Abord thérapeutique des phobies scolaires

 

Face à une phobie scolaire, la famille fait souvent appel en 1er lieu au pédiatre ou au médecin généraliste. Dans certains cas, les symptômes disparaissent après qq entretiens, dans d’autres cas, le recours au pédopsychiatre est indispensable pour décider de la CAT. Cette conduite n’est pas univoque, le traitement dépend du mécanisme du trouble, de son ancienneté et des caractéristiques évolutives.

A. Le retour à l’école

. est l’un des objectifs majeurs du contrat de soin, une prolongation de l’éviction scolaire constitue un facteur aggravant, car l’enfant reste en contact permanent avec la situation qui a contribué à susciter la phobie scolaire.

. éloigné de ses maitres et camarades, il est aussi privé des appuis d’identifications extérieurs, nécessaires à sa progression.

. la nécessité d’un retour rapide en classe ne justifie pas pour autant, le recours à des moyens coercitives.

. le cadre thérapeutique doit être soigneusement défini pour juger du moment approprié d’une possible confrontation à la situation redoutée.

. lorsqu’une préparation longue est jugée nécessaire, une inscription aux cours par correspondance peut être envisagée.

B. Thérapeutique ambulatoire

Mise en observation sur une durée n’excédant pas 3 à 6 mois, si elle se révèle inefficace, des mesures institutionnelles sont à prévoir de manière contractuelle avec l’enfant et les parents.

1. Psychothérapie individuelle

Suppose une connaissance suffisante des conflits internes responsables de l’angoisse d’évitement et la collaboration des parents.

Il est essentiel de repérer la situation qu’a prise la valeur de traumatisme et exacerbé l’angoisse de séparation.

Il faut mettre à jour la mesure de l’ambivalence et la force des fantasmes agressifs menaçant l’image maternelle et activant la crainte de rétorsion.

2. Thérapies comportementales

Visent à déconditionner la peur de l’école, par le biais d’une exposition progressive au stimulus anxiogène, atténué par le recours concomitant à la relaxation.

Elles sont indiquées lorsque malgré les progrès sur le plan psychothérapique; une appréhension séquellaire rebelle gène la reprise de la scolarité.

3. Travail thérapeutique avec les parents

Bien que nécessairement associés au contrat de soins, les parents peuvent entretenir l’angoisse de l’enfant et gêner le processus thérapeutique.

Les entretiens répétés permettent l’expression de leurs craintes ou exigences.

Le questionnaire du couple peut favoriser un ajustement des rôles respectifs du père et de la mère, et un rétablissement des frontières intergénérationnelles.

Certains auteurs préconisent une approche systémique ou psychanalytique du groupe familial.

4. Traitement médicamenteux

Les antidépresseurs ont été utilisés comme traitement d’appoint pour améliorer les résultats des autres actions thérapeutiques. Leur prescription se justifie chez le grand enfant et l’adolescent pdt qq semaines, quand leurs symptômes dépressifs entravent le travail psychothérapique.

C. Travail institutionnel

. une hospitalisation à temps plein s’impose quand

le traitement ambulatoire se révèle inefficace

la problématique familiale contrarie la progression de l’enfant.

. l’admission constitue toujours une épreuve difficile pour l’enfant et sa famille, car elle réalise cette séparation tant redoutée de part et d’autre, elle a le mérite de révéler la nature de l’angoisse en cause.

Le séjour offre à l’enfant, l’occasion d’expérimenter d’autres modes d’échange, de s’identifier à des adultes différents, une participation aux activités sportives, ergothérapie et de préparer le retour en classe.

. les psychothérapies individuelle et familiale peuvent se poursuivre à un rythme plus régulier.

. cette expérience intensément vécue pdt qq semaines, se poursuit nécessairement par une prise en charge en ambulatoire.

