Diagnostic différentiel de la maladie d’Alzheimer

 

1. Devant un syndrome démentiel :

  • Démence vasculaire :

Résulte de lésions vasculaires corticales et / ou profondes de nature ischémique, lacunaire ou hémorragique.

Le diagnostic est évoqué devant :

-   ATCDS vasculaires « facteurs de risque vasculaires »

-  début souvent brutal

-  présence de signes neurologiques en foyer « exagération des ROT, réflexes cutanés plantaires en extension ».

-  Des signes de la maladie vasculaire aux examens complémentaires.

-  TDM « hypodensité sequellaire, lacunes multiples »

-  L’évolution se fait par pallier.

  • Hydrocéphalie à pression normale :

Réalise le tableau de ralentissement psychomoteur avec inertie cognitive et apathie ; associé à des troubles de la marche, de l’équilibre et des troubles sphinctériens.

-  Une dilatation ventriculaire et des signes de résorption trans – épendymaire au scanner.

-  Amélioration des troubles après PL soustractive et / ou dérivation ventriculaire.

  • Maladie de Creutz feld Jacob :

Maladie infectieuse liée à un agent pathogène « protéine prion »

Tableau démentiel sévère coexistant avec : des myoclonies, syndrome extra-pyramidal et cérébelleux, cécité corticale.

-  Démence myoclonique d’évolution rapide

-  Une activité pseudo-périodique à l’EEG « signe inconstant et souvent tardif »

-  L’examen post-mortem montre une spongiose neuronale

  • Démences sous corticale :

Tableau caractérisé par un ralentissement intellectuel « bradypsychie », des troubles d’évocation mnésique, des signes frontaux, associé à des troubles moteurs liés à l’affection causale

-  Mouvements choréiques : maladie de Hintington

-  Tremblements de repos : maladie de Parkinson

-  Paralysie des mouvements oculaires conjugués volontaires avec chute précoce dans les paralysies supra-nucléaire progressive.

2. Devant un tableau isolé ou prédominance des signes cognitifs :

  • Maladie de Pick :

-  Absence du syndrome Aphaso –apraxo-agnosique

-  Notion familiale fréquente

-  Syndrome frontal au premier plan

-  TDM :prédominance frontale de l’atrophie cérébrale et la dilatation, souvent considérable, des cornes frontales et temporales

-  Histologie : ballonnement cellulaire, inclusions argyrophiles

  • Aphasie progressive primaire :

-  Troubles du langage progressif

-  Sans syndrome amnésique, ni perte d’autonomie pendant plusieurs années

-  Atrophie présylvienne au scanner

3. Devant les troubles de la mémoire :

  • Plaintes mnésiques à bilan normal « oubli bénin du sujet âgé » :

Préoccupation fréquente dans la population générale

La plainte peut être favorisée par plusieurs facteurs : dépression, âge avancé, anxiété généralisée, prise médicamenteuse « psychotropes ».

Facilement identifiée par les test neuro-psychologiques.

  • Dépression :

Un bilan médical approfondi, le mode de début de la maladie, l’ordre d’apparition des symptômes cognitifs par rapport aux symptômes dépressifs, l’évolution de la maladie, les antécédents familiaux et la réponse au traitement peuvent contribuer au diagnostic différentiel.

L’état pré-morbide peut aider à distinguer la pseudo-démence « ensemble d’altérations cognitives dues à la dépression » de la démence. Etat pré-morbide à peu pré normal ; l’affaiblissement cognitif est associé à la dépression.

  • La confusion mentale :

La distinction entre l’état démentiel et la confusion mentale est schématiquement aisée :

La confusion est un phénomène aigu et transitoire qui réalise un déficit intellectuel massif dans un contexte de conscience perturbée. Notion de réversibilité.

L’état démentiel se traduit par un tableau clinique chronique, d’évolution lente, dont le début se caractérise par un déficit intellectuel électif, sans trouble de conscience.

L’apparition d’un tableau confuso-onirique dans l’évolution d’une démence ; le diagnostic en faveur d’une démence est l’absence de l’angoisse, indifférence et apathie et relative stabilité des symptômes.

  • Syndrome de Korsakoff :

Atteinte isolée de la mémoire épisodique.

Tableau d’amnésie sévère : oublis à mesure, fausses reconnaissances , confabulations.

En faveurde  d’un syndrome de Korsakoff : contexte alcoolique, absence de tout signe cognitif associé.

4. Schizophrénie :

Le déficit cognitif au cours de la schizophrénie est moins sévère que celui de la démence.

5. Retard mental :

le retard mental ne comporte pas forcément une altération de la mémoire.

La démence commence en général tard au cours de la vie.

6. Simulation :

les déficits cognitifs rencontrés dans la simulation varient avec le temps et ne ressemblent pas à ceux de la démence.

Maladie d’Alzheimer – Introduction
Historique de la maladie d’Alzheimer
Épidémiologie de la maladie d’Alzheimer
Physiopathologie de la maladie d’Alzheimer
Étude clinique de maladie d’Alzheimer
Diagnostic de la maladie d’Alzheimer
Critères diagnostic DSM IVR « la démence de type Alzheimer »
Diagnostic différentiel de la maladie d’Alzheimer
Prise en charge de la maladie d’Alzheimer

 

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