Norme et performance en sexualité

 

-  La  compréhension  de  la  sexualité  d’un  individu  nécessite  de  prendre  en  compte  son  environnement  conjugal,  familial  et  socioculturel,  de  connaître  le  vécu  et  le  ressenti  du  trouble  sexuel  sur  sa  qualité  de  vie,  de  préciser  sa  demande  et  bien  évidemment  celle  de  sa  partenaire.  En  fait,  bien  que  la  sexualité  représente  une  fonction  physiologique  non  vitale,  elle  est  pourtant  ressentie  comme  vitale  et  primordiale pour beaucoup. Malgré les progrès tant médicaux que dans le domaine  de la communication, beaucoup d’individus, même encore jeunes pensant qu’ils ne  correspondent  plus  à  une  norme  sexuelle  ou  de  désir  s’accomodent  de  leur  dysfonctionnement ou parfois se résignent d’emblée1. La sexualité ne fait partie et ne  devrait faire partie d’aucune norme. Bien que l’on s’accorde aujourd’hui à mentionner certaines  normes  culturelle,  sociale  etc… ,  la  sexualité  ne  répond  sur  le  plan  individuel, fort heureusement, à aucune norme. Elle serait plutôt une entité ayant une  variété de pratiques et d’attitudes selon les personnes et pour une même personne  selon  le  moment,  les  circonstances  et  la  partenaire.  Le  regard  de  l’homme  sur  sa  sexualité  est  toujours  brouillé  par  l’inconnu  du  passage  à  l’acte  surtout  lors  des  premiers rapports sexuels.

Sans être réellement nouveau, le domaine de l’anxiété face à la performance a pris  de  l’ampleur  avec  la  mise  en  avant  de  la  demande  sexuelle  des  femmes  et  des  relations  homme-femme.  En  effet,  jusqu’à  il  n’y  a  pas  si  longtemps,  les  femmes  subissaient  l’acte  sexuel,  la  relation  et  même  l’homme,  diluant  leur  insatisfaction  dans le renoncement ou l’adultère. Le mariage était bien souvent l’étape obligée pour  accéder      à   la   sexualité.     Actuellement,       plus    indépendantes         matériellement        et  physiquement les femmes veulent aujourd’hui conjuguer leur carrière  à leur vie de  femme,  épanouissement  maternel  et  sexuel  inclus.  Elles  demandent  un  plaisir  qu’elles fondent en droit et se donnent le droit de l’obtenir1. La femme peut connaître  actuellement  et  revendiquer  le  plaisir.  De  nos  jours,  les  unions  ne  sont  plus  éternelles.  Les  partenaires  ne  sont  plus  dépendantes.  Elles  ont  des  expériences,  elles comparent et souvent elles choisissent. L’homme devient alors nu et s’imagine  qu’il ne bande pas bien, qu’il sera rejeté, moqué ou détrôné. Bien souvent, il préfère  alors  fuir  plutôt  que  d’affronter  le  passage  à  l’acte.  Le  cerveau  va  alors  anticiper  l’échec et c’est le fiasco. L’aide à l’érection devra alors souvent être épaulée par un  travail sur soi aidé par un sexo ou psychothérapeute. Il faudra alors lutter contre ces  fausses normes et essayer de réhabiliter le couple à une sexualité assise sur l’écoute  de  l’autre  et  sur  l’affectif.  Il  n’existe  et  on  ne  le  répétera  jamais  assez  aucun  comportement  normatif  donc  exonéré  de  responsabilité.  La  sexualité  n’est  pas  normative.

Pourtant la société ne cesse de vouloir nous imposer une norme, ce qui met l’homme sous  pression et aboutit à l’échec. Cette norme nous est bombardée non seulement par l’internet  mais  également  par  tous  les  médias  et  les  moyens  audiovisuels  par  le  biais  de  films  pornographiques  notamment,  qui  mettent  à  disposition  de  personnes  encore  relativement  jeunes et immatures des images et des comportements que l’on veut actuellement normatifs.  Non  seulement,  cette  exposition  détruit  l’image  de  la  femme  ou  du  partenaire  qui  est  vu  comme un « objet de désir », mais oriente l’homme vers une fausse image ou idée du sexe  et   de   la   sexualité.   On   ne   parlera   plus   d’amour,   on   parlera   de   comportement.   Ces  comportements peuvent alors être très facilement abusifs et désorientés.

 

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