Les phobies scolaires – introduction

Historique des phobies scolaires

Définition de la phobie scolaire

Épidémiologie des phobies scolaires

Description clinique des phobies scolaires

Formes cliniques des phobies scolaires

Diagnostic selon DSM IV des phobies scolaires

Diagnostic différentiel des phobies scolaires

Évolution des phobies scolaires

Psychopathologie des phobies scolaires

Abord thérapeutique des phobies scolaires

 

Psychopathologie des phobies scolaires

 

A. Tests psychologiques

Ils sont sans particularités, l’efficience intellectuelle est bonne voire supérieure.

Au Rorschach, l’inhibition et le retrait dominent avec affectivité labile, égocentrisme et impulsivité, masquant une angoisse profonde et ancienne.

B. Approche psychopathologique individuelle

L’organisation psychopathologique sous-jacente est diversement appréciée selon les auteurs. Les uns considèrent que la phobie scolaire s’intègre dans une organisation névrotique de type phobique, d’autres trouvent des niveaux d’organisation très variable.

1. Sperling

Il s’agit d’une structure névrotique phobique. L’organisation de la phobie scolaire serait au 1er stade névrotique = stade anal, elle resterait très proche de conflits + précoces de la séparation avec maintien d’une ambivalence extrême et l’existence de défaillances dans l’organisation névrotique où les fantasmes d’omnipotence magique paraissent toujours présents.

2. Lebovici

Les phobies scolaires sont les manifestations d’une pathologie d’expression névrotique mais dont les symptômes sont peu élaborés.

La phobie scolaire est intégrée à tout contexte d’angoisse éprouvée à l’occasion d’une séparation avec les parents (la mère généralement), et de sentiment d’ambivalence excessive de l’enfant à leur égard.

L’enfant ne peut tolérer ce conflit entre amour et haine des parents qu’en leur présence, ce qui le rassure.

En leur absence, le versant hostile de l’ambivalence prend des proportions effrayantes, il s’accroche aux images parentales aimées sur le mode ambivalent, ce qui lui permet de les protéger contre ses propres désirs de mort et ses fantasmes agressifs.

C. Psychopathologie familiale

Les parents doivent être de bons parents mais aussi des éducateurs en accord avec les valeurs que transmet l’école, s’il n’y a pas d’adhésion cela génère chez l’enfant un écart de référence où existe un formatage cognitif et affectif éloigné des exigences scolaires.

Les mères présentent souvent elles même des troubles phobiques (agoraphobie le + svt), une anxiété excessive, des traits névrotiques, un lien d’hyper dépendance précoce est mentionnée « névrose mutuelle », les mères sont surprotectrices, un état dépressif de la mère est svt retrouvé, et une relation de type sadomasochiste mère-enfant n’est pas rare.

Les pères sont souvent absents ou éloignés, peu sécurisants, faibles, inaccessibles, déchus de leur rôles et de leurs fonctions.

L’enfant, surtout le garçon, ne semble pas trouver auprès de son père, une possibilité d’identification positive.

La défaillance dans le processus d’identification à l’un ou l’autre des parents qui empêche l’adhésion aux exigences de l’école.

Selon Sperling;

La phobie scolaire aigue est secondaire à un traumatisme qui menace les capacités de contrôle de l’enfant de la réalité, grâce à la phobie l’enfant maintient un contrôle sur son entourage.

La phobie scolaire induite est secondaire à une relation mère-enfant pathologique

La phobie scolaire chronique est secondaire à une interférence des2.

D. Socio pathologie

L’école apparait de +en+ comme hiérarchisée et comme un appareil à reconstruire les inégalités, d’un coté elle ouvre droit à l’éducation pour tous, de l’autre elle repère et classe en fonction des compétences acquises en son sein, mais aussi au sein du groupe familial.

Il semble exister un parallélisme entre la valorisation des études tant au plan individuel et familial qu’au plan social et la fréquence des phobies scolaires. L’ampleur du phénomène au japon, où la compétition scolaire est  maximale en témoigne.

Une institution scolaire peut être trop normative et exigeante, et une société de performance participent toutes deux, à déstabiliser des ado déjà vulnérables.

