinestérase « AchE » dégrade l’acétylcholine « Ach » dans la fente synaptique. Des inhibiteurs de cette enzyme ont été développés afin de réduire cette dégradation physiologique et renforcer ainsi la transmission synaptique cholinergique là où elle est épargnée.

Donepezil « Aricept » : cp 5 et 10 mg

La posologie : 5 mg / jour pendant 1 mois puis 10 mg / jour

Prise unique le soir avant le coucher . Efficacité dose dépendante

Rivastigmine « Exelon » : cp 1.5, 3, 4.5 et 6 mg

Posologie : 3 mg / jour. Soit deux prises / jour le matin et le soir pendant les repas « pour éviter les nausées »

Galanthamine « Reminyl » : cp 4, 8 et 12 mg

Posologie : 8 mg / jour. Soit deux prises / jour ; matin et soir pendant les repas

Tacrine « Cognex »

Metrifonate

§  Les agonistes des récepteurs muscariniques M1 :

Ces molécules agissent en mimant l’action de l’acétylcholine. Ils stimulent les récepteurs post-synaptiques de ce neurotransmetteur.

§  Molécules agissant sur d’autres systèmes de neurotransmission :

Les médicaments stimulant la fonction catécholaminergique améliorent les performances cognitives via une augmentation de la vigilance, la réactivité et la concentration. La sélégiline qui est un inhibiteur de la monoamine oxydase « IMAO-B » utilisé dans la maladie de Parkinson a montré une efficacité dans la MA. D’autre part, il a été observé que la stimulation des récepteurs 5-HT3 de la sérotonine inhibe la libération de l’Ach.

4. Les nootropes et les neuroprotecteurs :

Les nootropes sont des médicaments censés améliorer le métabolisme cérébral et protégér le cerveau de l’accumulation des effets toxiques « piracetam, EGb 761 ». D’autres substances présentent des propriétés anti-radicaux libres (a- tocophérol, sélégiline) ou anti-calciques « nimodipine » qui leur confèrent un effet neuroprotecteur. D’autres médicaments agissent de manière indirecte sur la neuroprotection comme les anti-inflammatoires et les oestrogènes.

C. Traitement des troubles neuropsychiatriques:

  • Neuroleptiques classiques :

Il n’a pas été mis en évidence d’effet bénéfique thérapeutique. Seul l’halopéridol « Haldol » à dose 1.2 – 3.5 mg / j montre une réduction de l’agressivité sans effets sur l’agitation. Au prix d’effets secondaires « effets extra-pyramidaux, somnolence »

  • Antipsychotiques atypiques :

Olanzapine « Zyprexa » 5 – 10 mg/j ; Risperidone « Risperdal » 1 mg/j diminuent significativement les symptômes neuropsychiatriques, principalement l’agitation, l’agressivité, délire et hallucination.

  • Les antidépresseurs serotoninérgiques :

Bien tolérés et efficaces dans la dépression. Mais aussi agit sur l’anxiété, l’irritabilité, l’agitation, l’impulsivité et l’hostilité.

  • Les stabilisateurs de l’humeur : « carbamazépine « tegretol », valproate « Dépakine »

Fréquents effets secondaires « somnolence ». Peuvent agir  sur l’agitation, l’impulsivité et l’hostilité.

  • Les inhibiteurs de acétylcholinestérase :

Bénéfices thérapeutiques modestes sur les troubles du comportement

  • Les Benzodiazépines :

Il n’ya pas d’essais randomisés.

D. Traitement non pharmacologique:

  • Le soutient psychologique du malade est primordial, un encouragement de maintien des activités sociales, intellectuelles et physiques, on doit l’encourager à écrire, à lire, à se tenir, l’informer de l’actualité, améliorer la communication.
  • Etablir un rituel pour le coucher.
  • Entretenir d’une manière minutieuse la propreté et la coquetterie.
  • Il faut valoriser ses succès et minimiser ses échecs
  • Créer une structure de vie stable et calme dans la maison.
  • S’assurer que l’environnement immédiat présente peu de danger, alerter la famille des dangers possibles.
  • Veiller à ce que le malade ait toujours dans sa poche une carte « ou encore un bracelet » avec une indication sur son état de santé et des numéros de téléphone au cas où il s’égarerait.
    • La prise en charge de la famille est indispensable : proposer des aides à domicile, service de garde,

auxiliaire de vie, soins infirmiers.

