Les nouveaux traitements de la dysfonction érectile

la   bandaison  sur  commande ?    – Comme le chantait Brassens, « la bandaison, Papa, ça ne se commande pas ». Ce  qui est exprimé sans aucune précaution oratoire est sous-jacent à la demande de la  plupart des hommes, c’est-à-dire, l’espoir d’une sexualité sans faille ou tout le moins  sans défaillance. Le but est univoque, mais les motivations extrêmement variées. Un  bref historique de la découverte et la mise sur le marché des premières pilules de  l’érection comme le Viagra® (Sildénafil) nous montre que ces médicaments ont été  mis au point après plusieurs études sur la contractilité de la cellule musculaire lisse  cardiaque. Dès la mise sur le  marché du Viagra®,  beaucoup  de personnes surtout  dans le grand public ont eu l’impression qu’il s’agissait de pilules du désir permettant  d’obtenir   une   érection   à   la   demande.   Ceci   est   faux.   Il   s’agit   d’un   véritable  médicament  qui  n’a  comme  fonction  que  de  pouvoir  maintenir  et  entretenir  la  capacité  érectile  du  corps  caverneux.  Par  la  suite,  deux  autres  médicaments sont venus renforcer l’arsenal thérapeutique. Il s’agit du Levitra   (Vardénafil) et du Cialis    (Tadalafil).  Hormis  quelques  différences  concernant,  la  spécificité  par  rapport  aux  récepteurs, la durée d’action ou les effets secondaires, ces médicaments ont tous le  même  principe  d’action  par  inhibition  de  la  5-phosphodiestérase  (5-PDE),  enzyme  qui  dégrade  le  GMP  cyclique,  permettant  un  renforcement  de  la  relaxation  de  la  cellule musculaire lisse et donc un prolongement de l’érection.

Ces médicaments permettent-ils une érection sans faille chez tous les hommes ?  Ce que l’on peut dire, c’est que ces molécules permettent de traiter plus de 70% de  tous les dysfonctionnements, toute cause confondue, avec d’excellents résultats. Les  patients ayant une dysfonction érectile sévère, surtout les diabétiques ou les patients  opérés d’une chirurgie pelvienne nécessiteront une alternative plus invasive telle que  l’injection  intracaverneuse  d’une  substance  vasoactive  ou  parfois  la  mise  en  place  d’implants  péniens. Il  faut  bien dire  que l’acceptation d’un traitement  proposé  pour  régler   un   problème   sexuel  est  essentiellement  fonction  de  la  motivation  bien évidemment du patient mais surtout de celui qui le propose. Les débuts du Viagra    en 1998 ont vu arriver beaucoup de patients dans les cabinets médicaux (pas tous  très jeunes d’ailleurs) pour se voir prescrire ces pilules. Paradoxalement, ce sont les  patients de plus de 60 ans qui demandaient ces traitements. A l’encontre de ce que  l’on pourrait croire, ces médicaments n’ont pas foncièrement changé l’approche de la  sexualité.  Ils  ont  eu  le  mérite  de  permettre  une  meilleure  compréhension  des  mécanismes  de  l’érection  et  par  voie  de  conséquence  de  parler  beaucoup  plus  librement de sexualité, et par là même de pouvoir aider les hommes ainsi que leurs  partenaires plus efficacement. En effet, un médicament prescrit chez un patient ayant  un problème et qui n’a pas de volonté de guérir ne sera d’aucune efficacité. En outre,  en-dehors   des   médicaments   pour   l’érection   il   faut   citer   tous   les   problèmes  hormonaux  qui  peuvent  diminuer  la  libido  ou  concourir  à  perturber  l’action  des  inhibiteurs de la 5-phosphodiestérase1.

Une évaluation clinque et biologique complète ainsi qu’une substitution permettra de  potentialiser l’effet de ces médicaments. Il faut à ce titre souligner que la substitution  androgénique par testostérone  n’est  absolument pas dangereuse, et parfois même  recommandée, si   les   contrindications sont    respectées et le patient suivi  régulièrement.

 

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