Il n’est d’ailleurs pas anodin, que beaucoup de phobie scolaire se déclarent vers l’âge de 10-11ans lors de l’entrée en 6ème, qui est symbolique, marquée par une autonomie plus importante, de nouvelles matières, la pluralité des maitres et des orientations différentes en fonction des résultats scolaires, avec les ambitions familiales; l’enfant ne peut pas ignorer que la compétition scolaire sera plus sévère.

Les phobies scolaires – introduction

Historique des phobies scolaires

Définition de la phobie scolaire

Épidémiologie des phobies scolaires

Description clinique des phobies scolaires

Formes cliniques des phobies scolaires

Diagnostic selon DSM IV des phobies scolaires

Diagnostic différentiel des phobies scolaires

Évolution des phobies scolaires

Psychopathologie des phobies scolaires

Abord thérapeutique des phobies scolaires

 

Evolution des phobies scolaires

 

Elle dépend de la structure psychopathologique sous-jacente et de la dynamique familiale.

* Schématiquement, on distingue;

. une évolution favorable dans 30-50% des cas, tant sur le plan de la réinsertion scolaire que dans la vie extra scolaire.

. une évolution marquée par la persistance de difficultés névrotiques, dans environ 30% des cas, avec parfois maintien d’une phobie scolaire +/-  importante, mais l’insertion sociale est satisfaisante.

. une évolution défavorable dans 20-30% des cas, avec persistance de la phobie scolaire et existence de symptômes divers, entrainant des difficultés considérables d’adaptation sociale.

* la reprise de la scolarité est obtenue dans + de 2/3 des cas, mais elle ne suffit pas à attester de la disparition complète de toutes les difficultés.

* l’âge de début constitue un élément pronostic important, l’évolution est plus favorable pour un enfant jeune que pour un ado.

* la qualité et la rapidité des interventions thérapeutiques est déterminante.

Les évolutions les plus favorables, attestées par une adaptation socio familiale satisfaisante, sont relativisées par le maintien d’une certaine inhibition restreignant l’ouverture aux autres ou la diversité des intérêts.

* chez l’adolescent, les modalités évolutives sont marquées par le risque de désinvestissement scolaire et de marginalisation, compromettant plus fortement le pronostic social.

* les signes de discordance et le retrait autistique, peuvent témoigner d’une redoutable évolution vers la schizophrénie.

Les phobies scolaires – introduction

Historique des phobies scolaires

Définition de la phobie scolaire

Épidémiologie des phobies scolaires

Description clinique des phobies scolaires

Formes cliniques des phobies scolaires

Diagnostic selon DSM IV des phobies scolaires

Diagnostic différentiel des phobies scolaires

Évolution des phobies scolaires

Psychopathologie des phobies scolaires

Abord thérapeutique des phobies scolaires

 

Diagnostic différentiel des phobies scolaires

 

En fonction de l’âge et de l’angoisse on distingue;

1. angoisse de séparation

Réaction du petit enfant mis à l’école maternelle, cette réaction est habituellement transitoire. Cependant, dans les ATCD des enfants phobiques scolaires, on retrouve de telles réactions particulièrement vives.

2. timidité

Repérable dès la maternelle, repli sur soi et difficultés à s’intégrer dans le groupe de classe. Sans accompagnement précoce, il existe un risque de cristallisation d’une personnalité évitante allant jusqu’à la phobie sociale.

3. l’école buissonnière

Il n’y a ni culpabilité, ni angoisse, l’enfant quitte la maison normalement, il est heureux, joue toute la journée, l’inquiétude apparaît à l’heure du retour à la maison par crainte des réprimandes.

Dans leur milieu familial, la nécessité de l’école est peu valorisée et l’influence de camarades + âgés ou déjà marginaux, est souvent déterminante.

4. absentéisme scolaire

Répété ou prolongé, l’enfant est retenu à la maison pour tenir compagnie à un parent psychotique, déprimé ou phobique….

5. refus scolaire

Ne présente pas de réaction d’angoisse caractéristique, la désocialisation se fait de façon progressive, l’enfant refuse l’école pas défi ou désintérêt.