  • Faire des visites régulières pour offrir un soutien, selon les besoins. Fournir des aide-mémoire.
  • Acupuncture :

Plus de la moitié des personnes atteintes de la maladie d’Alzheimer vivent de l’anxiété ou de la dépression, et plusieurs patients ne peuvent tolérer les effets secondaires des médicaments utilisés pour contrer cela. En Médecine traditionnelle chinoise, l’acupuncture est souvent combinée à un traitement avec des herbes médicinales pour alléger l’anxiété chez ces patients.

  • Approches corporelles :

Le stress est l’une des causes possibles des comportements agités chez les personnes atteintes de la maladie d’Alzheimer. La prise de conscience des pertes de mémoire et la difficulté à communiquer que vivent certaines d’entre elles engendrent souvent des frustrations et de l’anxiété. Des techniques anti-stress comme la massothérapie et le toucher thérapeutique pourraient s’avérer profitables..

  • Thérapie par la peinture « Art-thérapie » :

L’art est chez les personnes atteintes un moyen valable de s’exprimer et de raconter des histoires.

  • Rééducation cognitive : elle a pour but, d’une part de renforcer les ressources résiduelles dans le vie sociale, familiale, et les activités de la vie quotidienne, et d’autre part renforcer l’estime de soi afin de préserver l’autonomie et la qualité de vie.
  • Rééducation orthophonique.
  • On peut orienter le patient, quand c’est possible, vers des structures spécialisées de prise en charge.

E. Prévention:

Actuellement, aucune preuve solide ne démontre qu’il existe des moyens de prévenir la maladie d’Alzheimer. Certaines pistes de recherche sont cependant encourageantes.

§  Intervention sur les maladies :

Il est possible de diminuer le risque de développer la maladie d’Alzheimer en intervenant médicalement ou par des efforts sur les habitudes de vie et sur certaines maladies, comme l’hypertension artérielle, le diabète, l’artériosclérose ou le tabagisme.

  • Médicaments

L’hormonothérapie substitutive chez les femmes en post-ménopause ou la prise d’anti-inflammatoires non stéroïdiens « tels l’aspirine et l’ibuprofène » pourrait offrir une certaine protection contre la maladie d’Alzheimer, mais cela reste à prouver.

  • Alimentation :

Selon des recherches préliminaires, les personnes qui consomment beaucoup de gras animal et de calories pourraient courir plus de risques.

-  Sources alimentaires d’antioxydants : Un régime alimentaire riche en vitamine E ou en vitamine C et E peut diminuer le risque d’en souffrir, notamment chez les fumeurs.

  • Entraînement mental :

Des chercheurs croient donc que le fait de garder un esprit actif tout au cours de sa vie favorise le maintien et la croissance de connexions entre les neurones, ce qui retarderait la démence. Par ailleurs, certains estiment qu’un haut degré d’instruction aiderait à réussir plus facilement les tests cognitifs utilisés pour diagnostiquer la démence et permettrait ainsi de dissimuler plus longtemps la présence de la maladie.

  • Diminution de l’exposition à l’aluminium :
  • Diminution de l’exposition au plomb :

 

Maladie d’Alzheimer – Introduction
Historique de la maladie d’Alzheimer
Épidémiologie de la maladie d’Alzheimer
Physiopathologie de la maladie d’Alzheimer
Étude clinique de maladie d’Alzheimer
Diagnostic de la maladie d’Alzheimer
Critères diagnostic DSM IVR « la démence de type Alzheimer »
Diagnostic différentiel de la maladie d’Alzheimer
Prise en charge de la maladie d’Alzheimer

 

 

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