Risque génétique pour le trouble bipolaire sur le gène PBRM1 sur le locus 3p21.1

 

Les scientifiques de l’institut de psychiatrie du King’s College London ont réalisé une étude portant sur plus de 28 000 sujets recrutés par 36 centres de recherches et ont répliqué l’association du marqueur du gène PBRM1 sur le locus 3p21.1 avec le trouble bipolaire, mais pas avec la schizophrénie. Cette nouvelle recherche vient contredire la majorité des études qui avaient découvert que les gènes de risque de schizophrénie contribuent au risque du trouble bipolaire. Pourtant, cette constatation fait la différence entre le risque héréditaire pour le trouble bipolaire et la schizophrénie.

Cette étude a constaté que le chromosome du locus 3p21.1 contient un risque génétique commun pour le trouble bipolaire, à savoir le gène PBRM1.

L’un des plus grands défis de génétique psychiatrique a consisté à répliquer les résultats d’études de grande envergure pour «que cette étude apporte un supplément aux progrès rapides et récents d’identification des gènes pour les maladies mentales», commente l’auteur principal, le Dr Evangelos Vassos. Il ajoute: «Ces dernières années, nous avons identifié une vingtaine de locus génétiques pour les troubles bipolaire et la schizophrénie. La moitié de ces locus sont partagés entre ces deux troubles, indiquant qu’ils partagent quelques causes génétiques, mais pas toutes.»

Le Dr Vassos conclut: «De futures études permettront d’utiliser ces informations pour développer de nouveaux traitements de ces troubles.»

 

Vaccins grippe A porcine (H1N1) et risque de narcolepsie

Le vaccin contre la grippe A porcine (H1N1) est lié à un risque de développer la narcolepsie multiplié jusque par 5  chez les moins de 19 ans et par 3.5 chez les plus de 19 ans selon l’ Agence nationale de Sécurité des Médicaments (ANSM) sur la base des études européennes VAESCO et l’étude française NarcoFlu-VF.

La narcolepsie, ou maladie de Gélineau, est un trouble du sommeil chronique, ou dyssomnie, caractérisée par un temps de sommeil excessif durant lequel un individu ressent une extrême fatigue et peut possiblement s’endormir durant un temps mal-adapté, comme au travail ou à l’école. Les narcoleptiques souffrent habituellement de troubles nocturnes du sommeil et d’un temps de sommeil anormal, qui prête à confusion avec l’insomnie. Lorsqu’un narcoleptique s’endort, il fait généralement l’expérience d’un sommeil paradoxal durant une dizaine de minutes ; alors que la vaste majorité des individus n’atteignent le sommeil paradoxal qu’après 90 minutes.

Un autre problème surgissant chez les narcoleptiques est la cataplexie, une faiblesse musculaire soudaine ressentie lors d’une période d’émotions fortes1. Ces émotions se manifestent souvent par des faiblesses musculaires allant d’un relâchement des muscles faciaux à peine perceptible à l’abandon de la mâchoire ou de la tête, une faiblesse au niveau des genoux, ou un effondrement total. Habituellement, le langage et la vision sont troublés (double vision, incapacité à se concentrer), mais l’ouïe et la conscience restent normales. Dans de rares cas, le corps entier peut se paralyser et les muscles devenir raides.

La narcolepsie est un trouble neurologique du sommeil. Elle n’est ni causée par un trouble mental, ni par des problèmes psychologiques. La cause proviendrait d’anomalies génétiques affectant les facteurs biologiques spécifiques cérébraux.

En août 2010, plusieurs cas de narcolepsie ont été signalés en Finlande et en Suède, chez des personnes ayant été vaccinées contre la grippe A (H1N1) avec Pandemrix®, seul vaccin utilisé dans ces pays durant la campagne de vaccination pandémique 2009-2010.

L’Agence européenne des médicaments (EMA) a immédiatement engagé une réévaluation du bénéfice/risque du vaccin Pandemrix®. Elle a conclu, en juillet 2011, que le bénéfice du vaccin restait supérieur au risque.

En parallèle, des investigations épidémiologiques ont été menées. Les premiers résultats de l’étude européenne multicentrique « VAESCO* » financée par le Centre Européen de Prévention et de Contrôle des Maladies (ECDC) sont en faveur d’une association entre vaccination et narcolepsie chez les enfants et les adolescents dans les deux pays lanceurs d’alerte (Finlande et Suède). Dans les autres pays participant à l’étude VAESCO, aucune association n’a été retrouvée quelle que soit la tranche d’âge, à l’exception d’une augmentation du risque de narcolepsie chez l’adulte, à partir de l’analyse des données françaises de cette étude européenne.

Par ailleurs, dans l’étude cas-témoins menée spécifiquement en France (étude NarcoFlu-VF), une association significative est apparue, aussi bien chez les adultes que chez les enfants et les adolescents.

Pour plus d’informations : Etude NarcoFlu-VF (NarcoFlu VAESCO-France) : Grippe, vaccination antigrippale et narcolepsie : contribution française à l’étude cas-témoins européenne. Août 2012. (20/09/2012) application/pdf (1854 ko)

 

 

 

Autisme et schizophrénie : augmentation du risque lié à l’âge du père et pas de la mère

Dans cet étude 78 trios parents-enfant dont les parents, n’ayant pas de trouble mental, ont donné naissance à un enfant ayant développé l’autisme ou la schizophrénie.
¨La plupart des mutations (97%) étaient héritées du père et leur nombre était en corrélation avec l’âge de ce dernier.
Un enfant né d’un père de 20 ans portait en moyenne 25 mutations. Ce nombre augmentait de 2 par années pour atteindre 65 chez un enfant né d’un père de 40 ans. À 36 ans, un père transmet 2 fois plus de mutations qu’à 20 ans, et à 70 ans, 8 fois plus.
Les mères, peu importe leur âge, transmettaient en moyenne 15 mutations.
Contrairement aux ovules féminins qui ne se multiplient pas, étant déjà présents à la naissance.
De nouvelles cellules de spermatozoïdes sont constamment créées dans les testicules à partir de cellules souches. Ces dernières se multiplient en faisant des copies du matériel génétique, l’ADN. Des erreurs, au hasard, peuvent se produire durant ce processus, formant des mutations dites mutations de novo. Ces mutations s’accumulent avec les années.
Plus les mutations sont nombreuses, plus grandes sont les probabilités que certaines d’entre elles soient liées à des anomalies, et particulièrement des anomalies cérébrales.
Car au moins 50% des gènes actifs sont impliqués dans le développement neurologique.
Ces mutations pourraient expliquer de 20 à 30% des cas d’autisme et peut-être de schizophrénie, estiment les chercheurs.
L’âge de plus en plus avancé des pères pourrait être un facteur expliquant une partie de l’augmentation des diagnostics d’autisme dans les dernières décennies. D’autres facteurs, environnementaux, ont aussi été évoqués.
En ce qui concerne la schizophrénie, une étude l’Inserm, publiée en 2011, montrait que l’âge avancé du père augmentait le risque, ce qui n’était pas le cas de celui de la mère. A partir de 35 ans, le risque était multiplié par 2 et au-delà de 50 ans, par 4.
Le risque absolu pour un homme de plus de 40 ans d’avoir un enfant autiste ou schizophrène serait toutefois tout au plus de 2%, précisent les chercheurs.