6. manifestations caractérielles ou dépressives chez l’ado

Peuvent égarer le clinicien et risquent de faire ignorer la spécificité de l’angoisse sous-jacente au refus scolaire.

7. l’inhibition scolaire

Incapacité de se concentrer sur une activité, malgré le désir de le faire, engendrant une réelle souffrance. Il s’agit d’une inhibition de type névrotique pouvant entrainer une dépression.

8. retard et échec scolaire

Fréquent, peut aller d’une simple immaturité à une déstabilisation  familiale ou sociale

Le retard accumulé et non récupérable, amène ces enfants vers l’échec scolaire où s’installe une logique du négatif. Ce sont les mauvais élèves que l’on évite de considérer comme personnes à problèmes. D’où l’exclusion et apparition de persécution, passage à l’acte, agressivité.

Les phobies scolaires – introduction

Historique des phobies scolaires

Définition de la phobie scolaire

Épidémiologie des phobies scolaires

Description clinique des phobies scolaires

Formes cliniques des phobies scolaires

Diagnostic selon DSM IV des phobies scolaires

Diagnostic différentiel des phobies scolaires

Évolution des phobies scolaires

Psychopathologie des phobies scolaires

Abord thérapeutique des phobies scolaires

 

Diagnostic selon DSM IV des phobies scolaires

 

Aucune catégorie ne correspond directement à la phobie scolaire dans le DSM IV.

Le refus de scolarité est considéré comme un des symptômes possibles de l’angoisse de séparation, inclus dans les troubles habituellement diagnostiqués pdt la 1ère, 2nde enfance ou à l’ado.

Les phobies scolaires – introduction

Historique des phobies scolaires

Définition de la phobie scolaire

Épidémiologie des phobies scolaires

Description clinique des phobies scolaires

Formes cliniques des phobies scolaires

Diagnostic selon DSM IV des phobies scolaires

Diagnostic différentiel des phobies scolaires

Évolution des phobies scolaires

Psychopathologie des phobies scolaires

Abord thérapeutique des phobies scolaires

 

Formes cliniques des phobies scolaires

 

**** Sperling distingue 4 formes de phobie scolaire

1. phobie scolaire aigue banale

On retrouve à son origine un évènement traumatisant, ayant représenté pour l’enfant une menace de perte de contrôle sur la réalité; maladie, intervention chirurgicale, mort d’un parent…

Cette phobie s’organise sur le mode d’une névrose traumatique.

2. phobie scolaire aigue induite

On ne retrouve pas d’évènement traumatisant. On retrouve souvent un comportement phobique dans le passé de l’enfant et l’un des parents induit la phobie, tout se passe comme si le parent inducteur (le + svt la mère) avait besoin de la phobie de son enfant pour : soit maintenir l’enfant sous sa dépendance, soit éviter réellement une situation embarrassante

3. phobie scolaire chronique induite

Se voit chez les enfants en fin de période de latence ou de la puberté.

La personnalité de l’enfant est profondément perturbée.

À la phobie s’associent ou alternent des désordres fonctionnels ou psychosomatiques; colite ulcéreuse, asthme…

4. phobie scolaire chronique banale

Se voit chez les enfants qui ont acquis précocement une prédisposition à réagir par des réponses phobiques aux situations traumatiques.

Le développemental du moi est plus satisfaisant que dans les phobies scolaires chroniques induites, les conflits mobilisés sont de nature œdipienne.

 **** selon Sperling, il existe 2 types d’enfants phobiques scolaires

. soit ce sont des enfants dont l’investissement scolaire était très narcissique, enfants brillants, ne supportant pas l’idée de l’échec ou d’un moins bon résultat, qui après une absence craignant de perdre leur place de 1er, refusent de retourner en classe.

. soit ce sont des enfants immatures, au moi fragile, qui souffrent d’un défaut de refoulement, d’un manque de mentalisation des investissements cognitifs (associer les mots, les chiffres, faire des opérations…) ceci est source d’angoisse insurmontable.

Les phobies scolaires – introduction

Historique des phobies scolaires

Définition de la phobie scolaire

Épidémiologie des phobies scolaires

Description clinique des phobies scolaires

Formes cliniques des phobies scolaires

Diagnostic selon DSM IV des phobies scolaires

Diagnostic différentiel des phobies scolaires

Évolution des phobies scolaires

Psychopathologie des phobies scolaires

Abord thérapeutique des phobies scolaires

 

Description clinique des phobies scolaires

 

A. Phobie scolaire à la phase de latence; pré puberté

1) le moment phobique

a. l’expression symptomatique aigue :

est liée à l’école, lors du départ au collège, l’enfant s’agite, manifeste une angoisse importante, cette angoisse apparaît parfois, seulement dans la salle de classe, ce malaise ira croissant en intensité, s’étendant à tous les cours et au chemin de l’école.

. on peut noter des crises d’anxiété voire de panique au moment de quitter la maison.

. si l’enfant est forcé, des manifestations comportementales plus bruyantes apparaissent; cris, agitation, violence, fuite, plus rarement il se laisse convaincre mais la crise d’angoisse et le besoin d’évitement apparaitront à l’occasion d’une remarque, d’une altercation minime avec un pair ou un enseignent.

ð  il s’agit donc d’une angoisse majeure, une tension psychique contenue, jusqu’à ce que l’acte, le refus de l’école, permette de l’évacuer et de retrouver provisoirement un sentiment de maîtrise.

. l’enfant ne peut expliquer sa conduite, et promet à ses parents de retourner à l’école le lendemain.

b.  manifestations somatiques;

peuvent être au premier plan, c’est un déguisement somatique de la phobie scolaire.

L’enfant se plaint de nausées, vomissements, perte d’appétit, syncope, maux de tête, malaise, douleurs abdominales, diarrhée, tachycardie….ces plaintes surviennent en général, le matin, en début de semaine ou pendant les cours.

Cette symptomatologie primaire peut être utilisée par l’enfant secondairement, d’une manière plus ou moins consciente. Il utilise également des mécanismes régressifs tq l’énurésie, encoprésie.

c. rationalisations secondaires

elles portent le plus souvent sur l’incompétence des enseignants, la crainte des examens, un désintérêt à l’égard des connaissances, toujours teintées d’angoisse, crainte suscitée par la fréquentation d’autres enfants (sentiment d’être le bouc émissaire, de ne pas être compris…)

2) En dehors des moments phobiques

Dès que l’enfant n’est plus confronté au départ à l’école, il est calme, promet d’y aller plus tard sans difficultés.

Dans tous les autres domaines, il s’agit d’un enfant facile, coopérant. Il n’y a pas de refus de travail scolaire à la maison, il accepte de faire ses devoirs, tente de rattraper son retard, parfois même on note un surinvestissement, maintenant un bon niveau pédagogique malgré les nombreuses absences.

3) Facteurs déclenchant

Qq soient les explications avancées, le refus de l’école reste mystérieux, d’autant qu’il résiste à toutes les formes d’intervention de l’entourage. Toutefois, des évènements dont l’impact a pu paraître négligeable, sont fréquemment notés dans les semaines ou mois qui ont précédé l’éclosion des troubles; un accident, une maladie, des vacances, un déménagement, changement d’établissement ou de cycle, une altercation avec un enseignant.

ð  en fait tout changement dans la vie de l’enfant qui peut être vécue comme menaçant pour la sécurité ou le sentiment de sécurité du jeune.

4) Signes associés

Parfois la phobie scolaire reste rigoureusement isolée, tout va bien en dehors de la situation scolaire, cependant, le plus souvent, il peut y avoir d’autres manifestations;

. des troubles anxieux +/- patents : agoraphobie, phobie des transports en commun, phobie sociale, phobie simple, PTSD, des conduites d’évitement ainsi que des conduites hypocondriaques ou obsessionnelles (rangement du cartable, méticulosité…)

. des comportements de la série dépressive;

Crises de larmes, idées tristes persistantes, baisse de l’estime de soi, idées de mort, pensées suicidaires, repli sur soi, indifférence, désintérêt progressif pour toutes les activités, y compris celles qu’il investissait de façon positive auparavant.

Troubles du sommeil avec difficulté d’endormissement, éveil nocturnes, cauchemars.

Modification de l’appétit et de l’alimentation (conduites anorexiques ou boulimiques).

. des conduites agressives ou impulsives

L’enfant se rapproche de façon ambivalente à sa mère, alors qu’il était jusqu’ici soumis et passif, il devient exigent, susceptible voire agressif

5) Structure de la personnalité

le profil de ces enfants sans ATCD notables, comporte qq particularités;

. anxiété latente : se traduisant par des craintes multiples, une intolérance aux changements, un besoin de sécurité important, restreignant ainsi les échanges avec autrui.

. tristesse, hypersensibilité aux critiques, avec appréciation péjorative de ses potentialités.

. plaintes somatiques, rationalisation des activités, évitement de toute situation menaçante, dépendance exagérée à l’entourage.

. les entretiens cliniques mettent en évidence une inhibition intellectuelle et affective, la curiosité intellectuelle fait défaut, et l’effort de concentration semble difficile.

. la psychométrie retrouve un bon niveau intellectuel, et une pauvreté des réponses affectives.

B. Phobie scolaire précoce

Elle est le plus souvent, indissociable d’une angoisse de séparation;

* au moment des 1ers essais scolaires, l’enfant n’accepte pas de se détacher de sa mère, de la même façon qu’il n’accepte pas la moindre de ses absences, les craintes de la maladie, de la mort, les phobies du coucher, du non…

* Parfois la disponibilité et la tolérance de l’enseignant facilitent l’investissement d’activités nouvelles, et les difficultés tendent à s’estomper progressivement.

Pour d’autres, la scolarité constitue une menace pour le sentiment de continuité de soi, une perte de limites. Le défaut de symbolisation de l’absence rend impossibles les échanges ludiques et les langages avec les personnes étrangères, qui restent menaçantes pour l’intégrité du sujet.

Ce fonctionnement symbolique témoigne d’une organisation pré psychotique.

ð  le terme de phobie scolaire est inapproprié dans toutes ces éventualités, dominées par une angoisse de séparation mineure, il ne se justifie que lorsqu’elle apparaît chez les enfants après une période relative adaptation.

C. Phobie scolaire de l’adolescent

À l’adolescence, le refus de la scolarité s’installe de façon plutôt insidieuse, la crainte des examens, les récriminations à l’égard de la qualité des enseignements, les plaintes concernant les camarades sont au 1er plan.

Les évènements à potentialité traumatique peuvent être au 2nd plan, par échéance d’une épreuve décisive, éloignement d’un ainé, rencontre sexuelle, rupture…

L’angoisse est peu apparente dans la mesure où l’absence scolaire est souvent tolérée par l’entourage. L’abandon de la scolarité s’apparente à un repli  protection qui permet à l’adolescent de ne pas se mesurer aux autres.

Le rapprochement avec les parents, ainsi provoqué, accroit le vécu de dépendance, inacceptable à cet âge. L’adolescent vise à réintroduire une distance relationnelle par son mépris, son isolement et son autoritarisme.

L’adolescent peut se montrer préoccupé par son retrait, inquiet de sa santé et de son avenir.

L’enfance de ces ado est asymptomatique, mais caractérisée par une soumission exagérée à la volonté des adultes.

Les attentes et réponses des parents jouent un rôle non négligeable pouvant modifier l’expression clinique et infléchir l’évolution.

Les phobies scolaires – introduction

Historique des phobies scolaires

Définition de la phobie scolaire

Épidémiologie des phobies scolaires

Description clinique des phobies scolaires

Formes cliniques des phobies scolaires

Diagnostic selon DSM IV des phobies scolaires

Diagnostic différentiel des phobies scolaires

Évolution des phobies scolaires

Psychopathologie des phobies scolaires

Abord thérapeutique des phobies scolaires

 

Epidémiologie des phobies scolaires

 

. Fréquence; elle est variable, mais semble qu’elle ait progressé ces dernières années. Hersov l’évalue de 1à 8% de la population consultante.

. Les données concernant le sexe sont discordantes, il semblerait que le sexe ratio tende actuellement vers un relatif équilibre. Cette évolution est probablement corrélée au fait que l’accès aux études est désormais possible sur un mode égalitaire.

. Âge de début; présente plusieurs pics

La petite enfance 5-7ans

L’adolescence 12-15ans

Et surtout la préadolescence 10-11ans avec un pic important lors du passage en 6ème

. Le pronostic serait d’autant plus péjoratif que l’âge de début est avancé.

. la phobie concerne principalement;

L’enfant unique, aîné ou benjamin

L’enfant qui concerne une intelligence bonne et dont l’intérêt pour l’apprentissage scolaire est préservé

Les phobies scolaires – introduction

Historique des phobies scolaires

Définition de la phobie scolaire

Épidémiologie des phobies scolaires

Description clinique des phobies scolaires

Formes cliniques des phobies scolaires

Diagnostic selon DSM IV des phobies scolaires

Diagnostic différentiel des phobies scolaires

Évolution des phobies scolaires

Psychopathologie des phobies scolaires

Abord thérapeutique des phobies scolaires

 

Définition de la phobie scolaire

 

* Selon Ajuriaguerra : « enfants qui pour des raisons irrationnelles, refusent d’aller à l’école, et résistent avec des réactions d’anxiété très vives ou de panique, quand on essaie de les y forcer ».

* On distingue différents types de phobie scolaire :

. précoce entre 5 et 7ans, essentiellement corrélé à l’angoisse de séparation

. plus tardive > 10 ans, avec des mécanismes psychopathologiques plus complexes.

* Sont également décrites les phobies scolaires aigues ou chroniques, induites (par un traumatisme insidieux résultant d’une relation patho parent-enfant), traumatiques, simples ou graves, névrotiques ou non …

* Il s’agit d’une entité hétérogène qui n’a pas d’explication univoque.

Ce terme est l’objet de nombreuses controverses portant sur la signification phobique du symptôme d’une part et l’organisation psychopathologique sous-jacente d’autre part.

Ainsi Bowlby et Abelson préféreront parler d’angoisse de séparation, Klein de trouble panique, Hersov de refus anxieux de l’école.

Les phobies scolaires – introduction

Historique des phobies scolaires

Définition de la phobie scolaire

Épidémiologie des phobies scolaires

Description clinique des phobies scolaires

Formes cliniques des phobies scolaires

Diagnostic selon DSM IV des phobies scolaires

Diagnostic différentiel des phobies scolaires

Évolution des phobies scolaires

Psychopathologie des phobies scolaires

Abord thérapeutique des phobies scolaires

 

Historique des phobies scolaires

 

La naissance du concept de phobie scolaire est relativement récente;

* 1ère description : Broadwin 1932 auteur qui s intéressait à l’école buissonnière et isolait le cas d’enfants qui s’absentaient de l’école dans des conditions particulières en restant chez eux.

* Adélaïde Johnson 1941 propose le terme de « phobie scolaire » et met en exergue les relations de dépendance mal résolues entre mère et enfant, comme élément fondamental du trouble.

* Depuis, la phobie scolaire a fait couler beaucoup d’encre, actuellement le concept est englobé dans « le trouble angoisse de séparation » inclus lui-même dans « les troubles anxieux de l’enfance et de l’adolescence » dans la classification DSM IV TR

Les phobies scolaires – introduction

Historique des phobies scolaires

Définition de la phobie scolaire

Épidémiologie des phobies scolaires

Description clinique des phobies scolaires

Formes cliniques des phobies scolaires

Diagnostic selon DSM IV des phobies scolaires

Diagnostic différentiel des phobies scolaires

Évolution des phobies scolaires

Psychopathologie des phobies scolaires

Abord thérapeutique des phobies scolaires